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28 avril 2011 4 28 /04 /avril /2011 09:32



   Les immigrés et la République

 

 


 Mardi 26 Avril 2011

 par René Robert


Le Front National s’installe dans les urnes et les medias s’émeuvent ; l’UMP s’énerve, le Président s’entête sur des sujets dangereux, la gauche bafouille…et la stigmatisation des étrangers repart de plus belle, surtout les étrangers considérés comme musulmans ! Même si Madame Le Pen formule de bonnes critiques et fait de bons constats, en utilisant même un vocabulaire républicain, l’ennemi du Front National est toujours le même : l’étranger ; plus précisément celui venu de l’islam. Le travailleur immigré prendrait le travail des français ; c'est-à-dire qu’il serait la cause du chômage. De plus, s’il est musulman, il menacerait la laïcité de la République : donc l’identité de la France ! Enfin, il coûterait cher à l’Etat qui, déjà, n’a pas assez de moyens.

1) le travailleur immigré est-il la cause du chômage ?

La cause du chômage de masse est le système capitaliste ou libéralisme, surtout sous la forme de la mondialisation financière actuelle, la pire de toutes. Les inégalités sont indispensables aux profits financiers maximum ; le chômage est la première des inégalités. Quand il y a le plein emploi,- ça s’est déjà vu-, les salariés sont en position de force pour négocier l’amélioration de leurs conditions de travail et de la protection sociale. En période de chômage et de CDD, ils subissent et acceptent le pire…Le chômage et la précarité du travail sont indispensables, pour les plus grands profits des actionnaires financiers ; c’est pourquoi ils sont volontairement organisés! Par ailleurs, les immigrés qui travaillent occupent des postes dont les nationaux ne veulent plus, à cause des conditions imposées. C’est ainsi que 90% des autoroutes sont construites et entretenues par de la main d’œuvre étrangère (chiffres de 2009). Les employeurs se servent des immigrés comme main-d’œuvre à bon marché. Enfin, le taux de chômage des immigrés est bien plus élevé que celui des Français.
Non, les immigrés ne sont pas la cause du chômage !

2) les immigrés musulmans menacent-ils la laïcité ?

La laïcité c’est l’affirmation et le respect de la liberté de pensée, y compris celle de croire ou de ne pas croire ; c’est la neutralité religieuse de l’Etat ; c’est l’idée qu’il y a deux espaces : d’une part, l’espace privé, le domicile, domaine de l’individu et de la famille ; d’autre part l’espace public, lieu où s’exercent les libertés individuelles et collectives.

L’inviolabilité du domicile et la neutralité de l’espace public sont garantis par l’Etat, dans le cadre de la loi. La neutralité de l’espace public, signifie que tout le monde peut s’y exprimer et y agir, mais que nul individu, nul groupe ne peut le monopoliser, y compris l’Etat. En conséquence, aucune pratique religieuse ne peut se dérouler sur l’espace public ; seules des manifestations occasionnelles peuvent y être autorisées, dans le cadre de la loi.
La laïcité, c’est la séparation des Eglises et de l’Etat (loi de 1905) ; cela signifie qu’il n’y a pas de religion d’Etat ; que l’Etat reconnait les religions, mais n’en subventionne aucune et ne salarie aucun de ses ministres (dérogation spéciale concordataire en Alsace-Lorraine). Depuis la loi de 1905, la France connait la paix religieuse. En définitive, la laïcité est l’instrument du « vouloir vivre ensemble » qui est l’une des caractéristiques fondamentales de la République française. Pour la République, issue de la Révolution française, l’étranger, l’Autre, n’est pas perçu, a priori comme un ennemi ; il est regardé comme un citoyen potentiel, capable de s’inscrire dans la loi, pour devenir acteur d’une volonté de vivre ensemble sur le territoire de la République.
Dans le cadre de la laïcité, la religion musulmane est considérée comme toute autre religion et soumise aux mêmes lois. Pour la République, l’islam n’est ni un danger, ni une menace, mais une des formes de la spiritualité humaine, une des composantes de la liberté de pensée. Comme tous les autres croyants, à quelque religion qu’ils appartiennent, les musulmans respectent les lois de la République. La croyance relève du domaine privé et son exercice doit rester cantonné dans les lieux qui lui sont propres.
Non, les immigrés musulmans ne menacent pas l’identité de la France.

3) Les étrangers coûtent-ils cher à la France ?

Une étude, commandée par le Ministère des Affaires sociales, sur les coûts de l’immigration pour l’économie française, réalisée par des chercheurs de l’Université de Lille, sous la direction du Professeur Xavier Chojnicki, a été remise fin 2009, après 3 années de recherches sur les chiffres officiels. Le résultat est édifiant. En 2009, les travailleurs immigrés ont coûté 47,9 milliards d’euros au budget de l’Etat et lui ont rapporté 60,3 milliards d’euros ; soit un excédent de 12,4 milliards d’euros.
Les 47,9 milliards d’euros de dépenses de l’Etat sont répartis comme suit : 16,3 milliards pour les retraites ; 2,5 pour le logement ; 1,7 pour le RMI ; 5 pour le chômage ; 6,7 pour les allocations familiales ; 11,5 pour les prestations santé ; 4,2 pour l’éducation.

Les 60,4 milliards d’euros de recettes de l’Etat sont ainsi ventilés : 3,4 milliards d’impôts sur le revenu ; 3,3 d’impôts sur le patrimoine ; 18,4 d’impôts et taxes sur la consommation ; 2,6 d’impôts locaux ; 6,2 en CRDS et CSG ; 26,4 milliards de cotisations sociales.
Non, les immigrés ne coûtent rien à la France ! Au contraire, bon an mal an, les immigrés rapportent à la France entre 12 et 15 milliard d’euros.

Le racisme reste le meilleur moyen pour les démagogues qui aspirent au pouvoir ou qui veulent le garder. Madame Le Pen qui voudrait le pouvoir, continue d’utiliser la peur de l’Autre, pour détourner notre attention de la véritable cause du chômage et de la précarité : le capitalisme mondialisé, appuyé sur l’Union Européenne. Monsieur Sarkozy qui craint de perdre le pouvoir, en fait autant ; il prépare, en ce moment, à l’Assemblée Nationale, avec l’UMP, une 7èmè loi sur l’immigration, plus répressive et contraire aux droits de l’Homme. Ne tombons pas dans ce piège grossier qu’ils nous tendent l’un et l’autre.

A cause de la mondialisation, sous toutes ses formes, l’immigration est devenue générale et le métissage des nations est inéluctable. La réponse de notre pays à l’immigration doit être double et simultanée : accueillir les immigrés avec humanité et mesure, (ce ne serait que justice, puisqu’ils nous apportent plus qu’ils ne nous coûtent) ; aider les pays d’origine par des accords de coopération, pour réduire les flux migratoires.

Depuis toujours, notre pays, à cause de sa position géographique, a été terre d’accueil de vagues successives de peuples venus d’ailleurs, dont beaucoup sont restés. C’est sans doute pourquoi, la République, issue des Lumières et de la Révolution, ne considère pas l’étranger comme un ennemi a priori, mais, répétons-le, comme un citoyen potentiel. Un peuple sûr de lui n’a pas peur des immigrés. En réalité, les racistes ne croient pas ou ne croient plus, à la République, ni à la France. La peur de l’Autre ne fait pas partie de l’identité de la France.

Au contraire, la République française, expression et manifestation de la souveraineté du peuple, appuyée sur la laïcité, est la seule forme d’Etat qui offre et permet, à quiconque vit sur son territoire, immigré compris, de devenir citoyen dans la nation, c’est-à-dire celle ou celui qui participe à la détermination de l’intérêt général et construit le « vouloir vivre ensemble », dans le respect des libertés individuelles et collectives. Finalement, il s’agit de la possibilité de devenir et de rester républicain. Quelle belle et difficile perspective !


René Robert

République

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27 avril 2011 3 27 /04 /avril /2011 20:16

Programme de stabilité: il est temps de changer de stratégie


Intervention de Jean-Pierre Chevènement au Sénat, débat sur le programme de stabilité 2011-2014, mercredi 27 mars 2011.


Programme de stabilité: il est temps de changer de stratégie
Madame la Ministre,

Depuis le traité de Maastricht, la France a renoncé à sa souveraineté monétaire. On en voit aujourd’hui le résultat : l’euro fort convient à l’Allemagne du fait de sa spécialisation économique. Il convient moins bien à la France dont la croissance s’en trouve ralentie, le chômage maintenu à un niveau proche de 10 % et le commerce extérieur en déficit structurel (plus de 50 Milliards d’euros en 2010).

Au prétexte que la zone euro, rassemblant dix-sept pays économiquement et politiquement hétérogènes, est fragile – il eût fallu s’aviser plus tôt de ce vice de conception initial – le gouvernement propose aujourd’hui au Parlement de renoncer à la souveraineté budgétaire de la France, à travers un document intitulé « programme de stabilité de la France 2011-2014 ». Ce document ne fait que traduire les engagements du « Pacte de stabilité » dit Merkel-Sarkozy adopté par le Conseil de l’euro du 11 mars et entériné par le Conseil européen des 24 et 25 mars 2011. On assiste ainsi à ce paradoxe qu’une crise financière, privée à l’origine, aboutit à une austérité publique généralisée et véritablement sans précédent : constitutionnalisation ou, en France, semi-constitutionnalisation par voie de lois organiques, de l’interdiction des déficits publics, nouveau décrochage des salaires, recul automatique de l’âge de la retraite.

C’est pour sauver l’euro – dont ses promoteurs nous assuraient depuis des années qu’il nous sauverait des périls extérieurs – que le Conseil européen nous invite maintenant à légiférer pour assurer, selon lui, « une coordination renforcée des politiques économiques pour la compétitivité et la convergence ». Cette coordination s’intègre dans le projet de réforme constitutionnelle préparé par le gouvernement dont le Parlement doit débattre avant l’été : Il s’agit essentiellement de mettre le budget de l’Etat en tutelle, en créant des « lois-cadres d’équilibre des finances publiques », dont les dispositions s’imposent « de manière intangible » aux lois de finances et aux lois de financement de la Sécurité sociale. Le but affiché est de ramener le déficit public de 7% du PIB en 2010 à 2% en 2014.


C’est sans doute par ironie que le gouvernement propose aussi d’inscrire dans la Constitution le principe d’une transmission systématique à l’Assemblée Nationale et au Sénat du « programme de stabilité de la France », avant qu’il ne soit adressé à la Commission européenne. En réalité « la messe est dite » depuis longtemps. Sa rédaction détaillée est l’œuvre conjointe des fonctionnaires de la Commission européenne et de Bercy. C’est un simulacre de consultation destiné à masquer que désormais, en matière budgétaire, c’est à Bruxelles que se prendront les décisions. C’est un programme de rigueur budgétaire et sociale à perpétuité que vous nous demandez d’entériner, à travers une consultation de pure forme.

Il s’agit d’abord d’installer dans la durée une double norme d’évolution des dépenses de l’Etat : zéro volume et zéro valeur, hors intérêts et pensions.

- En découlent la poursuite de la RGPP, la baisse de 10% des dépenses de fonctionnement de l’Etat, dont 5% dès 2011, et de 10% des dépenses d’intervention ; le gel enfin des dotations aux collectivités locales.

- Par ailleurs, le ralentissement de la progression de l’ONDAM de 3% à 2,8% par an se traduira par la hausse de 5% du ticket modérateur sur les services médicaux et la baisse du remboursement des médicaments.

En réalité, tout cet exercice repose sur une accumulation d’hypothèses optimistes, s’agissant notamment d’un taux de croissance du PIB que le gouvernement a déjà dû réviser à la baisse pour 2011 et 2012, mais maintient à + 2,5% pour 2013 et 2014.

Or qu’est-ce qui justifie un pareil optimisme ? Essentiellement la reprise escomptée de la demande mondiale à hauteur de 6,5% par an à compter de 2013, reprise qui fait ressortir a contrario la très faible croissance de la zone euro. Comment mieux reconnaître la perte complète d’autonomie de la zone euro, incapable de programmer elle-même une stratégie de croissance et d’investissements pour favoriser par exemple la résorption du chômage ou la nécessaire transition énergétique ? La zone euro est la lanterne rouge de la croissance et le ruban bleu du chômage à l’échelle mondiale parce que ses gouvernements ont choisi de tout faire pour maintenir l’euro comme la monnaie la plus surévaluée du monde : c’est un choix de classe ; c’est le choix des possédants, de ceux qui détiennent les actifs financiers. Mais ce n’est pas le choix des peuples et encore moins le choix de la jeunesse, sacrifiée sur l’autel de la rentabilité financière !

Le document qui nous est soumis est un choix de résignation face à l’avenir.

Les hypothèses macroéconomiques associées au programme, en elles-mêmes déjà très défavorables, d’un euro à 1,40 dollar et d’un baril de pétrole à 100 dollars, sont d’ailleurs déjà dépassées : la politique américaine de « quantitative easing », c’est-à-dire le recours à la « planche à billets », ne peut que plomber encore plus le dollar et renchérir l’euro, aujourd’hui à 1,46 dollar et dont le cours de lancement était – rappelons-le – à 1,16 dollar et le cours réel, en 2000, à 82 centimes de dollar.

Ajoutons à cela l’augmentation des taux d’intérêt de la Banque Centrale européenne de vingt-cinq points de base pour commencer, à rebours de la politique des autres Banques Centrales et d’une politique de change sensée, visant à freiner le renchérissement de l’euro.

Enfin et surtout, comment ne pas anticiper l’effet des politiques de rigueur partout mises en œuvre en Europe, programmée, elle explosera à nouveau. Et cela de deux façons : d’abord par l’abondement inévitable du FESF d’ici à 2013 et du mécanisme européen de stabilité qui s’y substituera alors, à moins d’engendrer une nouvelle crise de liquidité bancaire et par ailleurs par le biais des moins-values fiscales liées au ralentissement de la conjoncture.

Ainsi le serpent se mord la queue : le contribuable français est doublement sollicité pour réduire la dette de la France et pour financer celle des pays susceptibles de faire défaut.

Dans les hautes sphères, on envisage maintenant de réduire par degré en vingt ans le ratio de dette à 60 % du PIB, ce qui pour l’Italie par exemple impliquerait un excédent budgétaire de trois points du PIB par an, et pour la France de 1,3 point.

C’est vraiment une cure d’austérité à perpétuité que prévoit cette programmation, quintessence du pacte « de compétitivité » de Mme Merkel, au dos duquel M. Sarkozy a cru bon d’ajouter sa caution !

Un tel programme dit de stabilité vide la démocratie de tout contenu. Qu’eût signifié un tel document s’il avait été présenté en 2007 ? Il aurait simplement empêché le sauvetage des banques, la relance et le grand emprunt ! Croyez-vous vraiment que la crise soit pour toujours derrière nous et que celle de l’euro ne vienne, par exemple, solliciter beaucoup plus que prévu notre budget ?

Le programme de stabilité de la France 2011-2014 interdira au parti socialiste, si son candidat est élu, de financer son programme, dont lui-même évalue le coût à 25 Milliards d’euros sur la législature 2012-2017, mais qu’un journal comme « Les Echos », dans son édition du 20 avril dernier, chiffrait à une somme cinq fois supérieure.

Il faut changer de « logique », Madame la Ministre, pour répondre aux aléas économiques et politiques prévisibles dans les quatre ans qui viennent.

Ce que vous nous proposez, c’est de mettre définitivement la démocratie en vacances.

Votre « programme de stabilité », triomphe de la « Doxa » néolibérale, débouchera sur une récession européenne qui rendrait encore plus inaccessibles les objectifs de réduction de déficit et de dette que vous nous assignez, comme on le voit déjà en Grèce et au Portugal.

Il est temps de concevoir pour l’Europe une sortie de crise par le haut, comme le font les Etats-Unis : seule la croissance en effet peut permettre de réduire les déficits et la dette. On attendrait de la France qu’elle mette l’accent sur une initiative européenne de croissance, fondée sur la relance salariale d’abord dans les pays les plus importants de la zone euro, sur la réforme des statuts de la Banque Centrale européenne ensuite pour introduire la croissance et l’emploi au rang de ses missions et lui permettre de racheter les titres de dette sur les marchés autant que de besoin, troisièmement pour modifier les textes européens qui s’opposent par exemple au lancement d’un grand emprunt ou à une politique industrielle que le dogme fondateur de la concurrence interdit, et enfin pour rééchelonner les dettes publiques autant qu’il le faudra en mobilisant notamment l’épargne des résidents, à l’exemple du Japon.

Ne rêvons pas : ce changement de logique n’est pas à l’ordre du jour. Le choix de la monnaie unique a été une monumentale erreur qu’ont commise solidairement la plupart des dirigeants de la droite et, hélas, la quasi-totalité des responsables socialistes. J’adjure ceux-ci de rechercher une autre solution qu’une intégration politique toujours plus poussée de la France à une Europe qui, dans l’état actuel des textes et des rapports de forces, ne peut signifier que l’engloutissement de la République dans un nouvel Empire, celui des marchés financiers.

Il est temps que la France propose pour l’Europe une autre orientation fondamentalement différente. Il est temps de changer les règles de la zone euro, si l’on ne veut pas voir s’ouvrir la crise de cette expérimentation hasardeuse.

Une chaîne de récifs sociaux, économiques et politiques se laisse voir à l’horizon. Des élections générales auront lieu en France, en Allemagne, en Italie en 2012-2013. Plutôt que de programmer un avenir qui n’aura pas lieu, il serait temps que nos responsables politiques se préparent à d’autres hypothèses et fassent preuve d’imagination. « Aude sapere », disaient les hommes de la Renaissance : « Osez penser » ! Madame le Ministre. Demain, il faudra faire face. Votre « plan A » ne marchera pas. Il serait utile d’avoir préparé quelques plans de rechange dans l’intérêt de la France mais aussi dans l’intérêt de l’Europe tout entière avec laquelle vous ne réconcilierez pas les citoyens, si elle ne redevient pas elle-même synonyme de « progrès ».

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 18:19

26 avril 2011

Présidentielle 2012 : Dépenser plus pour ... faire oublier l'austérité ?

En 2012, au premier tour, chaque candidat pourra dépenser pour sa campagne jusqu'à 16,851 millions d'euros. Ce qui représente par rapport à 2007 une augmentation de ... 23%. Le tout, sur fond de restrictions budgétaires !



C'est par une récente annonce publiée au Journal Officiel que la Commission nationale des comptes de campagne, vient de fixer plafond des dépenses pour la campagne présidentielle.

Si les montants semblent élevés pour beaucoup de français, on remarquera surtout que le « coût de la démocratie » augmentera de ... 23% par rapport à 2007, alors que, fait remarquer Le Figaro : « (...) l'inflation l'inflation cumulée de janvier 2007 à aujourd'hui atteint 7,9% (...) »

Quels seront les plafonds autorisés ?

D'après Les Echos, au premier tour il sera de : « (...) 16.851 millions d'euros (...) » Au deuxième, de : 22.509 millions »

Et combien cela pourrait il coûter au total ?

En se référant à 2007, on apprend que : « Le montant total des dépenses des douze candidats de la campagne de 2007 a dépassé les 75 millions d'euros, dont 44 ont été remboursés par l'État en vertu des règles de financement de la vie politique. Nicolas Sarkozy et Ségolène Royal (...) ont dépensé à eux seuls 44,5 millions et s'étaient vu rembourser la quasi-intégralité de leurs frais (...) » - Le Figaro

Dans le détail, nous dit le Nouvel Obs, en se basant sur les 4 candidats les plus significatifs en 2007 : « Nicolas Sarkozy 21.175.141 euros, Ségolène Royal 20.815.003 euros, François Bayrou 9.745.197 euros et Jean-Marie Le Pen 9.630.932 euros (...) »

Or, en 2007, la crise financière devenue économique, avec son cortège de faillites, licenciements, et rigueur budgétaire n'existait pas ! Il aurait été logique, dans le contexte économique actuel, que nos dirigeants s'appliquent un train de rigueur, identique à celui imposé, à ceux qui financent à longueur d'élections les partis et formations politiques !

Cette réflexion prend toute son ampleur, lorsqu'on sait, que : La France (par la voix de Christine Lagarde) s'est engagée à « ramener son déficit public à 5,7% cette année, puis 3% en 2013 » au prix de lourds sacrifices pour les français !

Ainsi, en ce qui concerne la Sécu : « Diminution des effectifs, dossiers en souffrance, fermetures de centres, dégradation du service rendu aux assurés... Rien ne va plus dans les caisses primaires d’assurance maladie »

Ou la dégradation permanente (dénoncée par le médiateur de la République) des services publics et validée par Georges Tron : « Dans les deux ou trois prochaines années, on peut encore réduire le nombre de fonctionnaires de l'Etat (...) Je suis pour les suppressions de postes en 2012 et 2013 mais si nécessaire, on ajustera", a-t-il dit au sujet de l'Education Nationale (...) »

En clair : Une politique budgétaire rigoureuse qui n'autorise plus d'écarts. Sauf pour financer à la hausse ... les ambitions politiques de quelques uns !

Même si, argueront les défenseur du « coût de la démocratie », les sommes qui seront dépensées, seront « dérisoires » par rapport au budget de la nation, les français auraient apprécié que la « pédagogie » du « faire mieux avec moins » ressassée par le gouvernement, trouve sa stricte application ... pour la campagne de 2012 !

Mais, c'est décidé, les candidats pourront dépenser plus ! Probablement, pour expliquer, à la manière d'un Coluche : « Dites nous de quoi vous avez besoin, on vous expliquera comment vous en passer » Belle leçon de démocratie exemplaire et de solidarité avec les français, électeurs et contribuables !

Slovar



Crédit photo
Présidence de la République

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26 avril 2011 2 26 /04 /avril /2011 18:08

L’étrange retour à contre-emploi du « Front républicain »

Jean-Pierre Alliot - Tribune | Mardi 26 Avril 2011

 


Pour Jean-Pierre Alliot, il a suffit que ce qu’il nomme un chiffon bleu-blanc-rouge soit agité aux dernières élections cantonales pour que surgisse un slogan de 1955 : celui du « Front républicain ». Un contresens à contretemps.



Un retour magique du « Front républicain » a enfumé l’échec général des partis institutionnels aux dernières élections cantonales. Les drapeaux ternis de 1955-1956, les caciques de l’UMP et du PS les ont sortis de la naphtaline pour masquer la route que trace leur politique.

L’abstention massive de mars dernier a montré, une fois de plus, la faillite d’un système : pourquoi voter pour des partis qui, après l’élection, font le contraire de la volonté de leurs électeurs ? Le non au référendum du 29 mai 2005 n’est pas oublié, ni la forfaiture du parlement. En imposant le traité refusé par le peuple, après changement de nom et de la place de quelques virgules, l’UMP et le PS ont franchi un Rubicon. Cela reste dans les mémoires.

Quant à la mémoire des chefs des partis du système, elle défaille autant qu’ils déraillent.
L’expression « Front républicain » est chargée de symboles bien différents de ceux qu’elle montre au premier abord. Elle fait référence à un fiasco politique retentissant, celui qui a marqué la fin de la Quatrième République et donné naissance à la Cinquième et à son « coup d’État permanent ».

Le terme, en effet, a été inventé par Jean-Jacques Servan-Schreiber, patron de L’Express, en décembre 1955, pour préparer les législatives du 2 janvier 1956. Il désigne une alliance électorale formée autour de Pierre Mendès-France, de Guy Mollet, de François Mitterrand et de Jacques Chaban-Delmas, un fidèle du général De Gaulle, alors à l’écart du pouvoir. Le Parti communiste, lui, est absent de ce front.

Deux objectifs avaient été mis en avant. D’abord régler la question algérienne sur la base de négociations, en écartant donc la guerre à outrance voulue par les activistes de l’Algérie française. Ensuite, faire face aux poujadistes. C’est ce mouvement, où M. Le Pen tenait déjà son rôle, qui, en s’attaquant à l’État, visait la République elle-même, ses administrations, ses déficits publics déjà jugés excessifs, etc. C’est donc aussi le mouvement qui semble avoir remporté un succès posthume et avoir convaincu tous les responsables des pouvoirs publics actuels. On se demande ce qui, dans les critères de Maastricht de réduction autoritaire des déficits publics dans les privatisations préconisées par l’Union européenne peut réellement déplaire aux mânes de Pierre Poujade. Et à Mme Le Pen.

Retour à 1956. Avec environ 30% des voix et 185 sièges à l'Assemblée nationale, les listes du « Front républicain » gagnent les élections, ce qui permettra à Guy Mollet de prendre la présidence du Conseil, qui, alors, est le véritable lieu du pouvoir.

Le mois suivant, il se rend à Alger pour y présenter le programme de paix négociée sur lequel il a été élu. Les manifestations des partisans de l’Algérie Française l’émeuvent. Dès mars, il fait voter, avec notamment les voix du PCF, les pouvoirs spéciaux pour mener la guerre contre l’indépendance de l’Algérie. Les réservistes sont rappelés pour « maintenir l’ordre » et le service militaire est allongé de 18 à 27 mois. On connaît le résultat.

En appeler, en 2011, au « Front républicain », c’est, pour le PS, oublier le destin tragique de cette combinaison politique où leur parti, la Section Française de l’Internationale Ouvrière (SFIO), puisque tel était son nom, s’est discrédité pour de très longues années.

En appeler au refus du Front républicain, c’est, pour le chef de l’État, oublier que, deux ans après les brillants succès de Guy Mollet, le général de Gaulle arrivait au pouvoir et instaurait le régime antiparlementaire qui lui permet aujourd’hui d’exercer un pouvoir sans limite pratique. Sans autres limites, du moins, que les diktats qu’il négocie avec ses collègues de l’Union Européenne et qu’il présente ensuite au peuple comme la garantie supérieure de la démocratie.

Enfin, en évoquant systématiquement la République dès qu’il est question du Front National, les partis du système jouent un jeu bien trouble. Alors que leur pratique détruit progressivement les fondements mêmes de la République, ils donnent un relief particulier aux slogans nouveaux du Front National. Car ce parti adopte une rhétorique républicaine située à l’exact opposé de son programme réel. C’est peut-être, pour le PS et l’UMP, une manière de le faire entrer dans le jeu institutionnel. C’est surtout la marque du peu de crédit qu’ils attribuent aux valeurs républicaines dont ils se réclament. Et cela signe une aptitude au double langage digne du Janus Bifrons de l’Antiquité romaine. La clairvoyance en moins.
 
Cet article a été publié dans le n° 48 de « République ! »

 

NDLR: - Que ceux qui ont voté le traité de Lisbonne dans le dos du peuple Français ne s'en fassent pas. En 2012 on s'en souviendra et on le leur fera savoir....

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 12:19

D'une grossesse à quelques bassesses : Joyeuses Pâques en Sarkofrance !

Le démenti fut mou : Carla serait enceinte de 3 mois mais sa propre mère n'est pas au courant. A Paris, un transfuge de la Villepinie expliqua qu'on pouvait encore réduire le nombre de fonctionnaires. Et un conseiller justifia l'inquiétude française face aux immigrés tunisiens.

Nicolas et Carla, eux, étaient encore en vacances. Pour le troisième weekend d'avril consécutifs. 

Curieux lundi de Pâques.

Nicolas et Carla, en campagne
Madame Bruni-mère n'était sans doute pas au courant de la grossesse de sa fille épouse de Monarque. Elle a démenti; l'intéressée s'exprimera dans les colonnes du Parisien vendredi. Elle en serait à son troisième mois.  « C’est un sujet qui ne me regarde pas » a expliqué Franck Louvrier, le conseiller en communication de Nicolas Sarkozy.

On s'amuserait presque de cette pudeur retrouvée. Il y a peu, l'épouse Carla faisait encore la publicité de la gymnastique « périnée-compatible » de sa coach Julie Imperiali.

Sarkozy, président absent
En Libye, la coalition onusienne a détruit le bureau du colonel Kadhafi. Les autorités libyennes parlent de 45 blessés dans l'attaque, dont 15 grièvement.

Au Yemen, le président Saleh promet de partir.
En Syrie, la répression est montée d'un cran. Le dictateur Bachar El-Hassad a envoyé les blindés, ce weekend, à Deraa, dans le sud du pays. La France s'est contentée d'un communiqué de presse d'Alain Juppé, samedi. Ce fut tout. Pas de réaction présidentielle. Depuis la mi-mars, on dénombre environ 400 morts civils.

En France, Nicolas se repose avec Carla. Mardi, il file en Italie, rencontrer son ami Silvio.

Sarkozy, injusticiable
Ce serait une grande décision. Pénalement intouchable, le Monarque devrait calmer ses propres ardeurs judiciaire... Vendredi dernier, Gérard Davet et Fabrice Lhomme révélaient dans le Monde que l'avocat général Xavier Salvat refusait au Président de la République la faculté de se porter partie civile pendant l'exercice de son mandat. Cette réquisition, délivrée le 14 mars dernier dans le cadre d'une affaire de comptes bancaires piratés, avait été tenue secrète jusqu'à lors. Il reste à la Cour de Cassation de la suivre, ou pas. L'avocat général argumente que « l'exercice de l'action civile par le président de la République devant une juridiction pénale [...] paraît incompatible avec l'exercice de ses pouvoirs institutionnels.» Xavier Salvat propose simplement une suspension des procédures.

Depuis son élection, Nicolas Sarkozy n'a jamais hésité à porter plainte (affaire Clearstream, piratage de ses comptes, etc. L'argument avancé fut toujours le même : pourquoi aurait-il moins de droit qu'un simple citoyen ? La réponse, jamais verbalisée explicitement quand le Monarque s'exprimait sur le sujet, est pourtant tout aussi simple : grâce à Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy, le chef de l'Etat est au-dessus des lois pendant l'exercice de son mandat. Puisqu'il est intouchable, pourquoi pourrait-il attaquer ?

Lagarde, irréprochable ?
« Rien d'illégal », a expliqué le cabinet de Christine Lagarde vendredi. Il répondait à une interrogation légitime : suite à la publication, la veille, des déclarations d'intérêt, des journalistes curieux ont remarqué que la ministre de l'économie et des finances avait investi ses deniers personnels dans Applicatour, une société dirigée par Stanislas, fils de François Drouin, patron d'Oseo, l'établissement bancaire parapublic en charge du soutien aux PME de croissance.

Le monde est petit. Une précision, OSEO est un opérateur de l'Etat placé sous la responsabilité ... de Christine Lagarde.

Tron, inclassable ?
George Tron était villepiniste jusqu'au novembre 2010. Ce fut l'une des dernières prises politiques, à droite, de Nicolas Sarkozy. Depuis, l'ancien fidèle de Villepin, s'est fondu dans la Sarko-langue avec délectation. Il n'a pas eu à assumer la réforme des retraites, adoptée le 27 ocotbre, une quinzaine de jours avant son ralliement. Mais depuis, il s'est rattrapé.

Dimanche, George Tron, secrétaire d'Etat à la Fonction publique, a ainsi expliqué qu'on pouvait « encore réduire le nombre de fonctionnaires ». Il a pourtant reconnu que le nombre d'élèves en classes augmenterait à la rentrée prochaine. « Il va y avoir 4 500 à 5 000 élèves de plus à la prochaine rentrée et si on voit que ça pose des problèmes dans tel ou tel secteur, il faudra sans doute ajuster mais le principe n'est pas remis en cause. ( ...) Dans la police, il y aura une réflexion très précise à mener pour adoucir ce principe du un sur deux.»

Tron s'est aussi attaqué aux opérateurs :  « l'effort de réduction des effectifs a essentiellement porté sur l'administration centrale et déconcentrée et pas sur les opérateurs. (...) Donc, on peut parfaitement maintenir la règle du un sur deux et l'élargir aux opérateurs.» 

Guaino, injustifiable
Le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy s'est encore exprimé, dimanche, dans les médias. Il eut droit à une pleine émission, sur i-télé et France inter. Chaque fois que son patron est en congé - troisième weekend de 3 jours pour le couple Sarkozy en avril ! - Henri Guaino sort s'exprimer. L'ancien gaulliste justifia les atermoiements de son Monarque et de Claude Guéant à l'encontre de quelques milliers d'immigrés tunisiens : « l'enjeu c'est de les aider sur le chemin de la démocratie, pas de les aider à se vider de leurs forces vives ». Ou encore : « C'est une position raisonnable, qui n'a rien d'anti-européen » L'homme redevient souverainiste... Ben voyons... Un récent sondage crédite Marine Le Pen d'un carton plein auprès de l'électorat ouvrier...

Henri Guaino répéta les éléments de langage déjà servi par le ministre des affaires européennes un peu plus tôt : « la France ne veut pas suspendre Schengen. (...) Il y a déjà dans Schengen des clauses de sauvegarde qui ne s'appliquent pas toujours très bien à toutes les situations. Ce que demande la France, c'est qu'on revoie les clauses de sauvegarde de façon à ce qu'on puisse, dans des situations particulières, établir des contrôles aux frontières nationales un peu plus importants. »

Laurent Wauquiez, le même jour dans les colonnes du Journal du Dimanche, expliquait : « Il ne s’agit pas de se retirer de Schengen, cela n’aurait pas de sens, mais de travailler avec nos partenaires sur une nouvelle clause. La France veut étudier la possibilité de pouvoir rétablir les contrôles aux frontières en cas d’afflux majeur aux portes de l’Union.»

La Sarkofrance navigue à vue. La suspension des accords de Shengen est, rappelons-le encore une fois, déjà prévue en cas d'urgence..
juan Sarkofrance

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25 avril 2011 1 25 /04 /avril /2011 10:06

lundi 25 avril 2011

L'enfant « marketing » du couple Sarkozy

C'est la rumeur qui « passionne » la toile. Carla Bruni-Sarkozy serait enceinte. Cela fait deux ans qu'on nous le promet, qu'on nous l'annonce. Cette fois-ci, l'affaire est sortie par le magazine Closer, une référence en la matière. A quelques jours du mariage du prince Williams avec Kate, la nouvelle ne pouvait pas mieux tomber pour enrichir une semaine déjà bien chargée.

Politiquement, le timing de cette grossesse, « fragile mais tellement désirée » nous explique-t-on, est parfait. L'enfant-marketing naîtra à l'automne, juste à temps pour les derniers mois de la campagne présidentielle. A l'Elysée, on ne dément pas. On se réfugie derrière la « vie privée ».

Quelle vie privée ? Celle exhibée par Nicolas et Carla Sarkozy ?

« T'as vu ma femme comme elle est belle ? » C'est une réflexion, profonde, que Nicolas Sarkozy faisait habituellement à ses visiteurs en 2008. Il venait de se mettre en couple, légitime, avec Carla Bruni, quelques semaines après son divorce avec Cécilia. L'anecdote a notamment été relatée par Franz-Olivier Giesbert, dans son dernier ouvrage «M. le Président ». Depuis plus de 3 ans, Nicolas met en scène son idylle avec Carla. Qu'il soit remarié et heureux, c'est son droit et son plaisir les plus légitimes. Mais puisqu'il nous agace et instrumentalise ce bonheur de papier glacé, il s'expose à toutes sortes de commentaires intrusifs sur sa vie privée. C'est bien la moindre des répliques.

Depuis l'arrivée de Carla Bruni à l'Elysée, rien ne nous a été épargné.

En décembre 2007, la belle et la bête n'étaient en couple que depuis quelques jours qu'ils se montrent à Disneyland Paris. Il y a des endroits plus discrets...  Ils sont ensuite suivis par une meute de journalistes et photographes officiels pour des vacances de Noël.

En février 2008, quelques photos dénudées de l'ex-mannequin étaient publiées par un magazine espagnol. Sans protestation ni plainte de la nouvelle épouse du Monarque.  En août, Sarkozy envoie Bruni rencontrer le Dalaï Lama, en visite en France. C'est un geste éminemment politique. En septembre,  elle participe à une émission de télévision de la BBC, en marge d'un déplacement pourtant officiel, pour faire le promotion de son dernier album.

En décembre 2008, Nicolas et Carla Sarkozy partent passer une semaine de vacances au Brésil. Depuis un an, on commence à réaliser que Nicolas Sarkozy ne travaille pas tant que cela. Il multiplie les escapades touristiques en marge de ces déplacements officiels, histoire de faire payer le voyage sur les comptes de l'Elysée. Il adore aussi ces weekends hebdomadaires au Cap Nègre.

En mars 2009, Nicolas et Carla Sarkozy vont se reposer trois jours au Mexique. Ils sont hébergés, gracieusement, dans la villa d'un riche homme d'affaires local soupçonné d'être un narco-banquier. Rien que ça...  Carla créé une fondation pour « faciliter l'accès à la culture et à l'éducation afin de lutter contre les inégalités sociales ».

Au printemps 2009,  Carla Bruni est bien installée. Elle devient l'icône glamour de cette présidence Bling Bling. Cécilia avait la carte bleue, Carla est déjà millionnaire. Elle dort toujours chez elle, dans un quartier fermé aux passants du 16ème arrondissement de Paris. Mais elle s'active en coulisses. On la soupçonne de placer quelques amis à d'éminentes fonctions.

En août 2009, comme l'année précédente, le Cap Nègre est fermé aux paparazzi. On découvre quand même Nicolas en maillot de bain, avec Carla, quelques jours après son malaise vagal. Le Cap Nègre devient une destination fréquente du couple élyséen. Chaque mois ou presque, ils font l'aller-et-retour pour le weekend, avion présidentiel à l'appui.

En février 2010, c'est la grande affaire de la « rumeur » adultère réciproque, services secrets mobilisés pour débusquer les auteurs des fuites ou des propos. Deux salariés du Journal du Dimanche sont virés/démissionnés. Rachida Dati, soupçonnée par Carla, perd sa voiture de fonction et son garde du corps. Explication de texte en public par radio interposée. Ce vaudeville présidentiel mérite un film.

En mai 2010, on filme Carla ébahie devant le pavillon français à l'exposition universelle de Shanghaï. La fanfare de l’Armée Populaire de la plus grande dictature du monde a même joué deux de ses chansons. En novembre, elle est en Inde, visite des installations nucléaires ou touristiques, et confie qu'elle « prie pour avoir un garçon.» 

En décembre 2010, l'épouse du Monarque l'accompagne, avec les caméras d'Elysée.fr pour rencontrer un panel d'infirmières dans une clinique d'Avignon. Sarkozy reconnaît que « Carla la première » lui rappelle que « les hôpitaux manquent de personnel.»

En janvier dernier, Carla Bruni confie qu'elle ne « se sent plus vraiment de gauche.» Qu'elle fasse corps avec son « mari » est bien normal. Avait-elle besoin de cette confidence ? Le même mois, Nicolas l'emmène aux Antilles. C'est le quatrième déplacement de terrain auquel elle participe. Sarkozy a besoin de son épouse pour redorer son blason. Il oublie qu'il est en France. Il se croit comme Obama. On nous explique que l'Elysée « teste » l'impact de Carla sur les foules.

Vers la Toussaint prochaine, Carla accouchera donc d'un nouvel enfant.

A six mois du scrutin présidentiel. On se souvient qu'en mai 2007, Nicolas Sarkozy aimait confier à des journalistes combien sa famille ressemblait tant à celle des Kennedy. Le scenario tomba avec le divorce, quelques mois plus tard. Pour 2012, c'est donc re-belote.
juan Sarkofrance

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 15:24

Législatives 2012 : Bataille entre l'UMP et le Parti Radical pour ... le Benelux ?

 

Les législatives de 2012 seront difficiles pour la majorité présidentielle. Si certains visent, telle Chantal Jouanno, une place au Sénat, d'autres seraient prêts à en découdre pour devenir députés ... des Français de l'étranger !

Ces derniers temps, Dominique Paillé n'était pas tendre, à l'égard du Président de la République et de l'UMP. La décision de cette dernière, de l'écarter des investitures pour les circonscriptions des Français de l'étranger, en vue des législatives de 2012 pourrait ne pas arranger les choses !

En décembre dernier, Slovar vous expliquait, comment, par la magie du découpage électoral, siègeront, entre autre, à partir de 2012, à l'Assemblée Nationale les représentants de : L’Amérique du Nord, de Russie-Asie-Océanie, du Benelux, du Liechtenstein-Suisse ...

Cette nouveauté permettra l'élection de 11 nouveaux députés ( liste des circonscriptions) qui représenteront, selon l'Assemblée des français de l'étranger : 2.100.000 expatriés. Normal direz-vous, que ces français, soient représentés par des parlementaires ! Certes, sauf qu'ils le sont déjà, par ... 12 sénateurs !

Oui, mais dans la mesure où, il n'y aura pas assez de places disponibles, au Sénat, pour y caser tous ceux, qui craignent le suffrage universel direct. On s'est beaucoup bousculé au portillon pour obtenir l'investiture de l'UMP pour des circonscription aussi exotique que la 2e : Belize, Costa Rica, Guatemala, Honduras, Mexique, Nicaragua, Panama, Salvador ; Bolivie, Colombie, Equateur, Pérou, Venezuela ; Brésil, Guyana, Surinam ; Argentine, Chili, Paraguay, Uruguay ; Antigua-et-Barbuda, Bahamas, Barbade, Cuba, République dominicaine, Dominique, Grenade, Haïti, Jamaïque, Saint-Christophe-et-Niévès, Sainte-Lucie, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Trinité-et-Tobago

Et pourquoi cet engouement ?

Simplement nous expliquait Le Monde, parce que : « (...) Dans la composition des 11 circonscriptions des Français de l'étranger telle qu'elle est proposée par le projet d'ordonnance, le candidat de droite arriverait en tête dans 9 circonscriptions et la gauche dans 2 circonscriptions »

Donc, cette semaine, l'UMP a investi onze candidats dont, nous dit L'Express : trois membres du gouvernement.

Qui sont les heureux nominés ?

« Christine Lagarde (Economie), dans la 1ère circonscription, celles des Etats-Unis et du Canada, Eric Besson (Industrie) dans la 5e (Espagne, Portugal, Andorre, Monaco) et le secrétaire d'Etat aux Transports Thierry Mariani dans la 11e (Russie, Asie, Océanie) » liste complète par L'Express et Le Figaro

En ce qui concerne les autres circonscriptions, l'une est en passe de causer un casus belli, entre l'UMP et le Parti Radical : Le Benelux !

En effet, Dominique Paillé ancien co-porte parole de l'UMP aux côtés de Frédéric Lefebvre (vous savez, celui de Dodo et Fredo, chers au Petit Journal de Canal+) viré par Jean-François Copé, avait envie de retrouver un mandat, pour porter haut, les couleurs du radicalisme valoisien !

Son choix s'était porté sur le Benelux qui, vous l'avouerez, est moins contraignant que, la 11e circonscription : Arménie, Azerbaïdjan, Biélorussie, Géorgie, Kazakhstan, Kirghizstan, Moldavie, Ouzbékistan, Russie, Tadjikistan, Turkménistan, Ukraine ; Afghanistan, Bangladesh, Inde, Iran, Maldives, Népal, Pakistan, Sri Lanka ; Chine, Corée du Sud, Japon, Mongolie ; Birmanie, Bruneï, Cambodge, Indonésie, Laos, Malaisie, Palaos, Philippines, Singapour, Thaïlande, Timor oriental, Vietnam ; Australie, Fidji, Kiribati, Marshall, Micronésie, Nauru, Nouvelle-Zélande, Papouasie-Nouvelle-Guinée, Salomon, Samoa, Tonga, Tuvalu, Vanuatu. Puisqu'elle permet, au cas où, le député a besoin irrépressible ... de serrer les mains des électeurs, de faire l'aller retour, dans la journée par le TGV.

Or, l'UMP ne l'a pas entendu de cette oreille et a investi Pascale Andreani (représentante de la France auprès de l'Otan) au grand dam de Dominique Paillé !

Ce qui a fait dire au candidat malheureux : « Ce n'est ni une surprise ni un handicap insurmontable pour moi (...) Pour l'heure, avec ou sans investiture de l'UMP, je suis candidat pour le Bénélux » Donc, nous allons directement vers un duel de type fratricide dont l'enjeu est un mandat tranquille avec des administrés peu turbulents !

Nul ne sait encore si les candidats viendront lors de leur campagne parler à ces électeurs : du pouvoir d'achat, de l'augmentation des salaires, de la place de la religion dans la société française, du service du travail obligatoire pour les chômeurs et les titulaires du RSA, de l'abolition des 35H00, de l'avenir de la fonction publique, du déficit commercial, de la dette publique, de l'évasion fiscale, ...

Peut être, se focaliseront-ils, plutôt, sur la probable future taxe sur : « Les étrangers disposant d'une résidence secondaire en France (...) afin de contribuer au financement des services publics (...) » que le gouvernement compte mettre en place dans le cadre de sa réforme fiscale.

Ce qui devrait nous promettre de belles envolées à l'Assemblée Nationale sur « l'injustice imposée à ces français qui représentent notre pays à l'étranger et qu'on voudrait pénaliser »

Après tout, en ces temps de chômage endémique, en France, un CDD de 5 ans, ça se mérite !
Slovar

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Le Post

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 15:24

DSK le meilleur candidat de droite ?

Entre la déliquescence de Sarko, la transparence de Fillon, l'insignifiance de Borloo et la déréliction de Bayrou dont les grandes oreilles ne peuvent plus servir d'aérofreins tant son piqué est vertigineux... Si la droite mondialiste veut garder le pouvoir en 2012... Je ne vois qu'une solution : voter Strauss-Kahn !
L'homme est, nous dit-on, promis à un bel avenir. Je me suis donc intéressé à son passé.
La toile est pleine d'anecdotes, de faits et de rappels pertinents des exploits et des propos de monsieur FMI. Il m'a paru utile d'en faire une petite synthèse afin de cadrer la personnalité et les idées de notre presque futur président.

La façon de s'imposer

DSK est un bulldozer. Aucun obstacle ne le rebute. Même rembarré, il se cramponne jusqu'à ce qu'il obtienne ce qu'il veut. Et pas seulement avec les femmes.

Collé à l'ENA en 1975, il y revient quelques années plus tard... Comme professeur !
Après un passage par l'université et la politique. Quand on lui claque la porte au nez, il rentre par la fenêtre.

En 1986, il est parachuté comme candidat aux législatives en Haute Savoie. Les militants socialistes refusent cet inconnu qui n'a aucune attache dans la région. Qu'importe ! La direction du P.S. l'impose après avoir radié les contestataires.

En 1988, il quitte la Haute Savoie pour le Val d'Oise. Il y sera battu en 1993 mais il rebondit comme conseiller de Rocard, expert du P.S et avocat d'affaires. Les trois à la fois.
 

Sans voir poindre le risque de conflits d'intérêts. Ce sera le seul faux pas de sa carrière avec les affaires de la MNEF, de la Générale des eaux, d' ELF et la remise fiscale à Karl Lagerfeld.
 

Mais la justice tranchera par des non-lieu.

 

Pour 2012, alors qu'il ne demande rien officiellement, les média l'imposent comme le candidat naturel du PS et pourquoi pas de la gauche toute entière. A coups de sondages suspects où de complaisants politologues confondent allégrement "opinion sur les compétences professionnelles", "respect de la personne" et "intentions de vote".

 

Ira-t-il ? Ses atermoiements peuvent s'expliquer moins par l'attachement à ses émoluements du FMI (à peine l'équivalent de la paye d'un présentateur télé) que par sa volonté de s'imposer, sans jouer le jeu des primaires, où franchement il aurait l'air de quoi, lui qui tutoie Medvedev et Obama s'il devait se rabaisser à ferrailler contre un Vals ou un Montebourg ?

 

Mais preuve qu'il ne néglige aucun détail, une opération de chirurgie esthétique lui a relevé sa paupière tombante, il suit un régime tonique et s'assure un bronzage permanent.
 

Un gros nounours sympathique et souriant en apparence pour un peuple de bisounours. Ou plutôt de lapins crêtins.

 

Ses idées et sa pratiques de l'économie

Sa thèse de doctorat soutenue en 1977 a pour sujet : "famille et accumulation patrimoniale"
Une version actualisée du fameux "enrichissez-vous !" de Guizot.

En 1988, conseiller de Rocard, et alors que le Premier ministre propose de plafonner le montant de l'ISF et de l'impôt sur le revenu à 80 % des ressources d'un ménage, DSK cosigne un amendement réduisant ce premier bouclier fiscal à 70 %.

 

Ministre de l'industrie sous Cresson puis Beregovoy entre 91 et 93 il plaide pour ancrer davantage la France dans l'Europe des énarques et des banquiers. En rendant le plus difficile possible tout retour en arrière.
Mitterrand déjà sur le déclin le laisse faire.

 

Entre 1997 et 1999, lors de son passage écourté chez Jospin comme ministre de l'économie et des finances, cet authentique socialiste privatise Air France, les autoroutes du sud, le Crédit lyonnais, France Télécom, les GAN, Thomson Multimédia, le CIC et la CNP.

La privatisation de l'Aérospatiale qu'il avait préparée sera faite par son successeur.

 

A part ça, que connait-il de l'économie réelle ?

Pas grand chose ! Prof, il a enseigné la macroéconomie. Puis il a phosphoré dans des clubs de réflexion où de grands patrons viennent nouer des liens avec la nomenklatura.
Ses amis s'appellent Bolloré, Lévy, Lamassoure, Kessler vice-président du MEDEF... Mais il n'a jamais géré une entreprise.

Petit cadeau aux écolos. Il a dit : "Pour moi, il n'y aurait pas de scandale à ce que la chaire de physique nucléaire de Paris-VI soit financée par EDF."

 

Ses opinions et ses actions européistes

 

Le programme socialiste de 1981 avait prévu de prendre ses distances vis à vis des diktats de la commission de Bruxelles, et Mitterrand était plutôt favorable à une forme de pragmatisme "à l'anglaise" avec des ajustements au coup par coup et en fonction de nos intérêts.
 

DSK se démène d'abord comme conseiller du prince puis comme ministre pour que la France accepte d'être enchaînée à l'Europe.

Après être restés un temps en suspens, les règlements imposés par la Commission, le Conseil et le Parlement européens prennent force de loi en France.
Sans demander de vote au parlement, encore moins en informer les Français. Des "décrets de conformité" à la pelle, pris par d'obscurs technocrates dans les bureaux glauques des ministères décident de l'avenir du pays et de ses habitants. Dans l'opacité la plus complète.
 

Et les banksters déjà repus se goinfrent à s'en faire éclater la panse.

En 2005, DSK sort un DVD didactique en faveur du "oui" à la Constitution européiste et s'investit dans des réunions et meetings, tout en pratiquant une lobbying intense auprès des décideurs et des prescripteurs d'opinion.
Les 55 % de "non !" lui auraient arraché une grosse colère : "Ah les cons ! Il sont nuls" aurait-il dit. "Mais on la leur collera quand même notre constitution, d'une manière ou d'une autre..."

La rumeur prétend qu'il aurait fait des suggrestions à Sarkozy dans ce sens.

Ses prochains projets : élargir encore plus les pouvoirs de la banque centrale européenne afin de conduire une véritable politique européiste décidant des budgets, des investissements et des dépenses publiques à la place des états devenus de simples provinces vassales d'une superentité despotique.

 

Accessoirement, il se prononce pour l'entrée de la Turquie dans le gang.
Ne voyant pas qu'avec son niveau économique et le nombre de ses habitants, cela induirait les problèmes au carré de la Roumanie, de la Pologne et de la Bulgarie. A ce stade de cécité idéologique, une nouvelle Europe à population à majorité musulmane deviendrait un souci presque secondaire.

 

Son rôle actif dans la mondialisation

 

"J’ai un regard sur le monde plus ouvert que ceux qui ont des traditions ancrées" déclare-t-il au Nouvel Economiste en 2003, en se définissant comme un enfant Benetton, à la fois russe, mongol, juif et lorrain.

 

Sa philosophie reflète une sorte de néo-saint simonisme étendu à la terre entière : le pouvoir aux gens compétents, pas à la populace qui ne sait pas se diriger. Il est partisan d'un gouvernement mondial coopté et d'une économie rationnelle, utilisant et déplaçant les ressources naturelles et humaines là où elles apportent la meilleure plus value aux décideurs. Cette élite éclairée qui consentira quelques aumônes aux pauvres afin qu'ils ne meurent pas de faim. On a son éthique chez les élitistes, tout de même !

 

En septembre 2007, le président le pistonne à la tête du FMI, imaginant préserver son avenir (déjà...) en se débarrassant du rival qu'il craint le plus.
Ses frasques boulevardières et les soupçons de favoritisme au sein du FMI ne sont que pêchés véniels comparés au libéralisme sauvage qu'il déploie face aux pays en difficulté, tout en prétendant les sauver :

 

Baisse du nombre et des salaires des fonctionaires, dégraissages "compétitifs" dans le privé, délocalisations favorisées pour "aider les entreprises à s'en sortir", coupes drastiques dans les dépenses publiques et de santé, allongement de la durée du travail et du départ en retraite, refus de tout prélèvement sur les transactions financières internationales genre taxe Tobin qui pourrait dissuader la spéculation à court terme, au prétexte que c'est trop compliqué !

Et surtout une vigilance sévère pour que les pays ruinés continuent à engraisser les banksters en s'endettant encore un peu plus.

La Grèce, l'Espagne et l'Irlande ont déjà bénéficié des potions du bon docteur DSK.
L'Islande et le Portugal sont dans sa salle d'attente tandis que leurs remèdes méphitiques bouillonnent dans les athanors. Et la France n'est pas loin de lui demander de passer pour une visite à domicile et une petite ordonnance.

A votre place, si j'étais de droite, sans hésiter je voterais pour lui !

Christian Navis

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15 avril 2011 5 15 /04 /avril /2011 10:35

vendredi 15 avril 2011

Enseignants : le discours usé du candidat Sarkozy

Il n'ose toujours pas dire qu'il est candidat, il joue au « vieux sage ». Mais surtout il se répète, il rabâche des formules déjà maintes fois écoutées. Peut-être pense-t-il que c'est efficace. A gauche ou à droite, les autres candidats, officieux ou officiels, multiplient les propositions. Sarkozy, lui, à un an de l'élection présidentielle, n'a pas renouvelé son discours. Il garde ses idées pour la campagne, la vraie. Pour le moment, il fait dans la pédagogie et le service après-vente.

Au moins, François Fillon fait-il rire, et c'est tant mieux. L'Assemblée nationale s'est un temps détendue, mardi après-midi, après un gentil lapsus du premier ministre, qui confondit « gaz de shit » et « gaz de schiste ».

Ecouter Nicolas Sarkozy est bien moins divertissant. Parfois, il tente aussi l'humour. Mardi dernier, le candidat non déclaré animait ainsi une table ronde sur les professions libérales à Versailles, avec un micro-panel représentatif (deux avocats, un expert-comptable, une kinésithérapeute, un médecin libéral, et un architecte urbaniste, ), spécialement sélectionné pour faire « terrain et proximité ». Une vraie réunion tupperware, mais avec estrade, projecteurs, caméras et public. Grand sourire aux lèvres, il commença ainsi : « Connaissez vous beaucoup de Français qui ont le sentiment qu'on s'occupe assez d'eux ? Y-a-t-il une seule catégorie qui me dise, 'ah merci, vous vous occupez suffisamment de nous' ? » Cette formule est une variante du « Je vous demande de considérer que mon travail n'est pas très facile » lancé sur TF1 le 10 février dernier, ou de sa fameuse : « Rien ne me fera reculer ni arrêter pace que ça fait trop longtemps qu’on met la poussière sous le tapis »

Mercredi, le Monarque n'avait plus d'humour, quand il entendit le patron de Total promettre un litre d'essence à 2 euros « inévitable ». Crime de lèse-majesté ! Il ne faut désespérer les masses laborieuses à la veille d'un scrutin ! « Les propos de monsieur de Margerie sur le litre à 2 euros sont indécents », a-t-il lâché devant des députés UMP: «Je vais m'en occuper».Il est pourtant évident et connu que les ressources pétrolières n'étant pas infinies, la pénurie fera inexorablement monter les prix...

Le lendemain, le candidat a fait une fois encore la leçon aux enseignants, toujours la même : contre l'immobilisme (comprenez, la résistance aux réductions de postes), contre la délinquance (responsable de l'échec scolaire ?), pour la réforme (c'est-à-dire travailler plus avec moins)...

Jeudi, il s'adressait aux enseignants, pour une table ronde sur « la prévention de l'échec scolaire », organisée dans le gymnase du collège Jean Monnet de Bagnères-de-Luchon, en Haute-Garonne. Il était arrivé en hélicoptère. A nouveau, les grands moyens !

Il rencontra les 9 élèves d'un établissement de réinsertion scolaire (ERS), et même joué au ping-pong avec l'un d'entre eux ! Quelle proximité ! Ces ERS sont des internats à surveillance renforcée qui accueillent une poignée d'élèves « perturbateurs ». Le Monarque a répété sa promesse de l'automne dernier : de 11, ces ERS passeront à 20. Vingt internats pour quelques centaines d'élèves encadrés... Une goutte d'eau dans un océan de problèmes. Où est la cohérence ? Via les ERS, Sarkozy reconnaît pour quelques élèves les vertus de l'encadrement qu'il nie au plus grand nombre.

De l'échec scolaire, on glissa vers la délinquance. Claude Guéant n'était pas du voyage. Qu'importe ! Il faut « mettre fin à cette omerta sur la violence à l'école », a expliqué le Monarque. Quelle omerta ? On se souvient des meurtres d'élèves, il y a un an, et des grèves et protestations de parents contre le manque de personnel d'encadrement dans certains établissements. Le sujet avait occupé et pollué une belle partie de la campagne UMP des élections régionales du printemps. En janvier 2010, Sarkozy s'exclamait déjà : « S'il y a bien un lieu qui doit être protégé de toute forme de violence, un lieu qu'entre tous il faut sanctuariser, c'est l'école ». 

Et bien, un an plus tard, le Monarque se répète :  « C'est un sujet capital, central, qu'il faut traiter sans être obsédé mais sans naïveté non plus. La réponse n'est pas toute sécuritaire, elle est également pédagogique mais, à un moment donné, si les familles ne font pas le travail, si l'Etat ne fait pas son travail, on ne peut pas laisser l'établissement seul avec ça. » L'indignation est facile !

Problème d'effectifs ? Sarkozy ne fait jamais le lien. Il ressasse que les suppressions de postes, c'est moderne; et que l'Etat est fauché. Au lendemain d'un joli cadeau d'un milliard d'euros (par an) d'assouplissement de l'ISF, l'argument est cocasse... La Cour des Comptes avait rappelé, en début d'année, que le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, qui affecte particulièrement l'Education nationale, ne générait que « 100 à 200 millions d'euros en 2011 ».

Devant son parterre silencieux, ce jeudi, le Président des Riches eut cette formule : « J'ai beaucoup d'admiration pour le travail que vous faites et comme chef de l'Etat, je suis bien conscient de l'importance du rôle que vous jouez, plus que vous ne pouvez l'imaginer. En même temps, j'aimerais vous convaincre qu'il ne faut pas avoir peur du changement, que vous êtes au fond l'avant-garde de ce changement. Les élèves que vous avez changent, nos méthodes doivent changer.» Quel changement le Monarque pouvait-il encore proposer, après quelque 70.000 suppressions de postes, pour l'essentiel d'enseignants ? La réforme ! La rupture !  « Il n'y a aucun avenir possible dans l'immobilisme, dans le nivellement, dans la paupérisation, absolument aucun ».

En mars 2007, déjà en campagne, il déclarait que « les enseignants ont compris que la logique permanente des moyens supplémentaires allait contre leur pouvoir d’achat.» En avril 2011, comme si le temps s'était figé, le voici qu'il déclare : « Je sais qu'il y a un problème qui se pose de rémunération pour les profs. Mais je voudrais faire comprendre que tout ne se résout pas par des problèmes de quantité, qu'il y a un problème de qualité aussi, que face à la massification, la société française a fait le choix d'augmenter le nombre de postes. C'était sans doute nécessaire, il ne m'appartient pas de juger. »

Rien n'a donc changé ? Si... les déficits publics sont pires qu'avant. Et Sarkozy demande aux enseignants une rigueur qu'il n'ose exiger de son Premier Cercle : « Mais réfléchissez : compte tenu des déficits, des problèmes que nous avons, on ne peut pas faire le choix à la fois d'augmenter sans cesse le nombre et en même temps d'augmenter la rémunération des statuts. Je veux que les enseignements ne perdent pas confiance dans leur mission. Elle est aussi importante qu'elle l'était il y a 30 ou 40 ou 50 ans. »

Il conclut :  « C'est un métier magnifique dont on a besoin. J'ai conscience que les conditions ont profondément changé, que vous avez encore la passion mais aussi beaucoup de déceptions, que vos initiatives ne sont pas valorisées. On aura d'autres rendez-vous, je serai très présent.»

Très présent ? Pour le moment, le candidat se cache. Il ne dévoile que peu d'idées. Son ministre du budget a lâché cette curieuse proposition de prime de 1.000 euros pour les salariés d'entreprises qui verseraient des dividendes. Neigerait-il à Noël ? Que nenni ! La prime ne sera ni obligatoire ni de 1.000 euros. Elle recoupe de surcroît nombre de dispositifs existants. Mais qu'importe ! L'idée fait joli, quelques instants, dans les journaux télévisés. Plus le scrutin approche, plus le monarque deviendra social. Après la séquence sécuritaire, puis celle internationale, attendez-vous à une étape sociale.

Le candidat se prépare.
Juan Sarkofrance

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14 avril 2011 4 14 /04 /avril /2011 11:56

Jean Sarkozy : Spécialiste de l'économie sociale et solidaire ?

Le titre de cet article peut faire sourire ou surprendre. Et pourtant Jean Sarkozy est bien le Vice Président, chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie du CG des Hauts de Seine


A la lecture du site Neuilly journal du 12 avril on découvrait l'information suivante : : « Patrick Devedjian, président du Conseil général des Hauts-de-Seine, vient d'attribuer les délégations de fonctions aux 13 vice-présidents de la nouvelle Assemblée départementale. Jean Sarkozy, 7e vice-président et conseiller général de Neuilly Sud est chargé de l'Economie sociale et solidaire et de l'Insertion par l'économie (...) »

Les mauvaises langues feront remarquer que les problèmes d'insertion sont assez rares à Neuilly sud, néanmoins, notre Vice président l'affirme sur son blog : L'économie sociale et solidaire, c'est son truc !

Il en parle d'ailleurs avec passion dans deux billets publiés en janvier 2011

Ainsi il écrit le 17 janvier 2011, suite à un commentaire d'internaute : « (....) même si l’économie sociale existe depuis le 19ème siècle, elle incarne aujourd’hui les aspirations de beaucoup de nos concitoyens : un meilleur équilibre entre capital et travail. Ce que le général de Gaulle avait imaginé en défendant le principe de « participation » (dont l’économie traditionnelle s’est timidement emparée) (...) » Avant de conclure par : « (...) Il est grand temps que les Hauts-de-Seine renouent avec ce qui a fait sa renommée : une politique économique à visage humain »

Le 19 janvier 2011, à une autre question d'un internaute : « Les épiceries solidaires et sociales devraient vous intéresser. Elles apportent une aide alimentaire à des personnes fragiles et exclues »

Il répond : « Dès que je le pourrai, je prendrai contact avec vous pour faire une réunion de travail là-dessus. Ce genre de démarche correspond tout à fait à l’engagement du comité départemental, je crois vraiment que les Hauts-de-Seine ont des initiatives à prendre dans ce domaine »

Et à un incrédule qui écrit : « Si les gens de droite se mettent enfin à comprendre ce que vivent leurs voisins, où va-t-on ? J’aimerais tellement pouvoir vous faire confiance ! Mais j’y crois pas »

Il écrit : « Je ne sais pas de quelle génération vous êtes pour croire encore que la droite ne se préoccupe pas des questions sociales… Moi je crois que les lignes de partage entre les courants politiques ont bougé. A droite comme à gauche, il y a ceux qui pensent que le développement économique ne sert que des intérêts financiers et ceux qui pensent qu’il est le meilleur moyen d’accroître le bien être social de ceux qui la font marcher… c’est pour ça que la question du travail et de l’emploi est essentielle dans notre pays (...) »

Quelle audace. Et dire, que ce garçon n'est que : Vice Président du Département !

Un bémol toutefois dans le combat qu'il mène pour : une politique économique à visage humain

Les élus de l'opposition font remarquer que : « (...) En contradiction flagrante avec la démarche de l’ESS, une commission d’appel d’offre a attribué, mi février, 70% d’une prestation d’insertion à destination des bénéficiaires du RSA à la société CLAF accompagnement.

Le groupe CLAF, société cotée en bourse, vient de se voir suspendre ses activités avec la direction régionale Poitou Charentes du Pôle emploi car cette dernière attend qu’elle « fournisse la preuve de sa capacité à répondre normalement à toutes les exigences des cahiers des charges ». Ici, dans les Hauts-de-Seine on vient de lui confier 20 000 personnes. Les services de la commission d’appel d’offre du conseil général constataient d’ailleurs eux-mêmes une insuffisante du dossier d’un point de vu qualitatif mais seul le prix de la prestation a compté dans la décision (...) » lire aussi la lettre de Patrice Leclerc, conseiller général, adressée à Jean Sarkozy

Mais ne faisons pas la fine bouche. En effet, un Sarkozy qui envisage de mettre à l'ordre du jour : les épiceries solidaires et sociales, dans les Hauts de Seine, ce n'est pas rien ! C'est d'autant plus méritoire qu'il n'existe pas, de point d'aide alimentaire, des restos du coeur à Neuilly sur Seine !
Slovar
Crédit photo
Le Monde

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