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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 10:04


2012 : Sarkozy prononce un moratoire sur le sarkozysme.

Le déplacement était prévu et prévisible. Chaque semaine, sauf imprévu, Nicolas Sarkozy file en province les mardi et jeudi. On ne guette les annonces, tant elles se font rares. Cette fois-ci pourtant, le Monarque avait quelque chose à dire, un moratoire sur les suppressions de classes.

Serait-ce un revirement ? Pas vraiment. Depuis des mois, le candidat oscille entre toilettage et nettoyage de ses propres actions avant la grande campagne de 2012.

Progressivement, Nicolas Sarkozy aura ainsi quasiment intégralement détricoté sa grande réforme fiscale de l'été 2007. La défiscalisation partielle des intérêts d'emprunts immobiliers pour l'acquisition d'une résidence principale a été supprimée à compter de 2011, au profit d'un prêt à taux zéro sans condition de ressources (sic !). La réduction des droits de succession a été partiellement amoindrie par le toilettage de l'ISF dans la loi de finances rectificative votée la semaine dernière. Le bouclier fiscal, que la loi TEPA de 2007 avait renforcé, a été purement et simplement supprimé, chacun des ministres (Baroin, Wauquiez, Lagarde) lui trouvant autant de défauts aujourd'hui qu'hier de qualités.

Reste la défiscalisation partielle des heures supplémentaires, coûteuse, contre-productive et anachronique, une
« usine à gaz pour contourner les 35 heures
» commentait le centriste Jean Arthuis l'an dernier.

Encore un effort, monsieur le président !

Le bonheur est dans le pré
Cette fois-ci, c'était en Lozère, en pleine campagne française. Sarkozy adore la campagne, depuis son échec aux élections régionales voici bientôt deux ans. A l'approche du scrutin de 2012, on rase bientôt gratis. Les élections sénatoriales sont aussi pour septembre. On murmure que la droite pourrait perdre le contrôle de la haute assemblée. Il y avait donc urgence à promettre n'importe quoi.

En Lozère, Nicolas Sarkozy annonça un moratoire sur les suppressions de classes de primaires... en 2012 : « Je soutiens la rentrée 2011 telle qu'elle a été préparée par le ministre. Pour la rentrée 2012, je souhaite que l'école primaire bénéficie d'un traitement particulier.» Et il précisa : « A la rentrée 2012, nous ne procèderons, hors démographie, à aucune fermeture de classe à l'école primaire. C'est-à-dire (...) que le nombre de fermetures de classes n'excèdera pas le nombre d'ouvertures liées aux évolutions démographiques.» Pour les communes rurales, cette promesse qui n'en est pas une ne vaut pas grand chose. L'envoyé spécial du Figaro auprès du Monarque, Charles Jaigu, s'emballe quand même : « Sarkozy sanctuarise l'école primaire ». Diable ! Contre quoi la sanctuarise-t-il ? Ses propres coupes budgétaires ? Rappelons que la Cour des Comptes elle-même expliquait en février dernier que ces réductions de postes de fonctionnaires - pour l'ensemble de la Fonction publique - ne généraient qu'une centaine de millions d'euros d'économies annuelles...

« Nous avons connu la révolution de l'enseignement obligatoire et gratuit, puis le tournant de la massification dans les années 70, la troisième révolution qu'il faut réussir est celle de la personnalisation des parcours. (...) C'est un grand changement qui pose la question des rythmes scolaires.»

Pour la prochaine rentrée scolaire, quelques 1.500 classes de primaires seront supprimées. L'Education nationale perd encore 16.000 postes l'année prochaine, que Luc Chatel a tenté de cacher sous 1,3 million d'euros de publicité pour le recrutement de 17.000 enseignants (l'autre moitié des postes de fonctionnaires partant à la retraite).

En Lozère, le candidat Sarkozy a pris soin de préciser que les suppressions de postes continueraient. Pas question d'abandonner ce totem ! Et, comme le Monde l'explique, les « gisements » identifiés par les experts gouvernementaux sont nombreux : réduction de la scolarisation des enfants de moins de 3 ans, suppression des postes de personnels sans classe (remplaçants, soutien scolaire, animateurs, etc), augmentation des effectifs par classe.

Rétropédalage électoral ?
George Tron, alors ministre de la Fonction publique, avait déjà laissé entendre que le dogme sarkozyen des réductions mécaniques de postes de fonctionnaires tomberait l'an prochain, année électorale oblige : dans une interview à Libération, il avait déclaré:
« Je pense notamment que la règle intangible du non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite ne devrait pas se poursuivre après 2012.» Ajoutant que chaque ministère aurait plus de souplesse : « chaque ministère pourrait se voir allouer une enveloppe globale, à lui ensuite d'arbitrer entre dépenses de personnel et budget de fonctionnement». Son collègue Baroin, au budget, était trop inquiet de la dérive des comptes publics pour accepter une telle concession, fut-elle électorale.


En avril dernier, dans une interview au quotidien Ouest France, le ministre de l'Intérieur et de l'immigration Claude Guéant en avait lui-même remis une couche. Il avait promis que la suppression d'un poste de fonctionnaire partant à la retraite sur deux serait en débat... pour l'année prochaine : « Le maintien de la règle du « un sur deux » se posera lors de la préparation de la loi de finances 2012, en octobre prochain. Il y a eu des réductions d'effectifs, mais, par rapport à 2001, policiers et gendarmes additionnés, les effectifs sont encore supérieurs de 4 000 emplois ». Nicolas Sarkozy prépara là aussi ses arrières électorales. Son bilan de lutte contre l'insécurité violente est très mauvais. Chaque publication mensuelle des statistiques officielles est devenue une souffrance.

Ce mardi en Lozère, Sarkozy voulait faire un geste, symbolique comme tout ce qu'il fait depuis des mois, de discours vains en hommages inutiles. Il y a des choses qui ne changent pas en Sarkofrance. Arrivé sur les lieux en fin de matinée, il était de retour à Paris dès l'après-midi, pour un entretien avec Vladimir Poutine. Son ami russe n'est que premier ministre. En termes protocolaires, il n'est que l'hôte de François Fillon, auprès duquel il s'est affiché le temps d'une conférence de presse commune pour dire combien il fallait laisser la Syrie tranquille. Mais Poutine est l'homme du fort du régime russe. Le président « officiel », Dimitri Medvedev, n'est qu’une potiche

Juan Sarkofrance

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 09:41

POURQUOI JE NE VAIS PAS PARTICIPER AUX PRIMAIRES DU PS…

D’abord, je ne suis pas membre du PS et c’est une raison qui se suffit à elle-même.

Ensuite payer, même si il ne s’agit que d’un euro symbolique,  pour avoir le droit de participer à une consultation et  avoir le droit de voter ne constitue nullement une avancée démocratique mais nous ramène  à une forme de consultation qui nous rappelle le bon temps du système censitaire. Quant on se revendique de la gauche on aurait pu trouver mieux.

Enfin, comble de l’hypocrisie, le PS va demander aux électeurs participants à ces primaires de signer un engagement aux valeurs de gauche, valeurs de gauche auxquelles ce même PS a renoncé en adoptant le traité de Lisbonne dans le dos du peuple français. On peut se demander si ce même engagement avait été signé par DSK en allant au FMI ou par Lamy à L’OMC..

Messieurs les tartuffes ça suffit.

Voilà pourquoi je ne participerai pas à cette mascarade des primaires du PS

Jacky Eouzan

Chargé des relations extérieures de République et Socialisme,

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 09:08
Lutter contre le néo-libéralisme

Un puits sans fond pour les contribuables grecs !

Lundi 6 juin 2011
   

Le gouvernement grec vend de nouveaux services publics pour rembourser les dettes et crée un « fond souverain »…ou un puits sans fond pour les contribuables grecs !

 
Quand on n’évoque les difficultés financières de la Grèce, nous ne devons pas écrire « ses dettes » ou « les dettes grecques », car il s’agit en fait de dettes contractées auprès de prêteurs non grecs par des emprunteurs publics ou privés établis en Grèce.
Sur les 150 milliards d’euros de dettes avouées, les deux tiers sont des dettes privées.
La finance internationale considère que c’est à l’État grec de voler au secours des créanciers privés que le défaut de leurs débiteurs risquerait de placer dans une situation inconfortable.
Et ce, même si l’état et le gouvernement grecs n’étaient pour rien dans la souscription de ces emprunts et dans l’impossibilité du secteur privé de les rembourser.
Remarquons quand même que les deux grandes familles qui se succèdent au pouvoir depuis la fin de la guerre, les Caramanlis et les Papandréou-s, ne peuvent pas ignorer de tels enjeux financiers.

Ainsi, le gouvernement grec a annoncé le 23 mai 6 milliards d’euros d’économies en vue de ramener le déficit public à 7,5 % du PIB grec dès cette année 2011.
De plus, afin de réduire la dette publique le gouvernement a annoncé la vente “immédiate” de participations publiques dans :

  • la société de télécommunications OTE,
  • la banque postale, l’Hellenic Postbank,
  • les ports du Pirée et de Salonique,
  • le service des eaux de Salonique.

Mais il y a plus avec la création d’un « fonds souverain » pour accélérer les privatisations de services publics et la vente de biens immobiliers publics.
Il faut savoir que les fonds « souverains » sont des fonds publics d’investissement appartenant à des administrations publiques et répondant à des critères et des objectifs internationaux précis :

  • ils sont gérés ou contrôlés par un gouvernement national ;
  • ils « investissent » les excédents du pays, les réserves officielles étant gérées par la banque centrale du pays
  • à l’exception du fonds stratégique d’investissement français, les « fonds souverains » investissent à l’étranger
  • ils gèrent des actifs financiers dans une logique de plus ou moins long terme,
  • ils n’ont pas d’objectif précis de bénéfice, empruntent peu ou pas du tout. C’est même interdit pour un certain nombre de fonds souverains !
  • leur politique d’investissement vise à atteindre des objectifs qualitatifs précis et des politiques, comme l’épargne intergénérationnelle, la diversification des activités nationales ou le lissage de l’activité

En clair, par l’intermédiaire de ces « fonds », un gouvernement utilise le produit des impôts et taxes pour financer des projets à l’étranger sans objectif de rentabilité, c’est à dire à fonds perdu et sans faire concurrence aux banques privées sur les marchés des emprunts d’État.
Sachant que la gestion de ces fonds publics doit répondre au  strict respect de la concurrence libre et non faussée et utiliser les services d’opérateurs privés, il y a gros à parier qu’ils ne sont pas les derniers à être orientés vers les opérations les plus risquées.
C’est par de tels canaux que l’argent des impôts et des fonds sociaux publics peuvent être mis à la disposition des grands spéculateurs qui « arbitrent » en faveur de leurs intérêts personnels, fut-ce au dépens de tous les autres. C’est ainsi que se sont creusées les pertes des banques publiques comme DEXIA en France, celles des fonds de pension des gestionnaires des retraites des fonctionnaires californiens (CALPERS) et que de nombreuses collectivités locales françaises se sont trouvées en possessions « d’obligations pourries ».

Nota : voici, selon « La Tribune » (Copyright Reuters) du 3 juin 2011, le détail des participations publiques promises à la vente pour récupérer 50 milliards d’euros d’ici 2015 et réduire la dette de 340 milliards d’euros. Nulle que de telles listes soient mises à jour par pays et par les agences de notation et les principales banques privées à destination de leurs clients.

Entreprises privatisées dès 2011

  • OTE, numéro un des Telecoms en Grèce. L’Etat détient 16% qu’il veut vendre avant la fin juin 2011.
  • Banque Postale. Les 34% du capital pourraient être cédés avant le 31 décembre.
  • Les ports du Pirée et de Salonique L’Etat en détient encore 75%. A vendre d’ici la fin 2011.
  • Société d’eau de Salonique. L’objectif du gouvernement est de céder jusqu’à 40% des 74% du capital
  • EAS. entreprise de défense détenue à 100% par l’Etat qui prévoit de céder jusqu’à 66% du capital.
  • Loterie nationale. La part du capital détenu par l’Etat doit passer de 100% à 51% voire 33%.
  • Le groupe gazier DEPA. Contrôlé à 65%, cette entreprise ne le sera plus qu’à 32% au 31-12-2011..
  • Trainose. Compagnie nationale des chemins de fer : Cession prévue de 49 à 100% du capital.
  • Larco. L’Etat entend céder les 55% qu’il détient encore dans le groupe minier avant la fin de l’année.
  • Odie, l’ambition du gouvernement est de céder 100% du capital de cet équivalent du PMU en France.
  • Casino Mont Parnes L’Etat prévoit de céder les 49% qu’il détient encore avant le 31 décembre.
  • Les licences de téléphonie mobile seront cédées à 100% au quatrième trimestre.
  • Hellinikon. Cet ancien aéroport détenu à 100% devrait être totalement privé d’ici la fin de l’année.

Entreprises à privatiser pour 2012 et 2013

(le capital détenu - la part que le gouvernement prévoit de céder - la date prévue pour la privatisation)

  • Aéroport International d’Athènes (55% - jusqu’à 21% - 1e trim 2012)
  • Autoroute Egnatia Odos (100% - jusqu’à 100% - 1e trim 2012)
  • Poste Hellénique (90% - jusqu’à 40% - 1e trim 2012)
  • Opap Paris sportifs (34% - jusqu’à 34% - 1e trim 2012)
  • Ports régionaux (77-100% - 43 à 66% - 2012)
  • Société d’eau Athènes (61% - jusqu’à 27% - 3e trim 2012)
  • EVO, défense (51% - jusqu’à 16% - 2e trim 2012)
  • Caisse des dépots&consignes(100% - 2012)
  • DEI Electricité de Grèce (51% - jusqu’à 17% - 4e trim 2012)
  • Sie autoroute Hellène 1 (100% - 2012)
  • Aéroports régionaux 1 (100% - jusqu’à 49% - 2012)
  • Hellinikon, IIe tranche ( 2012)
  • Participations bancaires (jusqu’à 100% - 2013)
  • Banque agricole ATE (76% - jusqu’à 25% - 2013)

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22 juin 2011 3 22 /06 /juin /2011 07:56
Chronique d'Evariste

Jean-Luc Mélenchon portera les couleurs du Front de Gauche

Mardi 21 juin 2011
Par Évariste
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org
   

Après les autres composantes du Front de Gauche, c’est au tour du PCF de désigner Jean-Luc Mélenchon comme candidat pour les présidentielles 2012. 
Ainsi en a décidé le Parti communiste. Souhaitée par la direction nationale du PC, la candidature de Jean-Luc Mélenchon a été adoubée à 75 % par le Conseil national (plus de 100 personnes), puis à 63 % par la conférence nationale (plus de 600 personnes) et enfin à 59,12 % par les adhérents du PCF.

Avec 69 227 inscrits et 48 631 votants (soit 70,25 % de participation), il y a eu 842 bulletins blancs ou nuls (soit 1,73 %). Sur les 47 789 suffrages exprimés, Jean-Luc Mélenchon, député européen et co-président du Parti de gauche a obtenu 28 251 voix (soit 59,12 %) contre 17 594 voix (soit 36,82 %) pour André Chassaigne, député du Puy-de-Dôme, ancien président de l’ANECR (Association des élus communistes) et partisan du Front de Gauche et 1 944 voix (soit 4,07 %) pour Emmanuel Dang Tran (hostile au Front de Gauche).

Il conviendra sans doute au candidat choisi de tenir compte du fait que plus de 40 % du plus important parti du Front de Gauche préférait un autre candidat. La direction nationale du PCF n’avait pourtant pas ménagé ses efforts pour obtenir ce résultat allant jusqu’à faire en sorte que sur le document d’envoi aux fédérations, le cartouche portant le choix numéro 1 de Jean-Luc Mélenchon était beaucoup plus grand que celui dévolu au choix numéro 2, André Chassaigne !

Cette désignation du candidat du Front de Gauche va permettre à ce rassemblement de commencer sa campagne électorale alors que la plupart des candidats de gauche et de droite ne sont pas encore connus. Se déclarant candidat de la rupture avec les politiques néolibérales et porteur d’un projet politique se référant au modèle laïque de la république sociale, il va donc tenter de rassembler une partie significative du Non de gauche au Traité constitutionnel européen (le non de gauche représentait 31,3 % de l’électorat sur les 55 % du non du 29 mai 2005).

Tout d’abord, convenons que pour les républicains de gauche que nous sommes, c’est la première fois depuis longtemps que cette sensibilité sera présente lors de l’élection présidentielle. Et après la candidature de Jean-Pierre Chevènement, en 2002, qui n’était pas une candidature républicaine de gauche du fait de sa stratégie d’alliance dite des « républicains des deux rives »1, c’est une bonne nouvelle !

Ensuite, Jean-Luc Mélenchon est un candidat de rassemblement qui a milité pour le non de gauche. Ceci est d’importance, car aucune politique républicaine n’est possible dans le carcan néolibéral du Traité de Lisbonne. Bien sûr, Arnaud Montebourg, candidat à la primaire socialiste, a aussi milité pour le Non de gauche et a donc aussi notre sympathie, mais malheureusement pour lui, il n’a pas le soutien de toute la gauche du PS : Benoît Hamon et Henri Emmanuelli ont préféré soutenir Martine Aubry, candidate du oui de gauche, artisan avec Lionel Jospin et Dominique Strauss-Kahn de la baisse des salaires de millions d’ouvriers et d’employés avec la deuxième loi sur les 35 heures et l’une des responsables de la montée du refus de soins pour cause financière chez les couches populaires (de 17à 23 % suivant les études) à cause du bas plafond de la CMU qui a placé de nombreux ouvriers et employés sans complémentaire santé dans un moment de recul des prises en charge de la Sécu.

Enfin, Jean-Luc Mélenchon développe une posture de rupture par rapport à la droite et à l’extrême droite sans se complaire dans le conformisme néolibéral d’une bonne partie du PS.
Bien sûr, certains mettent en avant que Jean-Luc Mélenchon a déclaré que le traité de Maastricht était « un compromis de gauche »2, qu’il a été d’une mansuétude incroyable avec le gouvernement Jospin qui a le plus privatisé et qu’il n’a jamais émis des critiques fortes sur les années néolibérales de François Mitterrand.
Et bien, nous pensons que nous ne pouvons pas tenir rigueur toute une vie des erreurs du passé. Tout le monde peut évoluer, c’est le propre de la condition humaine.
Ce qui compte aujourd’hui, c’est sa position dans la bataille de la présidentielle de 2012.

Face à la droite néolibérale, il sera sans doute, par son positionnement, le candidat le plus crédible pour parler aux couches populaires (ouvriers et employés, représentant 53 % de la population française) qui aujourd’hui choisissent d’abord l’abstention et secondairement le vote nauséabond du Front National. Il sera le seul candidat de rassemblement alors que les autres candidats de l’extrême gauche sont pour le repli sur soi. Il sera donc le plus crédible des antilibéraux.

Bien évidemment, autant nous pensons que dans les institutions actuelles, l’élection présidentielle est d’importance (trop à notre goût) autant nous pensons que nous devons marcher sur nos deux jambes : participer à la campagne de l’élection présidentielle, mais aussi développer les fronts de résistance et l’éducation populaire tournée vers l’action.

Reprenons alors une idée de Jean-Luc Melenchon : allier la bataille des urnes avec celle d’une société mobilisée !

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 20:26

Résistants d’hier et d’aujourd’hui pour défendre la République menacée

L’extrême droite fustige les « Résistants d’hier et d’aujourd’hui » comme les pétainistes le firent, nommant terroristes tous les Républicains.
Quelle est la lignée des indignés et quelle est la lignée du FN de Marine LEPEN ou de la nouvelle droite, qui s’inscrivent dans la continuité de leur tradition respective qui demeure et demeurera ?

Les indignés sont les héritiers des révolutionnaires de 1789, les meneurs de l'extrême droite sont les héritiers des prétendus nobles ou prétendus rois de l’ancien régime.

Notre Révolution a été sans interruption combattue, une partie de nos prétendus aristocrates s’alliant aux rois de l’Europe pour abattre la République française. Ces "aristocrates" là traitres à notre peuple ont été vaincus, mieux encore, notre Révolution déstabilisait les autres royautés qui peu à peu furent défaites.

 

Parmi les ennemis étrangers de notre Révolution, il y avait les ancêtres hongrois de M de SARKOZY DE NAGY. C’est lui que les Français sont allés chercher pour découvrir un peu tard qu’ils avaient mis au pouvoir un anti Républicain qui a même eu le culot de dénigrer l’instituteur du service public français par rapport au curé (son directeur de conscience, réactionnaire et catholique) s’imaginant imposer à tous la prédominance de sa propre religion. Il a bien sûr tenté aussi, pour donner le change, de s’approprier la Résistance Française tout en la méprisant : Voir les articles

Résistance instrumentalisée : Guy Moquet trahi
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=45

et Résistance instrumentalisée : CAMUS
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=88

et encore Résistance instrumentalisée : BLOCH
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=94


Ces tentatives d’usurpation ont provoqué l’indignation des anciens Résistants, d’autant plus que le comportement de SARKOZY aux GLIERES fut une véritable insulte à la Résistance : Voir Résistance instrumentalisée : Vulgarité sarkozienne
http://chessy2008.free.fr/news/news.php?id=74

Monsieur HESSEL, (1) ancien résistant, a donc lancé une riposte, son groupe de « Résistants d’Hier et d’Aujourd’hui » inquiète les contre révolutionnairees de l’UMP ou du FN. Les indignés s’organisent en de multiples réseaux qui échangent, se réunissent, grossissent, dans les valeurs de la Résistance et de la République.

Revenons en à ce courant républicain qui s’est tant développé depuis 1789. Il fut l’artisan des révolutions suivantes, puis de la conquête de la laïcité, de l’école laïque, puis de plus de justice sociale en 1936, il fut le Conseil national de la Résistance qui aboutit en 1945 aux nationalisations et à la France florissante qui suivit dans les 30 glorieuses, aux congés payés, plus tard à la semaine de 40 h, puis de 35, à la Sécurité sociale et à un système de soins qui fut le premier du monde à assurer la même qualité pour tous, riches ou pauvres, jeunes ou vieux (on n’en est plus là).

En face de ce courant, il y avait et il demeure le courant contre révolutionnaire. Celui qui restaura royautés et Empire, celui qui combattit la République sociale qu’ils appelaient "la gueuse", celui qui profita de l’invasion allemande pour casser la République, PETAIN restaurant l’enseignement obligatoire des devoirs envers dieu à l’école publique (neutre car laïque avant et après lui), PETAIN qui cassa notre devise Liberté, Egalité, Fraternité pour la remplacer par les mots Travail Famille Patrie, qui certes font partie de la République mais étaient déjà contenus dans la devise effacée...que nous ferions bien de remettre à l’honneur et déjà au fronton de nos écoles publiques.

Dans ce courant contre révolutionnaire il y a le culte du Front national envers Jeanne d’ARC, celle qui soutenait le trône royal et la religion catholique de l’ancien régime. Des nostalgiques, des réactionnaires.

La France vit avec ces deux courants. Des élus de la République oeuvrent régulièrement pour la détruire. Mais le courant prétendus nobles/ pétainistes/sarkoziens et papistes politiques/royalistes et Front national qui a profité de la mondialisation pour casser la fonction publique, la Sécurité sociale, pour privatiser et brader nos entreprises publiques florissantes se voit aujourd’hui menacé par la renaissance de la Résistance révolutionnaire qui comme en 1789 se répand hors de nos frontières.



(1) Stéphane Hessel, auteur d'Indignez-vous (Editions Indigène) un petit pamphlet vendu à plus de 300 000 exemplaires (Source Edistat) depuis sa parution fin octobre, est au cœur de maintes discussions dans tous les milieux.

Il avait rejoint le Général de Gaulle à Londres en mars 1941, il revint en France pour une mission, et où il fut arrêté pour être déporté à Buchenwald.

Il est directeur administratif au secrétariat général des Nations Unies à New York de 1946 à 1950. En 1948, il est nommé secrétaire de la Commission des Droits de l'Homme des Nations Unies et il participe à la rédaction de la Déclaration universelle des droits de l'homme.
 

C'est sur les valeurs de cette déclaration de 1948, ainsi que sur celles du Conseil National de la Résistance, qu'il va fonder ses engagements d'après-guerre en faveur d'une "véritable démocratie économique et sociale, impliquant l'éviction des grandes féodalités économiques et financières" (Indignez-vous, p10).

 

Comme le fut le Conseil national de la Résistance, on peut considérer qu'il est à gauche, mais pas mal de gens de droite sont également sociaux et républicains. Il faut donc oublier ce clivage électoral qui divise arbitrairement les Français.
  

Ce mouvement avec lequel il faut compter, qui rassemble des citoyens républicains indignés de l’évolution rétrograde du monde, porte en lui la fameuse identité française, qui n'est ni l'exclusivité de la gauche ni celle de la droite, de l'identité française issue de la Révolution, qui est sa république laïque avec se devise qui a fait le tour du monde.

Barratier

 

NDLR..Même si République et Socialisme est fondamentalement à gauche, les atteintes contre les valeurs de la République sont si importantes aujourd'hui qu'il était bon de signaler l'existence de ce mouvement qui est le reflet d'une vague de fond à venir.

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21 juin 2011 2 21 /06 /juin /2011 08:52

 


Grèce, primaires, G20 : l'inquiétude se propage en Sarkofrance

L'inquiétude semble générale. Des ministres des finances de la zone euro ne sont pas parvenus à jouer, une fois de plus, les pompiers-mercenaires à l'égard de la Grèce.

A Paris, Nicolas Sarkozy demande notes et idées pour contrer l'éparpillement de son camp. Son ministre de l'agriculture et, accessoirement, grand ordonnateur de son programme présidentiel pour 2012, s'inquiète des désaccords au sein du G20 en matière de régulation des prix agricoles. Jean-François Copé, son collègue exécutant de l'UMP, s'inquiète d'un éventuel succès des primaires socialistes cet automne.

Quand on stresse, il faut faire peur à l'adversaire. C'est la prochaine étape.

La zone euro, inquiète
La Grèce sera-t-elle en faillite cet été ? Et après... qui suivra ? François Hollande, qui s'imagine un destin national très prochainement, a prédit que l'euro pourrait disparaître dans quelques mois.

Les ministres de la zone euro sont inquiets mais sont restés fermes, ... ou aveugles. Dimanche, à la Grèce qui remaniait son gouvernement pour sortir d'une impasse politique et populaire, ils expliquèrent qu'ils ne feraient d'effort supplémentaire pour lui permettre d'honorer sa dette jusqu'en 2014 à condition d'un plan de rigueur adopté. Lundi, une nouvelle mission européenne a été dépêchée à Athènes pour obtenir des garanties d'ici la prochaine réunion de l'eurogroup de le 3 juillet. Et le 28 juin prochain, on attend du parlement grec qu'il vote un plan budgétaire pluriannuel 2012-2015 avec 28,4 milliards d'euros d'économies et une vague de privatisations pour 50 milliards.

La Grèce traîne 350 milliards d'euros d'endettement public, pour 230 milliards de PIB, des prélèvements obligatoires plus bas qu'ailleurs et un recouvrement de l'impôt largement insuffisant pour cause de fraude en tous genres. On comprend aussi que les Etats-membres de la zone euro aimeraient voir la Grèce réduire son secteur public ou le poids de ses dépenses militaires; que l'Eglise orthodoxe soit (enfin) un peu taxée sur son immense fortune.

Mais les donneurs de leçons sont aussi ceux qui ont couvert, en connaissance de cause, cette immense tromperie. Les fraudeurs ne sont pas uniquement ceux que l'on croit : les banques occidentales, en en premier lieu les françaises avec 64 milliards de créances, sont largement exposées, après des années de prêts aux intérêts juteux largement couverts par les Etats-membres trop heureux d'afficher une zone euro en pleine expansion...

Le Maire, inquiet
Bruno Le Maire est inquiet. Le ministre de l'agriculture est persuadé qu'il sera très difficile de faire un quelconque progrès en matière de régulation lors des rencontres du G20 agricole cette semaine. Il y a 8 jours, Nicolas Sarkozy donnait quelques leçons à ses collègues lors d'un déplacement expresse à Bruxelles (« Nous n'avons pas le choix. Nous devons agir, et agir tout de suite ! ») puis, à nouveau jeudi, devant des agriculteurs européens : ils n'auraient pas le choix que d'opter pour la régulation, et, notamment, d'imposer une meilleure transparence des marchés dérivés de matières premières via une évaluation des stocks.

Quelques jours plus tard, son propre ministre a quelques difficultés à masquer publiquement ses doutesCe sera difficile d'arracher un accord. » Les désaccords sont décisifs : la régulation des marchés dérivés d'abord, qui ni le Royaume Uni ni l'Australie n'apprécient; le partage d'informations sur le stock et la production des produits agricoles de base ensuite : « Ce que les Etats européens n'arrivent pas à faire eux-mêmes il est difficile de le demander à d'autres Etats comme la Chine, comme l'Inde, parce que les outils statistiques ne sont pas forcément disponibles, parce que ca met en jeu des questions de souveraineté nationale très importante ». On a même quelque peine à connaître qui sont les donneurs d'ordre de la spéculation sur les matières premières.

Autre idée française, même la limitation des possibilités de restrictions d'exportation pour l'aide humanitaire fait grincer des dents.

L'Elysée, inquiet
Nicolas Sarkozy inaugurait le salon aéronautique du Bourget, ce lundi. Il donna quelques leçons, sans conséquence, aux participants industriels : « Les guéguerres franco-françaises doivent cesser dans la bonne humeur et sur la base du volontariat, et si ce n'était pas le cas, cela se ferait toujours dans la bonne humeur mais sur la base d'instructions. La concurrence est trop rude, les enjeux sont trop urgents. Il faut décider, décider maintenant et faire des choix ».

Plus tard, l'après -midi, il reçut celle qui avait appris sa non-reconduction par la presse. Anne Lauvergeon, pdgère d'Areva, pendant une petite heure. Lui a-t-il proposé la succession de Christine Lagarde ? Sarkozy pensait à elle pour le poste, en 2007.

Mais à l'Elysée, on avait la tête ailleurs. Le stress est finalement manifeste. « L'après-DSK n'a pas miraculeusement changé la donne à droite » confiait le Figaro, lundi matin. Et on s'affole par note interne interposée, à l'Elysée.

Ainsi dans l'une d'entre elles, communiquée au journal, Jean-Louis Borloo était jugé si insaisissable (« fuyant ») qu'il faut le « laisser tranquille », mais profiter du prochain remaniement gouvernemental après le départ de Christine Lagarde pour le FMI pour nommer un nouveau centriste, idéalement « radical » comme Borloo (le nom du député maire d'Antibes Jean Leonetti est évoqué), et continuer de dissuader celles et ceux tentés de le rejoindre.

Sans rapport avec ce qui précède, la polémique sur le projet de décret gouvernemental de filtrage administratif du Net a pris un peu d'ampleur lundi dans la journée. Même le Conseil National du Numérique, instance patronale créée et nommée par Sarkozy, s'en est inquiète... L'idée, simplissime, était de permettre à une autorité administrative de contraindre l'éditeur d'un site, l'hébergeur voire le fournisseur d'accès internet de faire cesser toute activité comportant à leurs yeux un « risque sérieux et grave d’atteinte à l’ordre public ».. Il s'agirait d'une application de l'article 18 de la loi sur la Confiance dans l'économie numérique (LCEN), votée en 2004.

Copé inquiet
Cela fait plusieurs fois que Jean-François Copé s'attaque aux primaires socialistes. A l'UMP, on n'aime pas l'idée qu'un « grand » parti puisse organiser des primaires. Le sieur Copé se place sur un terrain faussement légal : les socialistes auraient besoin des listes électorales pour organiser leurs primaires. Copé dénonce ainsi un «
gigantesque fichage politique », il insiste sur le « vrai problème » qu'elles constitueraient. D'ailleurs, Claude Guéant avait les mêmes éléments de langage en bouche, un « vrai problème », devant quelques journalistes du Monde et de i-Télé le même dimanche.

Le fichage, l'UMP s'y connaît. On se souvient de mai 2009, quand Xavier Bertrand, alors prédécesseur de Copé à la tête de l'UMP, avait envoyé un courrier aux restaurateurs, adhérents ou non de l'UMP, juste après la réduction du taux de TVA. On se souvient aussi comment la fiche policière d'un candidat socialiste dénommé Ali Soumaré avait été largement consultée puis utilisée par ses concurrents UMPistes lors du scrutin régional de mars 2010.
Copé, donc, sait parfaitement tout le mal que l'on peut faire avec un fichier pour un usage politique.

La primaire socialiste ne devrait pas inquiéter le secrétaire général de l'UMP, désigné - rappelons-le - par Nicolas Sarkozy dans son bureau élyséen en novembre dernier. Pour y participer, il faut s'inscrire, payer 1 euro, et signer une « adhésion aux valeurs de gauche ». Honnêtement, c'est pas bien méchant. D'autant plus que le PS, qui avait obtenu les assurances préalables de la CNIL, de la Commission de financement des comptes de campagnes, et ... du ministère de l'intérieur que l'organisation de telles primaires étaient légalement possible.

Juan Sarkofrance

NDLR...: Dans l'ensemble nous partageons l'analyse de Juan, sauf en ce qui concerne les primaires du PS, et ce pour plusieurs raisons. La première est que participer à des élections ou l'on paie est antidémocratique, même si il ne s'agit que d'un euro symbolique, mais il est exact que Terra Nova nous a précisé que les socialistes n'avaient pas besoin des ouvriers pour assurer leur leadership. La seconde c'est que ce type de primaire conforte le régime présidentiel qui par essence est anti-républicain. La troisième, c'est que ce type de primaires, dont l'objectif est de ratisser large, a pour objectif inavoué d'éliminer dans les esprits des électeurs les autres candidats de la gauche comme celui du front de gauche. Voilà pourquoi nous n'irons pas voter aux primaires.

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20 juin 2011 1 20 /06 /juin /2011 09:18

2012 : Sarkozy reste excessivement nerveux

 

Samedi, 18 juin oblige, Nicolas Sarkozy devait se montrer sur le mont Valérien, pour célébrer la mémoire de quelques uns des premiers résistants tués par l'occupant nazi, après l'appel du général de Gaulle. Le monarque était souriant. Dans la presse, on nous livrait les traditionnels sondages qui  désormais nous explique qu'il « remonte », et les articles habituels nous assurant qu'il est « confiant ».

Ces descriptions font peine à voir.

Story-telling inefficace
Remonte-t-il ? Nicolas Sarkozy est comme un spéléologue coincé au fond d'une cavité qui viendrait de se dégager un pouce. Sa « cote » de popularité sondagière oscille entre 28 et 32% d'opinions favorables. C'est bien. On applaudit.

Sur l'autre élément de langage - la sérénité de Nicolas Sarkozy -, répété par tout ce que compte la Sarkofrance de journalistes paresseux et d'idolâtres sarkozyens, on croirait, depuis un mois déjà, lire le même article à longueur de semaines, comme si un communiquant élyséen s'était chargé d'échelonner sa publication sur plusieurs semaines dans différents médias.

Sarkozy est si confiant qu'il reste sur-actif pour gérer sa campagne, rappeler qu'il est le chef. Trois exemples récents illustrent combien ce n'est pas toujours facile.

Rappeler qui est le chef
Anne Lauvergeon a été mitterrandiste dans le siècle d'avant. Ou plutôt, elle a bossé pour l'ancien président. Depuis 10 ans déjà, elle présidait AREVA. Dans la gauche socialiste, dès que sa non-reconduction à la tête d'AREVA fut confirmée, nombreuses furent les critiques contre la décision présidentielle.

Une fois de plus,
Nicolas Sarkozy n'en faisait qu'à sa tête. L'homme est un piètre manager. Le nombre de ses ministres contraints à la démission depuis 2007 pour conflits d'intérêt ou abus de pouvoir est inédit. Il a également découragé nombre de supporteurs. Et pourtant, il se croit tout disposé à choisir, seul, d'évincer Anne Lauvergeon. Depuis 2008, il s'est soigneusement conservé un droit inégalé de nomination de nombre de dirigeants à la tête d'entreprises publiques (audiovisuel public) ... voire privées (Dexia, Banques Populaires, etc).

Dans le cas d'Anne Lauvergeon, on a peine à comprendre pourquoi un troisième mandat, pour une activité aussi « long-termiste » que l'exploitation de l'atome, fut finalement rejetée par Nicolas Sarkozy : Lauvergeon était trop « indépendante », laissa-t-on entendre à quelques journalistes. Quel compliment indirect pour son successeur, l'anonyme Luc Oursel ! « Deux mandats, dix ans à la tête d’une entreprise… C’était la fin de son mandat, le gouvernement a pris la décision de nommer à la tête de l’entreprise le numéro deux […].C’est un choix de continuité » a justifié Sarkozy, vendredi, en marge de sa rencontre avec Angela Merkel. En fait, le Monarque, que la rancune visiblement aveugle, n'a pas supporté qu'Anne Lauvergeon refuse le poste de ministre des Finances qu'il lui avait proposé en mai 2007, quand l'ouverture politique était à sa mode.

Ne pas se laisser déborder
Il s'est fait griller la politesse. Trois jours avant sa décision de démissionner, Rama Yade expliquait publiquement à la télévision combien elle adorait sa mission d'ambassadrice à l'UNESCO. Prévenue qu'elle allait se faire éjecter à plus ou moins brève échéance depuis qu'elle avait rejoint le camp Borloo, Rama Yade préféra partir la première.

Nicolas Sarkozy a toujours considéré que Rama Yade était sa
créature. Il avait quelque raison. S'il ne lui avait permis de monter sur l'estrade de l'un de ses meetings de campagne en 2007 puis, une fois élu, donné un strapontin ministériel, Rama Yade ne serait sans doute pas grand chose. L'ancienne secrétaire d'Etat aux droits de l'homme puis aux Sports n'eut comme faits de gloire que quelques prises de position symboliques de jeune femme boudeuse et irréfléchie.

Jeudi, elle s'est épanchée chez David Pujadas (France 2) : « j'ai voulu reprendre ma liberté de parole ».

Rassembler si possible
Après un score ridicule aux élections présidentielles (1,1% des voix), il avait rejoint la « majorité » sarkozyenne, en août 2009. Chasse Pêche Nature Traditions avait fait liste commune avec l'UMP aux élections régionales de 2010. Nicolas Sarkozy l'avait même reçu à l'Elysée, ce Frédéric Nihous, président du mouvement.

Le Monarque cherchait à coaguler autour de lui toutes les composantes de la droite. Puis, vendredi 17 juin, patatras ! Voici que même Nihous a des velléités d'indépendance : il a annoncé sa candidature à la présidentielle. Motif ? « Aujourd'hui, un thème qui n'est pas représenté par un candidat à la présidentielle n'existe pas aux yeux des médias et des pouvoirs publics ». Or, « nous sommes victimes de la condescendance et des préjugés d'un certain microcosme audiovisuel parisien, qui considère les habitants des zones rurales comme des "péquenots"».

Quarante-huit heures plus tard, le Figaro constatait que le comité de liaison de la majorité - ce machin censé conserver sous contrôle sarkozyen les différentes groupuscules de la majorité de 2007 - se délitait avant 2012. 

Contrôler les dérapages
La semaine passée, Jacques Chirac a révélé, enfin publiquement, tout le mal qu'il pensait de son successeur. Le trait d'humour, voici 10 jours, du vieux Chirac dévoilant sa flamme à François Hollande, a été si mal perçu et peu apprécié que Claude Chirac elle-même a dû réclamer audience à l'Elysée pour expliquer le geste de son papa de 79 ans. «J’ai appelé Nicolas Sarkozy le dimanche et il a eu la gentillesse de me recevoir le lendemain. Je trouvais que la situation tournait à l’irrationnel. J’ai pensé que c’était mieux d’aller le voir pour en parler ensemble » a-t-elle confié au JDD.


Dans la famille, on semble flipper. Le procès des emplois fictifs n'a pas commencé. Et Nicolas Sarkozy a très mal pris les quelques confidences chiraquiennes à son égard dans le second tome des mémoires de l'ancien président.

Lundi 13 juin, pendant une Pentecôte que Sarkozy s'était réservée en congé, le candidat reçut la fille Chirac. Et il a obtenu, « la promesse d’une plus grande neutralité de son prédécesseur à l’approche de la prochaine échéance présidentielle », dixit Bruno Jeudy, pour le JDD.

Juan Sarkofrance

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 15:09

Une île au caractère volcanique donne des leçons de démocratie numérique

Si les regards actuels sont légitimement tournés vers les pays du pourtour méditerranéen, et prioritairement la Grèce, une révolution plus silencieuse est en train de naître sur une île en plein Océan Atlantique. Une île ayant une réputation sulfureuse, c'est le moins que l'on puisse dire au vu de son activité volcanique récurrente, mariant la beauté de ses paysages naturels à d'audacieuses initiatives numériques. L'effervescence Islandaise pourrait bien avoir à terme des répercussions au-delà de ses côtes...

L'Islande attira l'attention du monde à de nombreuses reprises ces derniers mois, plus que toutes les années précédentes : que cela soit pour les perturbations du transport aérien Européen avec le réveil de l'Eyjafjöll en 2010 ou du choc de la crise financière mondiale l'ayant frappé de plein fouet en 2008 [1].

Cette île d'origine volcanique s'étalant sur 103,001 km² est réputée pour être une très ancienne terre d'asile depuis ses premiers colons. Elle a forgé un peuple fier de ses origines mais aussi têtu quant à son particularisme, lequel s'enorgueillissant d'avoir disposé de l'Althing, la plus ancienne assemblée populaire existante au monde.

C'est aussi conscients de leurs faibles ressources naturelles (hors l'énergie géothermique et hydraulique) que les Islandais ont opté certes vers une financiarisation de leur économie qui allait les perdre (mais qui leur permit cependant de bénéficier d'une prospérité leur offrant les moyens de consolider ou créer de nouvelles infrastructures sur le territoire) tout comme un intérêt accru pour les nouvelles technologies de l'information et de la communication.

La meilleure illustration quant à ce dernier point étant la fameuse initiative législative International Modern Media Institute visant à faire de l'Islande une île favorable aux investisseurs comme aux défenseurs de la liberté d'expression. Coup double : se donner une image flatteuse devant le reste du monde et les acteurs professionnels ou amateurs des nouvelles technologies ; créer les ressources économiques de demain, en combinant respect de l'environnement et confiance dans le progrès.

Ce faisant, un autre élément allait encore renforcer le lien unissant l'île aux nouvelles technologies : la crise financière [2] et le référendum ayant décidé en 2010 (réitéré en 2011) de ne pas faire porter sur les contribuables insulaires la faillite de la banque IceSave, suscitant l'ire des Pays Bas et surtout de l'Angleterre. Les deux principaux clients commerciaux de l'Islande, lésés à travers les filiales de la banque spoliant nombre de clients locaux de leurs investissements. La majorité écrasante de 93% (59% lors du second référendum) désavoua non seulement le gouvernement en place mais aussi renforça les objurgations de nombreux acteurs financiers de haut rang peu acoutumés à ce qu'un peuple lui tienne tête.

Cette rebuffade allait avoir en effet une conséquence particulière : la prise de conscience de la nécessité d'une nouvelle constitution dont la rédaction entrerait dans les mains non de professionnels du droit mais entre celles de citoyens s'étant portés candidats pour faire partie de l'assemblée constituante.

L'objectif et les modalités de fonctionnement de cette assemblée sont décrits sur le site officiel :

The role of the Constitutional Council is to discuss the Constitutional Committee Report and prepare a bill about a revised constitution, taking into consideration the results of the National Forum 2010. The Constitutional Council decides which parts shall be revised and/or suggests new provisions or chapters be added to the current Constitution. The Constitutional Council has three to four months to complete its role and is comprised of 25 delegates.

When the Council has come to an agreement about a bill about a revised constitution the bill will be sent to Althingi for processing. The revised constitution does not come into force unless the requirements of the current Constitution are fulfilled and these requirements state that Althingi has the final word with voting between two discussions.

Là où le sujet devient encore plus passionnant c'est l'immixtion des nouveaux médias sociaux que sont Facebook, Twitter, Youtube et Flickr : tous étant référencés sur le site officiel avec un encouragement adressés aux citoyens Islandais de participer activement l'élaboration du texte final par cette entremise.

Si le principe d'assemblée constituante ne saurait être novateur, encore que composé de citoyens lambda cela est déjà remarquable, le fait d'opter pour des moyens de communication modernes est à porter à l'actif de ce peuple là où des gouvernements de par le monde oeuvrent en sous-main pour brider leur emploi, au mépris de la liberté d'expression, de l'accompagnement du progrès technique mais aussi des opportunités économiques.

Birgitta Jónsdóttir est déjà devenue la pasionaria de ce mouvement de fond. Elle, poète à l'instar des skaldes scandinaves, symbolise mieux que quiconque cet attachement rafraîchissant de la souveraineté populaire à travers cette révolution technologique couplé à un nécessaire besoin de réformes drastiques en pleine tourmente politico-financière [3].

L'Histoire retiendra bientôt que c'est en Islande qu'aura été ébauchée la première e-constitution née de l'intelligence collaborative numérique. Un exemple à suivre et qui démontre qu'Internet est devenu la courroie des mouvements de ce monde, n'en déplaisent aux contempteurs du progrès.

Yannick Harrel

  Le site officiel Stjórnlagaráð
La page Facebook officielle : Stjórnlagaráð

[1] Une crise qui allait la forcer à demander l'amorce de négociations afin de devenir membre à part entière de l'Union Européenne et se placer sous la protection de l'Euro. Lesdites négociations débuteront le 27 juin 2011.
[2] Pour une analyse circonstanciée, se rendre sur l'article de Wikipédia : 2008–2011 Icelandic financial crisis
[3] Marianne lui consacrant tout un billet en son édition du 15 juin 2011 sous la plume de Flore Vasseur.

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 13:16

Contrat de travail unique : La précarité organisée ?

 

Selon l'association nationale des DRH : Il existerait en France des salariés en CDI hyper protégés qui empêcheraient les précaires en CDD de trouver leur place. Il serait donc urgent de précariser l'ensemble des salariés par un contrat de travail unique !

Le 1er novembre 2010, nous écrivions : « Trop de chômage et pas assez d'emplois. La gauche avait initié le concept du partage du travail au travers des 35H00. La droite, bien aidée en cela, par ses fondations et think tanks libéraux tiens à son idée : Flexibiliser à tous prix le contrat de travail et ainsi, partager le chômage entre tous ! » C'est au tour de l'association nationale des DRH de reprendre à son compte cette demande formulée par la Fondation Montaigne

Tout le monde le reconnaît : Depuis l'adoption de la rupture conventionnelle, il est assez facile de se séparer d'un salarié en CDI quelque soit son ancienneté.

Seulement, cette rupture ne peut s'obtenir, qu'après homologation et, bien entendu, dans la mesure où le salarié, est effectivement d'accord. Si ce n'est pas le cas, on s'oriente vers une procédure au tribunal des prud'hommes. Procédure, qualifiée par Laurence Parisot de : « facteur d'insécurité pour les entreprises » !

Du coup, depuis des décennies, les organisations d'employeurs affirment que ces protections pour les salariés sont un obstacle à l'embauche et que : « Faciliter le licenciement incite à recruter »

Quelques exemples ?

Yvon Gattaz, alors président du CNPF (ancêtre du Medef) qui avait annoncé que la suppression de l'autorisation administrative de licenciement se traduirait par la création de 400 000 emplois

Ernest Antoine Seillière, a aussi usé de l'équation simple : « pouvoir licencier en toute sécurité, c'est pouvoir embaucher plus facilement »

Et surtout : La suppression de la contribution Delalande qui était un obstacle à l'embauche des plus de 50 ans !

Avec les résultats qu'on connaît aujourd'hui !

L'effet rupture conventionnel ayant atteint sa vitesse de croisière, mais restant insuffisant, en termes de flexibilité, quoi de plus naturel d'entendre Jean-Christophe Sciberras, président de l'association des directeurs des ressources humaines, proposer, à l'occasion de leur assises nationales, où l'on va débattre, en présence de Xavier Bertrand de : « L’urgence de l’innovation sociale » l'extension à l'ensemble des salariés d'un contrat de travail unique !

Ainsi, selon Jean-Christophe Sciberras, les salariés en CDI seraient la cause du chômage des moins de 25 ans : « (...) Près d’un quart des moins de 25 ans sont au chômage et voient la perspective du CDI comme voie d’entrée principale vers l’emploi se raréfier. Il est aujourd’hui urgent de mettre un terme à un système complexe et rigide en ouvrant enfin de nouvelles pistes d'action pour une insertion durable des jeunes en entreprise (...) »

En gros, à défaut de sécuriser les plus jeunes, « insécurisons » tout le monde ! Mais, quelles sont ces : « pistes d'action » ?

Le CTU : « (...) ce contrat de travail unique s’énoncera sans référence au temps ; il sera par nature à durée indéterminée et se substituera à tous les CDI, CDD, contrats de missions, contrats saisonniers, actuellement en vigueur (...) »

Et en cas de licenciement ? : « (...) Les motifs de rupture seront alors la faute du salarié, la rupture d’un commun accord, ou la fin de l’activité sur laquelle ce salarié avait été affecté. Ce contrat à durée indéterminée pourrait être rompu assez facilement, du moins au début, la sécurité du salarié se renforçant au fur et à mesure que son ancienneté progresse dans l'entreprise (...) »

L'idée n'est pas vraiment nouvelle, écrivait déjà, le site web chefdentreprise en octobre 2007 : « Elle a été lancée en 2004 par les économistes Pierre Cahuc et Francis Kramarz, puis reprise par Michel Camdessus, ancien directeur du FMI. (...) En cas de licenciement, les exigences juridiques pesant sur l'entreprise seraient allégées (plus d'obligation de reclassement interne ou externe et le juge ne pourrait plus vérifier l'existence d'un motif économique) . Un allégement toutefois compensé par le paiement, au moment du licenciement, d'une indemnité proportionnelle à l'ensemble des salaires versés tout au long du contrat de travail (...) Et c'est ce que déplorent les associations patronales, qui trouvent ce contrat encore trop rigide pour être unique (...) »

Débat, relancé lors de la tentative de mise en place des CNE et CPE (2007). A cette époque, le syndicat Sud expliquait : « (...) les CDD et intérim ne représentent que 12 % des emplois et l’on voit bien du coup la bonne affaire pour le MEDEF consistant à précariser près de 90 % des salariés pour, prétendument nous le verrons, en « sécuriser » 12 %. En effet le salarié en CDD est quasi inlicenciable entre les dates de son contrat, ce qui n’est déjà pas le cas avec le CDI actuel et qui ne le sera plus du tout avec le Contrat de Précarité pour Tous (...) »

Certes, Nicolas Sarkozy qui avait inclut le contrat de travail unique à droits progressifs dans son programme l'a oublié en cours de route. Et, à quelques mois de l'élection présidentielle, il paraît peu probable, que celui-ci prenne le risque, de se mettre à dos, les électeurs salariés.

Mais dans la mesure où, comme le fait remarquer Le Figaro : « (...) Nul doute que le ministre du Travail, qui avait défendu l'idée d'un contrat de travail unique comme porte-parole du candidat Sarkozy, accueillera cette proposition d'un bon œil (...) » il n'y aurait rien d'étonnant que cette mesure puisse ressurgir, en cas de réelection de Nicolas Sarkozy et de l'UMP en 2012 !
Slovar


Crédit photo
Relations sociales

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17 juin 2011 5 17 /06 /juin /2011 10:23

BANDES AUDIO DU COLLOQUE "QUE FAIRE DE L’UNION EUROPÉENNE ?"

Par le Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP).

Le 16 juin 2011
.

Le 11 juin 2011, le M’PEP a organisé à l’Assemblée nationale un colloque sur le thème : « Que faire de l’Union européenne ? ». La retranscription des bandes audio est désormais disponible sur le site du Internet du M’PEP. Les vidéos seront mises en ligne progressivement.

Pour écouter les interventions et les débats, cliquez sur les titres en bleu.

 


TABLE RONDE « QUE FAIRE DE L’UNION EUROPÉENNE ? » :

Intervenants :

  • Bernard Cassen, secrétaire général de l’association Mémoire des luttes, président d’honneur d’Attac
  • Frédéric Lordon, directeur de recherche au CNRS.
  • Jacques Nikonoff, porte parole du M’PEP, professeur associé à l’Institut d’études européennes de l’Université Paris 8, ancien Attaché financier à New York.
  • Jacques Sapir, directeur d’étude à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales
  • Emmanuel Todd, historien, ingénieur de recherche
http://www.m-pep.org/IMG/mp3/Colloque_QueFairedeLUE11juin2011_Debat3.MP3


Tous les enregistrements sont accessibles également en cliquant ici

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