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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 13:33

de la TVA sociale à Jeanne d'Arc, Sarkozy franchit le pas

Le clou du spectacle fut ce 600ème anniversaire de Jeanne d'Arc. Un machin incroyable qui clôturait une semaine riche en voeux et en polémiques.

On ne connaît pas avec certitude la date ni même l'année de naissance de Jeanne d'Arc. Un site catholique s'en inquiétait encore cette semaine. Mais Nicolas Sarkozy a l'habitude des hommages hors date. Il nous avait fait le coup l'an dernier avec le 100ème anniversaire de Georges Pompidou, célébré en grandes pompes... hors date.

Ce vendredi 6 janvier, jour de l'épiphanie, Nicolas Sarkozy n'était plus tout à fait le président d'une République laïque. Jeanne la Pucelle est bien sûr un symbole national qu'il est très opportun de célébrer à 107 jours du scrutin présidentiel. Elle eut d'ailleurs sa plaque commémorative à la mairie de Domrémy-la-Pucelle, puisqu'elle est devenue «l'incarnation des plus belles vertus françaises, du patriotisme », dixit notre Monarque.

Mais ce dernier avait aussi choisi de se recueillir seul dans l'église du village natal de Jeanne d'Arc. Le 22 décembre dernier déjà, il s'était distingué d'un dîner avec de jeunes prêtres catholiques, largement relayé par le Figaro.Nous fûmes fascinés par ce besoin soudain de générosité chrétienne. En janvier 2008, Nicolas Sarkozy expliquait certes déjà que « L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé ». Mais durant l'été 2010, sa traque des Roms - ces gens du voyage souvent chrétien - avait heurté par son outrance indigne la quasi-totalité de la hiérarchie catholique. Depuis, le rétropédalage sarkozyen fut massif, les courbettes nombreuses.

Pour honorer Jeanne d'Arc, Sarkozy eut des grands mots, mais il était là pour de petites raisons : «Puissions-nous aussi continuer à penser à elle comme le symbole de notre unité et ne pas la laisser entre les mains de ceux qui voudraient s'en servir pour diviserIl ne pensait qu'au Front National. Il était accompagné de Gérard Longuet, ce ministre qui s'interrogeait sur le « corps traditionnel français », et de Patrick Buisson, son conseiller ès extrême droite si féru d'histoire. « En cette froide journée de janvier 1412, alors que la Meuse était prise par les glaces, une humble famille de laboureurs fêtait la naissance d'un cinquième enfant »... Buisson avait préparé un discours si lyrique... Sarkozy put évoquer Charles VI « emprisonné dans sa folie », « les voix de Jeanne », ou encore « la petite paysanne illettrée ».

Le lendemain, ce samedi, la frontiste Marine Le Pen s'exhibait à son tour. Jeanne d'Arc était un hochet à disputes.

La semaine avait presque bien commencé. Dimanche 1er janvier, Nicolas Sarkozy avait filé à Metz. Pour ses derniers voeux de mandature le Jour de l'An, il voulait éviter les photos sous les dorures élyséennes. A Metz, il annonça la TVA sociale (c'est-à-dire une augmentation de trois ou quatre points d'une TVA déjà à 19,6% en contrepartie d'une réduction des cotisations patronales). Enfin, presque. Vu le tollé et l'actualité sociale déjà chargée, ses perroquets expliquèrent deux jours plus tard que cette TVA anti-délocalisation n'était qu'une hypothèse de travail. Puis, mercredi, François Fillon assura que la mesure serait votée dès le mois prochain. Il parlait à un colloque sobrement dédié au « Nouveau Monde ». La chose était organisée par un sarkozyste pur jus... un certain Eric Besson.

Lundi, Nicolas Sarkozy avait un agenda officiel vide. Il aime se garder de la souplesse pour réagir. En début de journée, il lâcha à la presse qu'il avait convoqué une énorme réunion de travail avec un quart de son gouvernement pour « sauver » les emplois de Seafrance. Sarko le Zorro était de retour ! A l'issue de cet improbable meeting, notre Monarque avait la solution. Le transporteur maritime était en liquidation depuis la mi-novembre. Mais Nicolas Sarkozy avait choisi la veille d'une audition au tribunal de commerce pour se saisir du problème. Il demanda officiellement à la SNCF de prévoir de grosses indemnités de licenciement aux 880 salariés avant de liquider l'entreprise, afin que ces derniers puissent placer leur pécule de départ dans la SCOP proposée par quelques syndicalistes. Trois jours avant, son ministre des Transports Thierry Mariani expliquait que ce projet de SCOP n'était pas crédible... Mariani était énervé. Non seulement désavoué, il devait partir en fin de semaine en Chine pour labourer sa future circonscription de député des Français de l'étranger du coin.

Bref, le lendemain mardi, les porteurs du projet de SCOP refusèrent bien officiellement la proposition sarkozyenne qui n'était qu'un piège si grossier. Le même jour, Nicolas Sarkozy pensait déjà à autre chose. Il livrait ses voeux aux Armées, en se montrant dans une école navale de Bretagne, photographié les cheveux au vent secoués par les embrunts. Devant les militaires, Nicolas Sarkozy sombra dans un narcissisme assez habituel, en comparant ses décisions aux combats militaires: « Ce poids de la décision, je le porte... comme vous porterez vous-même l'angoisse du combat ». 


Deux jours après, un nouveau scandale troublait ce beau discours officiel. Quelques extraits d'un témoignage d'un terroriste d'Aqmi, la « filiale » d'Al Qaeda au Maghreb, recueilli en novembre dernier était publié par Libération. Ce dernier assura que l'un des deux otages français « a péri brûlé dans le 4x4, qui transportait de l'essence, à la suite des tirs qui l'ont touché. » La famille de l'un des décédés comprit que les soldats français, lors de la tentative de libération des deux otages français capturés au Niger, avaient reçu l'instruction de tuer les preneurs d'otages. Pas de sauver les otages. Nicolas Sarkozy avait donc fait son « devoir ». On eut la nausée. L'élection était-elle à ce prix ?

Lundi, le même quotidien Libération avait rappelé pourquoi Nicolas Sarkozy était bien évidemment au courant du montage fiscal mis en place pour assurer la déductibilité des commissions versées lors de la vente de sous-marins au Pakistan en 1994. Le Karachigate n'était pas terminé. Vendredi, une curieuse ristourne fiscale accordée en 2005 par un autre ministre du budget dénommé Jean-François Copé à un heureux contribuable grâce à l'intervention de Ziad Takieddine, ami de Copé, et « qui lui aurait été demandée par Nicolas Bazire » intéresse la police judiciaire. Fichtre ! Le Karachigate a permis de dévoiler d'incroyables relations... Samedi, l'hebdomadaire Marianne publiait une enquête de Frédéric Martel sur les curieuses largesses financières de Carla Bruni-Sarkozy avec des fonds de la lutte contre le sida en faveur de l'un de ses amis... On s'intéressa aussi, enfin et à nouveau, à Guy Wildenstein, un proche ami de Nicolas Sarkozy objet de nombreuses attentions judiciaires.

Cette semaine, le candidat Sarkozy lâcha enfin quelques promesses, lors de ses voeux au monde de l'Education. La veille, ses sbires s'étaient déchaînés contre François Hollande, prétextant des propos que le candidat aurait tenus en off, mais démentis par le journaliste auteur de la fuite. L'espace d'une semaine, Nadine Morano était devenue une star. Nombre de ministres passaient visiblement plus de temps à Tweeter qu'à bosser.

Aux enseignants, Sarkozy promit mercredi la réduction des moyens, la suppression du collège unique (avec moins de moyens ?) et une meilleure intégration de l'enseignement secondaire ... avec le monde de l'entreprise. Le candidat tentait d'imposer ses thèmes de campagne plutôt que de se voir imposer l'examen de son bilan. Il eut cette phrase malheureuse: « La plus grande des inégalités ne réside pas dans les écarts de richesse ».

Sarkozy reparla aussi de la taxe sur les transactions financières. A 107 jours du scrutin, Nicolas Sarkozy s'est dit qu'il était temps de la faire voter en France, même si ses partenaires européens ne suivaient pas. Il avait enfin mesuré la pauvreté de son bilan au G20.

Vendredi soir, il clôturait le colloque du Nouveau Monde: « la France doit anticiper les transformations du monde ».


Ami sarkozyste, tiens bon. Plus que 105 jours !

Juan Sarkofrance

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 10:38

 - par ddacoudre

« Sale mec » oui notre président est un Sale mec

Ce n’est pas un mot que j’aurais personnellement utilisé car inévitablement, il est entendu péjorativement. C’est comme quand j’écris la plupart des français sont ignorants, je dois toujours préciser que ceci veut dire qu’ils ne savent pas ce qu’ils n’ont pas appris, sinon c’est entendu comme une insulte, et ceux qui me lisent savent que ceci n'effleure jamais ma pensée.

Nous pouvons dire de notre président qu’il est un « sale mec » au regard de son parcours présidentiel, qu’il est détestable, mauvais, indécent, qu'il salit ceux qui l’approchent, et qu'il s’est comporté comme un homme énergique, viril et autoritariste dans l'excés.

Naturellement "pauvre mec" a son acception péjorative celle qu’a choisi dans l’urgence le staff de l’UMP et qui va se retourner contre eux.

Quand la presse internationale convient que notre président et un avide de pouvoir qui a développé une cour gouvernementale, qui a instrumentalisé sa vie familiale, qui a la constance de la négation pathologique, qui se construit sur le leurre permanent, qui n’a aucun respect pour les drames des français qu’il instrumentalise à souhait, nous ne pouvons pas dire que c’est un « bon mec ».

Quand j’ai écrit en novembre 2007 que c’était un illusionniste, je pouvais espérer me tromper, mais quand la presse internationale le qualifie d’affiche publicitaire, on ne peut pas être aussi nombreux d’horizons différents à ourdir un complot pour lui nuire.

Un « bon mec » serait un monsieur qui présente les qualités utiles qu’on en attend ; qui a une valeur satisfaisante. Je pense que cela se passe de commentaire et qu’entre ces acceptions que j’ai combinées pour servir mes fins, il n’y a pas photo.

Alors l’intervention du staff de l’UMP parait tout à fait déplacée au regard des faits ; le besoin d’immédiateté pousse à réagir dans l’urgence, et ce n’est qu’un divertissement polémiste.

Il y en aura d’autres si les candidats ne sont pas attentifs, car l’UMP se servira de toutes les bouées de sauvetage.

Mais c’est un bon intermède pour sélectionner la valeur des uns et des autres. Tous ceux qui dans cette affaire insignifiante, au côté des humoristes, se sont insurgés en père la pudeur indigné, oubliant leurs silences devant les propos indignes, de « casse-toi pauvre con » d’un président, même si l’on oublie de mentionner tous les préfets qu’il virait quand des manifestants traversaient le cordon de sécurité UMPiste, alors aux prochainex législativex ne votez pas pour eux, ce sont aussi de « Sales-mecs »

Mais cette insignifiance est un révélateur qui soulève quelques interrogations.

Il semble que devant la tempête que soulève la presse internationale (que l’on peut visionner à ce lien (http://videos.arte.tv/fr/do_search/videos/recherche?q=Nicolas+Sarkozy) en qualifiant notre président de « saltimbanques », nous pourrions nous attendre à une réaction plus mature et plus réfléchie devant la douche froide qui s’abat sur le président et l’UMP.

Quand dans l’exercice de la fonction suprême l’on est qualifié d’absence de pensée politique, alors que c’est tout le sens de la démocratie, cela signifie que l’on est creux, que ses discours pathétiques n’étaient que du vent fait pour séduire. De faux semblant, et pendant qu’il pleurait sur le sort d’un enfant violé d’une femme agressé, d’un policier ou soldat tué et autres drames, clamant qu’il avait un cœur, il distribuait des légions d’honneurs aux plus riches qu’ils soient de ses amis ou du star système,

Il a déstructuré la police, la justice, l’enseignement, les services de santé et accordait toujours plus aux riches. Alors oui c’est un « Sale mec » mais que dire d’un UMP qui l'a soutenu tout au long de son mandat, tout en voyant tout ce que nous voyons aussi.

Tous se confortaient dans leur ineptie par un dicton de circonstance et d’excuse, « quand l’on dirige l’on ne peut pas être populaire ». Nous pouvons l’admettre, pour quelques situations le peuple n’a pas toujours raison, mais quand c’est en toute chose, celui qui ne s’interroge pas à quelques soucis de fonctionnement cérébral.

Ce dicton est un moyen comme un autre de s’aveugler pour ne pas faire face aux réalités que donnaient les études d’opinions, les sondages, les manifestations, les résultats électoraux, tel un monolithe l’UMP se recroqueville sur son ineffable président, que « Sale mec » vient de qualifier, et enchaine sa dégringolade dans sa suite.

Certes je ne suis plus au fait, et je peux donc me tromper, mais il est inadmissible, sans que cela pose une interrogation sur le fonctionnement de notre parlement, qu’un seul homme ait pu durant cinq années tromper tout le monde sur la valeur de ses actions, sans une complicité aveugle ou une opposition inexistante au sein des députés de l’UMP et des militants umpistes.

J’ai déjà écrit l’espérance d’un « refondement » à droite vers une pensée politique, qu’incarnerait de Villepin, si Juppé n’était pas dans ce gouvernement j’aurais pu le citer aussi, car il ne faut pas se leurrer, et mal interpréter les symptômes.

Ce n’est pas parce que 96% des français veulent réformer le capitalisme, réformer la finance, qu’ils sont anticapitalistes, ou anti financiers, alors que la plupart ne rêve que de devenir milliardaire et de réaliser des plus values d’intérêts, il suffit de regarder l’évolution des jeux d’argent et les placements financiers. En un mot la majorité des français sont de « droite » et dénoncent le capitalisme parce qu’ils n’en sont pas les bénéficiaires. Donc la socialisation du capitalisme, le capitalisme adulte, le capitalisme éclairé à sa place.

C’est pour moi un non sens, mais c’est comme cela, donc je préfère qu’il existe une droite qui développe une pensée politique, à une droite aveugle qui surfe sur les événements et se nourrit de la peur qu’elle entretient.

Quant à d’autres manières de produire, elles se feront jour certainement en abordant toutes les difficultés qu’a créé la marchandisation de l’existence par la monétarisation.

Mais peut-être faudra-t-il se poser des questions de « bon mec », du genre est-ce que la santé doit faire l’objet d’une production à but lucratif, est-il normal de s’enrichir sur le malheur de ses semblables etc. C’est avec ce genre d’interrogation que se construisent des pensés politiques.

Et elles existent quand des hommes disent lutter contre l’exploitation de l’homme par l’homme, ils posent un défi permanent qui impose d’observer nos propres aspirations et désirs dans le miroir des autres.

Nous nous sommes bien éloignés de cela en nous mirant qu’en des places et comptes financiers.

Dans l’éducation et la scolarité il nous faut faire deux choses paradoxales : confiner nos cerveaux dans des usages et savoirs fondateurs afin d’évacuer le doute destructeur, puis les ouvrir à la relativité de ces fondements et savoirs pour accéder à l’incertitude sans peur, et y puiser la créativité, l’imaginaire, l’utopie, l’espérance face à un présent qui éteint nos désirs.

Peu sont ceux qui désapprennent, cela devrait être une partie intégrante de notre enseignement, nous évoluerions peut-être avec moins de drames, certainement avec moins de dogmes et plus de débats, et nous n’élirions pas de « Sale mec ».

construire un psychisme de certitude pour l'apaiser du doute, c’est élaborer un observateur aveugle, ensuite il faut lui retirer la canne blanche qui palpe le monde, sans cela l'on ne peut s'ouvrir à l'immensité des possibilité que nous offrent les 100 milliards de cellules de notre cerveau pour conquérir la seule terre qui vaille, l'incertitude, afin de ne pas tomber dans l'obscurantisme et le dogme par un cerveau bloqué.

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7 janvier 2012 6 07 /01 /janvier /2012 10:31

Besson, Wauquiez, Morano, ces sarkozystes qui perdent leurs nerfs

Mercredi, la rage les aveuglait. Ou le stress. Trois ministres étaient interrogés presque au même moment par trois radios différentes. Et les trois trébuchèrent. Ils s'égarèrent, débordés par leur rage. A l'Elysée, les consignes avaient été fermes. Attaquez François Hollande, encore et encore. Observez bien, même quand ils se retiennent, comme Eric Besson, le naturel revient au galop...

Vous noterez, au passage, l'insistance maline de cet échantillon à titiller leur interlocuteur sur François Hollande.

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Eric Besson, ministre de l'Intérieur, Europe 1, interrogé par Bruce Toussaint. L'interview portait aussi sur la TVA sociale et les centrales nucléaires.

Bruce Toussaint
Diriez-vous qu’il a les qualités d’un homme d’Etat, François HOLLANDE ?
Eric Besson
Moi, je ne veux pas rentrer sur des aspects personnels, j’ai décidé...
Bruce Toussaint
Attendez, vous le connaissez bien, justement, c’est pour ça que je vous pose la question...
Eric Besson
Mais non, parce que ça, c’est totalement subjectif, les forces et les limites de François HOLLANDE...
Bruce Toussaint
C’est une question simple... Tout le monde les connaît..
Eric Besson
Il a les qualités d’un homme d’Etat ?
Il a pris la formule du cardinal de RETZ, que vous connaissez bien : « on ne sort de l’ambigüité qu’à son détriment », tout le jeu de François HOLLANDE, c’est comme ça qu’il s’est construit, c’est de rester dans l’ambigüité le plus longtemps possible. Mais ça, c’est son droit...
Bruce Toussaint
Ce n’est pas la réponse à ma question...
Eric Besson
Oui, mais ma réponse, c’est que moi, je m’intéresse à ce qu’il dit sur le fond.. 
Bruce Toussaint
Mais est-ce que c’est un homme d’Etat, parce que c’est un peu une question que se posent les Français pour cette campagne, ils vont se demander, et vous, vous le connaissez..
Eric Besson
Eh bien, vous la poserez à plus qualifié que moi.
 Bruce Toussaint
Vous êtes parfaitement qualifié pour répondre à cette question.
Eric Besson
Mais non, je le suis moins, et je vous dis simplement que je veux m’intéresser au fond de ses propositions.
Bruce Toussaint
Donc il n’a pas les qualités d’un homme d’Etat ?
Eric Besson
On avait dit qu’on parlerait du colloque « Nouveau monde » que j’organise jeudi et vendredi, il faut que ce soit moi qui amène la transition parce que...
Bruce Toussaint
C’est une nouveauté dans cette campagne présidentielle maintenant, c’est les invités qui posent les questions...

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Sur RTL, un peu avant, le fameux Laurent Wauquiez était sur RTL. Et le voici, à propos de François Hollande. Il bafouille, se contredit, n'ose finalement plus attaquer mais attaque quand même. Laurent Wauquiez patauge, tombe dans la caricature, et on compatit.

Jean-Michel Aphatie
Mais quelquefois, vous attaquez l’homme aussi, son caractère, son incapacité supposée à exercer la fonction...
Laurent Wauquiez
La seule chose que j’attaque, c’est que veut François HOLLANDE, ça fait un an qu’il est en campagne, hier, il fait sa très grande sortie médiatique, il n’y a aucune proposition qui est mise sur la table. François MITTERRAND, au moins, avait 110 propositions, bon, François HOLLANDE, la seule chose qu’il a rappelée hier, c’est dans 110 jours, on a l’élection présidentielle. C’est un candidat qui est en contre, c’est un candidat qui systématiquement sort des très jolis slogans de marketing, par exemple : 2012, le changement. Personne ne peut mettre en face des propositions qui soient étayées. Je voudrais juste prendre un cas très précis.
Jean-Michel Aphatie
Allez-y..
Laurent Wauquiez
Il sort comme proposition majeure, le contrat générationnel, le contrat générationnel, c’est quoi, on en avait d’ailleurs parlé à votre micro à l’époque, c’est le tutorat, que le président de la République nous avait demandé de mettre en place au niveau de la politique de l’emploi, et qui existe depuis maintenant deux ans. Quand on est candidat à la présidentielle, et qu’on sort comme mesure majeure un simple recyclage d’une proposition qui d’ailleurs avait fait l’objet de négociations, et qui est d’ores et déjà en partie appliquée, je me dis: que veut François HOLLANDE. Alors, je crois que, effectivement, le sujet n’est pas sa personnalité, le sujet, c’est juste...
Jean-Michel Aphatie
Mais il a le caractère pour la fonction ou pas ?
Laurent Wauquiez
Mais, moi, je n’ai aucun doute que quand vous vous présentez à une élection présidentielle, c’est parce que vous avez envie d’être président, mon seul problème, c’est que...
Jean-Michel Aphatie
Envie, mais capable ?
Laurent Wauquiez
Eh bien, capable, moi, je juge sur ce qu’il met sur la table, hier, il n’y a encore une fois rien, rien qui a été mis sur la table, c’est tout, c’est la seule chose que je constate.

 

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Nadine Morano, ministre de l'Apprentissage, interrogée par Patrick Cohen mercredi 4 janvier, sur une curieuse polémique. Coincée, elle dévie sur... François Hollande ! La belle excuse !
 
Patrick Cohen
Alors l’emploi justement, c’est votre secteur Nadine MORANO, vous venez d’en parler. LES ECHOS révèlent ce matin une circulaire du ministère du Travail qui vise à accélérer le rythme de signatures des contrats aidés sur le premier semestre, l’idée c’est bien de limiter la casse et les mauvais chiffres du chômage avant la présidentielle ?
Nadine Morano
Mais nous avons dit que nous aiderions les publics les plus en difficulté, je vous rappelle que 500 millions d’euros y ont été consacrés...
Patrick Cohen
Enfin, le nombre d’emplois aidés diminue cette année !
Nadine Morano
Le nombre d’emplois aidés va augmenter.
Patrick Cohen
Cinq cent mille emplois aidés l’an dernier, 400 000 cette année.
Nadine Morano
On en est à 420 000, alors attendez...
Patrick Cohen
Oui, 100 000 de moins que l’an dernier.
Nadine Morano
Attendez les chiffres consolidés. Il y a plusieurs volets dans cette politique d’accompagnement pour l’emploi. Je voudrais rappeler que moi qui suis en charge de l’apprentissage et de la formation professionnelle, il y a des bonnes nouvelles dans notre pays malgré la crise économique et financière, et je voudrais qu’on en parle un peu plus. En 1 an le nombre de contrats d’alternance a augmenté, au mois de novembre, et donc on attend les chiffres consolidés à fin décembre, la semaine prochaine je ferai une communication à ce sujet au Conseil des ministres, nous avons une augmentation de 8,3% de contrats d’alternance dans notre pays. Alors vous voyez, quand François HOLLANDE, lui, dit qu’il veut faire rêver les jeunes, et je pense que le rêve fait partie de la vie personnelle, mais ça ne doit pas être la préoccupation des responsables politiques, les responsables politiques doivent s’occuper de donner les meilleures conditions possibles aux jeunes pour pouvoir entrer sur le marché du travail.
Patrick Cohen
Vous êtes sûr que le mot « rêve » n’a jamais été utilisé par Nicolas SARKOZY ?
Nadine Morano
Ecoutez,         je          ne         pense               que      le          mot     « rêve »...        en         plus, le connaissant, il est plutôt dans l’action, plutôt que dans le rêve, Nicolas SARKOZY !
Patrick Cohen
On vérifiera.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 20:13

Affaire Karachi : les enquêteurs s'intéressent à une ristourne fiscale accordée par Copé

LEMONDE.FR | 06.01.12 |

 

Jean-François Copé, entouré de l'équipe dirigeante de l'UMP, a présenté les vœux du parti présidentiel à la presse à Paris, le 4 janvier 2012.© Rémy OCHLIK /IP3 / Pour Le Monde 

 

La police a mené des investigations sur une ristourne fiscale de quatre millions d'euros accordée en 2005 par Jean-François Copé, alors ministre du budget, à Gérard Achcar, homme d'affaires franco-libanais proche de Ziad Takieddine, l'intermediaire mis en examen dans le cadre de l'affaire Karachi, rapporte Mediapart, vendredi 6 janvier.

 

Les investigations se sont orientées vers M. Copé, ministre du budget de 2004 à 2007 et actuel secrétaire général de l'UMP, car la justice soupçonne Nicolas Bazire, alors directeur de cabinet d'Edouard Balladur à Matignon, d'avoir demandé à Ziad Takieddine d'intervenir auprès de Jean-François Copé pour obtenir cette faveur fiscale pour Gérard Achcar. "C'est la découverte du dossier fiscal de M. Achcar dans les archives de M. Takieddine qui a éveillé la curiosité des policiers de la Division nationale des investigations financières (DNIF)", raconte Mediapart.

 

"ACHCAR ET BAZIRE SONT LOIN D'ÊTRE DES INCONNUS" 

Le site a mis en ligne, vendredi, une lettre de Jean-François Copé, interceptée par la police, évoquant la ristourne fiscale et adressée en juin 2005 à Gérard Achcar. Le document détaille "l'abandon des deux tiers des bases [d'imposition]", ce qui réduit le redressement fiscal de M. Achcar de 6,2 millions d'euros à 2,2 millions d'euros.

Mediapart note par la suite que "MM. Achcar et Bazire sont loin d'être des inconnus l'un pour l'autre", car "le fils du premier a épousé la fille du second en 2007. Et les deux hommes sont, depuis juin 2010, tous les deux administrateurs d'une même entreprise en Côte d'Ivoire, la Société nouvelle de confiserie du Vridi (SNCV)". MM. Achcar et Takieddine partagent en outre le même avocat, Me Richard Foissac.

Nicolas Bazire et Ziad Takieddine ont été mis en examen dans le volet financier de l'affaire Karachi, tout comme Thierry Gaubert, ancien conseiller de Nicolas Sarkozy, et l'ancien ministre UMP Renaud Donnedieu de Vabres. M. Copé, qui a reconnu avoir été invité par Ziad Takieddine pour des séjours avec sa famille à Antibes, à Londres, au Liban et à Venise, assure qu'il n'y a eu aucune contrepartie fiscale à ces vacances payées. L'entourage de l'actuel patron de l'UMP souligne, vendredi, qu'il n'y a "rien de nouveau" et que la lettre en question avait déjà été publiée par Mediapart en septembre.

LeMonde.fr

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 20:02

Vœux d’Eva Joly : réaction de Pierre Laurent

vendredi 6 janvier 2012, par République et Socialisme

Eva Joly dans ses vœux propose un accord de « désistement réciproque » entre elle, François Bayrou, François Hollande et Jean-Luc Mélenchon.

Décidément, la clarté des programmes et des alliances n’est pas le point fort d’Eva Joly. Au cas où elle n’aurait pas lu celui de François Bayrou, je lui rappelle qu’il s’agit en tous points, de la règle d’or à la hausse de la TVA, à un programme d’austérité bien à droite.

Au Front de gauche, ce que nous voulons pour la France, c’est d’une rupture, au contraire, bien à gauche, pas d’une union nationale à la mode italienne sous prétexte d’antisarkozysme.

Pierre Laurent Secrétaire national du PCF Président du Conseil de campagne du Front de gauche,

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 17:52

La France ruinée, démocratiquement

Le sous-développement chronique de nombreux pays du Sud est trop souvent attribué à l’absence d’institutions démocratiques. Le pouvoir politique, délesté de l’obligation de rendre des comptes au peuple, fonctionne en roue libre dans un environnement où prospère la culture de l’irresponsabilité. Les décisions courageuses en matière de développement, nécessitées par l’intérêt général, sont rares. Les acteurs politiques s’emploient à consolider les pouvoirs et la fortune du « maître » du pays, dans le cas d’une dictature, ou l’emprise d’une pognée de privilégiés au cœur du pouvoir, dans le cas d’une oligarchie.

La France, heureusement, n’est pas concernée par cette présentation. Sa Révolution de 1789 lui a permis de se débarrasser d’une monarchie engluée dans la gabegie et de sa cohorte de privilégiés qui se repaissaient sur le dos d’un peuple déjà copieusement dépouillé.

La France à l’abri

Depuis, le modèle démocratique mis en place n’a cessé de s’étoffer au point d’inscrire durablement la France dans le peloton de tête des rares pays au monde dotés d’une infrastructure démocratique particulièrement élaborée. Le Président de la république est élu au suffrage universel direct, mais se retrouve, de fait et de droit, en situation de partage du pouvoir avec des entités nationales[1] et régionales[2] animées par des autorités instituées, comme lui, par voie électorale. Au niveau national, les maires, les conseillers territoriaux[3], les députés (dans leur diversité d’allégeances politiques), tirent, comme le Président, leur légitimité du peuple, ce qui leur garantit de ne pas se retrouver à la merci d’un hypothétique « maître du pays ». Au niveau régional, le Président doit composer avec une Union européenne qui prospère sur le rabotage des souverainetés nationales. Au-delà de l’Union européenne, la France est liée par d’innombrables traités internationaux dont elle ne peut facilement se désengager. Cet environnement particulièrement contraignant place le Président français en situation de ne pouvoir envisager un quelconque règne de nature despotique.

La trame institutionnelle et juridique que cet environnement a générée constitue, depuis, le vallon dans lequel le progrès économique et social a pu prospérer au profit d’un peuple qui a vaincu l’insécurité juridique et l’instabilité institutionnelle. Car la détermination du peuple français à se doter d’institutions solidement démocratiques, dès sa Révolution, a fini par façonner la France à l’image d’un îlot de survie dans un monde incertain où les acquis sont en permanence menacés de fondre comme neige au soleil. Ce qui exclut toute forme de romantisme dans les rapports entre le citoyen et l’élu. Le citoyen nanti qui paie pour assurer le fonctionnement d’une France sûre et solidaire a autant intérêt à se montrer exigeant que le plus modeste des nationaux dont la survie dépend de la stabilité de cette France qui doit rester solidaire. Ainsi, l’élu en charge d’assurer le fonctionnement de cette société démocratique vit dans la hantise d’un homme « tenu à l’œil ». La possibilité pour lui de se laisser aller à des décisions irresponsables ou à des renoncements coupables est exclue aux termes du mandat, contrôlé et limité dans le temps, qui lui est accordé par un électeur dont le vote n’est jamais acquis.

Comment alors, avec un dispositif aussi consolidé de maîtrise du destin, en est-on arrivé à cette angoissante perspective d’une perte, quasi certaine, de la note privilégiée du triple A ? La dette.

L’« indiscipline budgétaire »

Une dette souveraine colossale s’est accumulée depuis 1975 et atteint aujourd’hui des proportions telles que la capacité de remboursement de la France suscite de sérieux doutes dans l’esprit des créanciers. Des décisions politiques ont sûrement été prises ou ne l’ont pas été à temps opportun pour que le pays se réveille avec une ardoise qui commence sérieusement à menacer les acquis de sa souveraineté.

Au rang des décisions qui n’auraient jamais dû être prises figure la loi dite Pompidou-Giscard-Rothschild du 03 janvier 1973 sur la Banque de France[4]. Un projet de loi avait été présenté par Valéry Giscard d'Estaing alors ministre des finances dans le gouvernement de Pierre Messmer sous la présidence de Georges Pompidou. L'article 25 de la loi adoptée par la suite dispose que « le Trésor public ne peut être présentateur de ses propres effets à l'escompte de la Banque de France » ; ce qui se traduit par le transfert aux banques privées du monopole de création monétaire. C’est un sujet indéfiniment polémique[5],[6] mais chacun est tout à fait en mesure de se forger son opinion.

En obligeant l’Etat à se financer par emprunt sur les marchés, cette loi a entraîné le pays dans la spirale des taux d’intérêts élevés. Même si son article 25 a été abrogé par la loi du 04 août 1993, sa substance a été reprise dans le Traité de Maastricht. Le support juridique européen aggrave l’impact de cette loi en vertu du principe de primauté du droit communautaire[7]. Toutes les justifications du bien-fondé de cette loi[8] sont recevables jusqu’au moment où le citoyen se rend compte, de lui-même, que l’Etat doit, depuis, prévoir un budget toujours plus important pour assurer le service de la dette.

La loi de 1973 dont les effets ruineux sont aujourd’hui ressentis de façon implacable, notamment lorsque l’Etat doit s’acquitter d’une véritable rente de plus 50 milliards d’euro chaque année au profit des prêteurs (banques), a néanmoins été adoptée par des autorités démocratiquement instituées (Président Pompidou, Gouvernement Messmer, majorité parlementaire du Centre et de la Droite). Le Traité de Maastricht qui a repris à son article 104 la substance de l’ancien article 25 de cette loi a été ratifié par le peuple français au terme du référendum du 20 septembre 1992. Avec une courte majorité[9], certes, mais le « oui » l’avait tout de même emporté. Le Traité de Lisbonne qui réitère la règle à son article 125 a été démocratiquement ratifié par le Parlement français réuni en Congrès le 08 février 2008.

Au-delà de la question du service de la dette se pose celle de la dette elle-même. Depuis 1975, le gouvernement français n’a jamais présenté un budget en équilibre, ce qui fait dire à certains que la France vit au-dessus de ses moyens. Une pratique gouvernementale constante quelle que soit la couleur politique des élus sortis vainqueurs des élections, et même en périodes de cohabitation.

La perception de la dette d’un Etat n’a évidemment que peu de rapport avec celle d’un particulier. Ce dernier a une durée de vie limitée alors qu’un Etat s’inscrit dans une logique de perpétuité. Il n’existe d’ailleurs pas de norme standard limitant le niveau de la dette d’un Etat. En prenant le PIB comme valeur de référence, on retrouve un Japon prospère et serein avec un endettement à hauteur de 199.7% du PIB[10] alors que la Grèce a failli imploser à cause d’une dette équivalant à seulement 120% de son PIB. Les Etats-Unis, avec une dette équivalant à 93.6 % du PIB, demeurent toujours la première puissance de la planète et empruntent d’ailleurs moins cher sur les marchés financiers que la France en pleine panique avec une dette autour de 90 % du PIB. Mais la panique de la France et le désarroi de la Grèce donnent l’occasion de rappeler qu’une dette reste une dette ! Elle est destinée à être remboursée.

Cette évidence s’est longtemps évaporée pour laisser libre cours à des pratiques politiques consistant à toujours promettre plus durant la campagne, le financement des programmes gouvernementaux étant de toute façon assuré par le recours sans limite à l’endettement. Face à la perspective d’une perte quasi certaine du triple A, qui aura pour conséquence l’envolée des taux d’intérêt, voire un engrenage qui pourrait finir dans le scénario du cauchemar grec, avec l’imposition par les marchés d’un technocrate comme chef du gouvernement, la question que le citoyen doit se poser est celle de la facilité avec laquelle les élus engagent le pays dans le gouffre de l’endettement.

Lorsqu’en automne 2008 éclate la crise bancaire et financière dans la foulée de la crise des subprimes de 2007, on découvre que plusieurs banques françaises se sont exposées sur des marchés à risque et que leur faillite est inévitable sans l’intervention des pouvoirs publics. La France croule alors sous une dette autour de 1.300 milliards d’euro. Objectivement, elle n’a pas les moyens d’intervenir sans alourdir la dette publique. Il aurait été conforme au principe de responsabilité que les banques assumèrent seules les conséquences de leurs décisions de gestion. Mais pour un responsable politique, la faillite d’une banque n’est pas chose anodine. La panique des épargnants qui se seraient rués sur les guichets pour racler le fond de leurs comptes aurait eu des conséquences jusque sur la sécurité nationale.

Si l’on doit concéder aux responsables politiques d’avoir eu raison de voler au secours des banques confrontées à une crise systémique, l’absence de consultation du peuple sur ce que devraient, dès lors, être les nouvelles normes régissant le fonctionnement des banques, doit être considérée comme un manquement à la relation de confiance entre les élus et le peuple. Aucun électeur, dans un pays déjà surendetté, ne comprendrait jamais que ses élus puissent décider dans leur coin d’alourdir la dette publique à hauteur de 40 milliards d’euro[11] sans le moindre débat national.

La liberté que les élus se sont cru octroyée d’aggraver sans limite la dette publique, les a amenés, en mai 2010 à faire passer, comme une lettre à la poste, le premier plan d’aide à la Grèce. Les députés de gauche et de droite ont adopté ce plan creusant la dette publique de 16,8 milliards d’euro. Le second plan de sauvetage coûtera 15 milliards d'euro à la France d'ici à 2014. Au total, une dette supplémentaire de 31,8 milliards d’euro[12] au profit d’une Grèce, aux allures d’un radeau en perdition, dont on sait maintenant qu’elle ne remboursera probablement jamais les sommes versées par la France.

La légitimité des élus en matière de « surendettement »

Ces plans d’aide aux pays de la zone euro frappés par la crise ont été portés par le Premier ministre François Fillon à l’instigation du Président Sarkozy. Il y a lieu de s’interroger sur le rôle prépondérant de l’exécutif dans la gestion de la crise d’autant plus que les recettes pour sortir de la crise des dettes souveraines consistent à un alourdissement continu d’une dette antérieure déjà abyssale. Depuis plus de trente ans l’exécutif fort, prôné par les pères fondateurs de la Vème République, a malheureusement été facteur d’une crise budgétaire endémique et non un moyen, ni de la prévenir, ni de la résorber.

Le citoyen français qui se retrouve avec une ardoise de 1.700 milliards d’euros, qui pourrait grimper jusqu’à 2.000 milliards dans quelques mois, doit sérieusement s’interroger sur les limites nécessaires à imposer aux élus en matière d’endettement. Car à ce rythme, la probabilité d’une mise sous tutelle sur l’exemple de la Grèce n’est plus qu’une question de temps. Un scenario cauchemardesque pour un peuple qui n’a toujours pas digéré l’humiliation de l’occupation allemande et qui ne rate pas une occasion pour rappeler à quel point il tient à rester fermement maître de son destin[13]. Il n’est jamais tard pour celui sur qui repose la charge de rembourser une dette, d’exiger d’être associé le plus étroitement possible aux prises de décision. Même si les outils juridiques adaptés, telle que l’initiative populaire[14], manquent cruellement à la démocratie française.

Toujours en matière de finances publiques, lorsque Nicolas Sarkozy remporte l’élection de 2007, la France croule déjà sous une dette de plus de 1.200 milliards d’euro. Les finances de l’Etats sont dans un état de dégradation, ce qui avait fait dire au candidat François Bayrou, depuis 2002, qu’une loi constitutionnelle devrait être rapidement adoptée pour interdire le financement des budgets de fonctionnement à crédit. Non seulement cette loi n’a jamais vu le jour, mais en plus, des mesures fiscales assez surréalistes ont été adoptées, par une majorité parlementaire pourtant démocratiquement formée. Le bouclier fiscal[15] a fait perdre au trésor public plus d’un demi-milliard d’euro chaque année depuis 2007. Une niche fiscale parmi tant d’autres dont l’efficacité économique est régulièrement remise en cause par la Cour des comptes. Une autre niche, la niche Copé, voté démocratiquement dans le projet de loi de finance de 2006, a privé les caisses de l’Etat de 22 milliards entre 2007 et 2009[16].

Et la perspective d’une dégradation de la note de la France ne dissuadera pas les décideurs politiques de se laisser aller à un endettement supplémentaire. Au cours de sa journée de riposte du 19 octobre 2011, l’UMP, en évitant de parler de son propre programme, a chiffré à 255 milliards d’euro le coût du programme du candidat socialiste François Hollande. Un chiffre surement exagéré, mais qui annonce en filigrane que quel que soit le prochain Président, la dette de la France continuera de s’alourdir et, avec elle, un certain grignotage de la souveraineté nationale par la toute-puissance des marchés financiers. Les projections de la croissance restant faibles et les performances de la France sur le marché de l’exportation[17] étant ce qu’elles sont, il serait responsable de commencer à contrôler activement le flot d’une dette dont personne ne sait plus comment elle pourra être remboursée.

La question de la responsabilité des élus

Car si un jour la France, déjà noyée jusqu’au cou, se retrouve la tête sous l’eau, il faudra admettre qu’on s’est ruiné, mais qu’on s’est ruiné démocratiquement. Pas la peine de rechercher cet abominable Général tête-à-claque qui, arrivé au pouvoir par un coup d’Etat ou au terme d’une guerre civile, aura entraîné sa république bananière dans la ruine. En France, toutes les décisions ruineuses ont été adoptées par des autorités démocratiquement instituées ! A priori, la question des responsabilités des uns et des autres n’y changera donc rien. Mais un pays a refusé la fatalité de l’irresponsabilité[18] absolue de ses dirigeants.

En Islande, l’ancien Premier ministre Geir Haarde est actuellement poursuivi devant la justice de son pays pour sa gestion calamiteuse de la crise de 2008 qui a failli mettre toute une nation complètement en faillite. Difficile d’envisager que des élus français se retrouvent un jour devant la justice pour avoir fait n’importe quoi au point de mettre à genou la 5ème puissance économique du monde. Mais cette éventualité, les Français devraient sérieusement commencer à la brandir à l’adresse des élus dont le mandat non impératif[19] certes, ne les exonère pas de l’obligation de sincérité et de prudence permanente vis-à-vis de leurs concitoyens, notamment en matière d’endettement massif. L’autre menace est celle d’un référendum sur l’exemple, toujours du peuple islandais qui, le 09 avril 2011, a rejeté à 60 % la proposition de loi visant au remboursement de la dette de la banque Icesave.

Boniface MUSAVULI


[1] Collectivités territoriales (Communes, départements, régions, collectivités d’Outremer).

[2] Union européenne, en particulier.

[3] A partir de 2014, en application de la réforme des collectivités territoriales opérée par la loi du 16 décembre 2010, le conseiller territorial est l’élu qui siégera à la fois au Conseil général et au Conseil régional.

[4] Loi n°73-7 du 3 janvier 1973 sur la Banque de France.

[7] Le principe de primauté implique qu’en cas de conflit entre une norme communautaire et une loi nationale, c’est la norme communautaire qui doit être appliquée.

[8] La loi de 1973 avait été présentée comme un rempart contre la dérive inflationniste.

[9] Avec une participation de 69,70 %, le « oui » l'emporte avec 51,05 % des suffrages exprimés.

[11] L’Etat français a réagi à la crise en garantissant les opérations des banques à hauteur de 320 milliards d'euros et leur a accordé 40 milliards d’euro au titre d’aide à la recapitalisation.

[13] En 1992, le Traité de Maastricht a été ratifié « sur le fil du rasoir » (51,05%). En 2005 le projet du Traité établissant une Constitution pour l’Europe a été largement rejeté par les électeurs français à l’issue du référendum du 29 mai. Le Président s’est aliéné une partie de la classe politique et de l’opinion en faisant adopter un texte de substitution (le Traité de Lisbonne), par le Parlement réuni en Congrès le 08 février 2008, une procédure pourtant conforme à la Constitution (articles 89).

[14] L’initiative populaire est une procédure par laquelle un groupe de citoyens peut obtenir par pétition l’organisation d’un vote au parlement ou un référendum sur un projet de loi, une révision constitutionnelle, une demande d’abrogation ou de création d'une loi. C’est une forme de démocratie directe, pouvant toutefois exister au sein d’une démocratie représentative. Elle existe notamment en Suisse, dans certains États des États-Unis, dans certains Länder allemands, en Autriche et en Italie. http://fr.wikipedia.org/wiki/Initia...

[15] Le gouvernement a fini par renoncer au bouclier fiscal.

[17] « Le déficit commercial de la France sera de 70 à 75 milliards d'euros en 2011, en forte progression par rapport à celui de 2010 (51,4 milliards), a déclaré Pierre Lellouche ». http://www.latribune.fr/actualites/...

[18] La notion de l’irresponsabilité signifie que le Président français ne peut pas, en principe, être destitué par le Parlement (irresponsabilité politique) ni poursuivi devant la justice pour les actes accomplis dans l’exercice de ses fonctions (irresponsabilité pénale – article 67 de la Constitution). Pratiquement, le Président français n’est responsable que devant les Français, encore que ceux-ci ne peuvent s’exprimer pour ou contre lui que dans le cadre d’une élection présidentielle.

[19] Un mandat impératif suppose que l’élu reste cantonné à la mission que les électeurs lui ont confiée et la réalise selon des modalités précises auxquelles il ne peut déroger. L'article 27 de la Constitution dispose, au sujet des membres des députés et sénateurs, que « tout mandat impératif est nul ».

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 17:42

De la TVA sociale, ou comment faire rentrer le dentifrice dans le tube avec un marteau piqueur

par Nocameda

La TVA est un impôt collecté par les entreprises, qui doivent régulièrement, et selon leur régime réel ou simplifié, reverser à l'état la différence entre celle qu'ils auront perçue de leur clients, et celle que leur auront facturé les fournisseurs.

Les entreprises sont donc des percepteurs invisibles, qui possèdent également l'immense avantage, car vivant au merveilleux pays de la concurrence libre et non faussée, de pouvoir fixer le prix de vente de leurs prestations ou de leurs marchandises comme bon leur semble.

Imaginons donc une entreprise spécialisée dans la peinture de pots de fleurs, que nous appellerons Floradeko.
Chaque pot brut est acheté 2€HT à un grossiste, et revendu transformé, 8€HT aux fleuristes.
Qui les revendent 18€ TTC en boutique.

La peinture est réalisée par une ouvrière, seule employée (pour simplifier), et que nous appellerons Josette.
Josette est capable de peindre et vernir très joliment 6 pots par heure.
Chaque mois, elle voit inscrit sur sa fiche de paie, 1500€ brut, 1180€ net, pour 150h de travail.
Les charges patronales s'élevant à 620€, le coût global du travail est donc de 1800€.
Coût donc rapporté au pot de fleur : 2€.
Reste 4€ par pot pour faire tourner la boutique et pour remplir la poche de Monsieur Floradeko.

Imaginons maintenant l'effet de la mise en place de cette fameuse TVA sociale :

Admettons d'abord, que les cotisations patronales de sécurité sociale correspondant à la maladie (+ maternité + invalidité), passent de 12,8% à 6,8% (chiffre dont bon nombre d'économistes libéraux patentés rêvent pour la France)
Ne touchons évidemment pas aux ponctions directes de l’état, comme la CSG, et admettons également que les autres cotisations ne soient pour l'instant pas ébranlées, sachant que par exemple, toucher aux allocations familiales en France déclencherait immédiatement un tsunami revendicatif.
L'économie mensuelle sera donc pour l'entreprise de 90€, la part de travail contenue dans le pot de fleur baissant ainsi de 10 centimes.

Monsieur Floradeko se retrouve alors en proie à une abominable perplexité.

Car 5 choix contradictoires s'offrent alors à lui, que nous classerons ici selon une probabilité psychologique décroissante :

  1. Augmenter son prix, car la TVA a augmenté, et oui tout augmente, mon cher Monsieur, alors pourquoi pas moi,

  2. Laisser son prix inchangé, en pleurant comme l'avaient fait les restaurateurs, après le petit cadeau de 15 points de marge que leur avait fait Nicolas Sarkozy, car c'est si dur d'entreprendre dans ce monde de brutes,

  3. Baisser son prix de vente de 10 centimes, ce qui le rendrait honnête citoyen, mais risquerait de le faire paraître un peu mesquin vis à vis de son client,

  4. Augmenter son salarié, au risque de friser le contresens total vis à vis de cette mesure, qui ne parle essentiellement que de préservation économique, et de se faire exclure du Medef.

  5. Retourner voir son banquier pour lui demander de financer sur 5 ans l'achat d'une machine allemande, fabriquée pour l'essentiel en Roumanie, et permettant de peindre 500 pots de fleurs par jour, tout en gardant l'illusion de la peinture manufacturée. Avec le risque immense de se prendre encore un vent, au regard de ses derniers bilans, de la maigreur de sa surface financière, et de la frilosité de son interlocuteur, si perplexe on le comprendra, en ces terribles moments de crise.

D'un autre côté, la valse des étiquettes aura déjà commencé.
La TVA ayant augmenté de 3 points, le fleuriste, peu féru d'arithmétique exacte, et copiant placidement l'attitude de ses concurrents, aura mis une nouvelle étiquette sur le pot de fleur. Passant son prix à 19€, puis à 20€ ou 22€, selon les éléments psychologiques accompagnant l'effet dévastateur de l’augmentation globale des prix.

Trois mois plus tard, un ingénieux petit patron chinois, que nous appellerons Mr Tchang, entre en scène.
Ayant construit brillamment un clone de la machine Allemande, il décide sereinement d'envahir le marché Européen de ses pots de fleur façon "peint à la main".
Le prix de revient de chaque pot de fleur, amortissement de la machine, expédition, taxes douanières, et salaire de l'ouvrier contrôlant la machine inclus, est de 1.5$.
Ne connaissant pas bien notre langue maternelle, et peu à l'aise dans le métier de grossiste, Monsieur Tchang décide de contacter Monsieur Floradeko.

La suite de l'histoire, vous la connaissez par coeur...

Probable petit bilan un an plus tard :

  1. Mr Floradeko est très content, et il a décidé de se mettre à apprendre le chinois.

  2. Mr Tchang va bientôt commercialiser des machines en kit permettant aux fleuristes de peindre leurs pots eux-mêmes, avec le soutien de la fédération des fleuristes qui assurera la formation.

  3. Josette est bientôt à la fin de ses allocations chômage, et galère pour trouver un stage pour les seniors à moins de 200km de chez elle.

  4. Les pots de fleur peints à la main sont maintenant à 30€, mais ils sont devenus très à la mode, et on en trouve même avec la tour Effel, et qui font radio-réveil.

  5. Notre cher président doit faire bientôt un discours présentant le formidable intérêt de la TVA sociale, et de la nécessité d'en renforcer le dispositif...

     

Petite fable macro-économique rédigée sans aucune aménité bien sûr vis à vis de cette merveilleuse profession de fleuriste.

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 10:14

Drôlement fortiche le candidat Sarkozy : il nous promet de faire en 100 jours ce qu’il n’a pas réussi pendant 5 ans !

 Ne soyons pas dupes : c’est Nicolas Sarkozy candidat à sa réélection et nullement le président - « capitaine courage » sachant se maintenir bien ferme à la barre du vaisseau-amiral France secoué par les tempêtes selon les citernes de lait d’beu quotidiennement déversés par ses thuriféraires - qui est intervenu à la télévision au soir du 31 décembre 2011. Le candidat (non encore déclaré) ayant les foies en songeant à une possible non réélection au soir du 22 avril - la honte ! Rejoindre Lionel Jospin dans les annales - ou du 6 mai 2012. Une sorte de méthode Coué, bien dans la ligne de son infantile mentalité magique : il suffit de parler pour que son souhait se réalisât.

Aux abois, le candidat Sarkozy sonne le tocsin. Françoise Fressoz ne s’y trompe pas dans sa chronique du Monde La dernière cartouche du président (1er janv. 2012) « La dramatisation est devenue la dernière cartouche d’un président acculé par la crise (…) Desservi par la conjoncture marquée par la récession, la montée du chômage et le risque de perte du triple A, Nicolas Sarkozy sait que ses réserves de popularité sont faibles »… C’est le moins que l’on en puisse dire ! Il restera à savoir si ne lui restant qu’un fusil à un seul coup, il se tirera une fois de plus une balle dans le pied en nous promettant quasi « du sang et des larmes » sur le mode churchillien avec une touche gaullienne «  Moi ou le chaos » ou s’il réussira son vœu le plus cher : achever François Hollande attaché au poteau d’exécution… «A mon commandement,  feu à volonté, visez le cœur ! ».

Dans ce nouvel exercice de parfait poker menteur aura-t-il réussi à faire basculer durablement - jusqu’à l’élection, après il s’en fiche - l’opinion des électeurs en sa faveur ? Question à laquelle j’avouerais humblement n’être point en mesure de répondre tellement c’est la bouteille à l’encre.

Encore une fois, je ne suis ni Mame Soleil ni la Pythie et n’étant dans le secret des dieux ni des astres, non plus que lisant à livre ouvert dans le marc de café ou quelque boule de cristal à la manière d’une Madame Irma, je ne dispose que des informations glanées dans la presse. Je tiendrais pour bien fol celui qui aujourd’hui augurerait de la victoire ou de la défaite de Nicolas Sarkozy.

D’autant qu’à l’inverse de ses concurrents, le président-candidat béné-ficie de nombreux atouts - comme en 2007 - à savoir tous les avantages de sa fonction : notamment ses déplacements en province - où il fait campagne sans le dire - aux frais des pauvres con…tribuables. Lors même que sa meute de chiens de garde - ministres compris - est mobilisée pour les seules finalités politiques qui vaillent : tirer à boulets rouges contre notamment François Hollande. Comment saurions-nous mesurer par avance le poids de ces charges répétées jour après jour - fussent-elles aussi grossières qu’ineptes - dans l’opinion publique ?

Il m’est évident que Nicolas Sarkozy ne pense qu’à sort perso quand il affirme «en 2012 le destin de la France peut basculer» (Le Temps, Suisse)… et qu’il n’a qu’un seul espoir : une victoire - fût-elle sur le fil ! - en 2012.

Sinon, peu lui chaut du destin de la France et de ses habitants, qu’il aura pourtant tenu dans ses mains - ou bien plutôt ses griffes de prédateur - depuis 2007 et rien de ce qu’il fit pendant ces presque 5 années ne saurait être porté à son actif, s’agissant du redressement de la France, tout au contraire : il ne pourra s’enorgueillir que d’un seul succès : « Maman, j’ai rétréci la France ! » que ce fût sur le plan économique - désindustrialisation +++ : 900 usines fermées ces trois dernières années ! - avec son corollaire - le chômage de masse : 4,2 millions de chômeurs toutes catégories confondues, record depuis 1999 - ou celui de la souveraineté nationale bradée sur l’autel de la mondialisation financière ultralibérale.

Il est quand même formidablement curieux que le mois dernier je pus épingler le défaitisme de Xavier Bertrand - ministre du travail ! - devant l’inexorable montée du chômage : rien n’est possible tant que durera la crise économique et que soudain quand tombèrent il y a quelques jours les chiffres non moins catastrophiques du mois de novembre, ce fut le branle-bas de combat dans la majorité… On allait voir ce qu’on allait voir, les partenaires sociaux convoqués à un sommet pour l’emploi en janvier. Sans doute à l’Elysée a-t-on été informé que les Français - comme toujours depuis fort longtemps - considèrent que l’emploi demeure la priorité des priorités.

C’est le même Sarkozy qui en mars 2009 osait prétendre au mépris de la réalité que le plus fort de la crise était derrière nous - pour mettre un terme à toutes les mesures d’accompagnement en faveur des chômeurs - et qui aujourd’hui ose affirmer avec le même aplomb à « ses chers compatriotes » - quatre occurrences ! Il ne m‘est pas plus cher que je ne le suis pour lui et quant à l‘autre sens : il a coûté autrement bonbon à la France ! - que « depuis le début de la crise, qui en trois ans a conduit à plusieurs reprises l’économie mondiale au bord de l’effondrement, je ne vous ai jamais dissimulé la vérité sur sa gravité, ni sur les conséquences qu’elle pouvait avoir sur l’emploi et sur le pouvoir d’achat »…

Mais en 2009 Nicolas Sarkozy surfait sur la mascarade de la victoire des listes de l’UMP aux élections européennes - quelque 28 % avec plus de 50 % d’abstention, cela ne fait pas derche ! - et le bon score d’Europe-Ecologie lui semblait anticiper l’affaiblissement sinon l’éclatement du PS, déjà bien malmené depuis le calamiteux Congrès de Reims en 2008 et le parfait hold-up réalisé par Martine Aubry. Souvenez-vous : c’est au cours de l’été 2009 que nombre d’éléphants et éléphanteaux pronostiquèrent la mise à mort du Parti socialiste. Je pensai pourtant qu’à l’instar du phénix et comme déjà souventes fois dans le passé il renaîtrait de ses cendres.

Bref, malgré déjà quelques trous d’air dans les sondages, Nicolas Sarkozy voyait la vie en rose. Il estimait donc tout à fait possible de supprimer les aides accordées aux chômeurs et commencer à opérer des coups de rabot significatifs sur les quelques avantages fiscaux des contribuables modestes ou moyens sans déclencher une vague trop importante de mécontentement. Quant aux futures élections - sans même parler de la présidentielle qu’il se voyait gagner dans un fauteuil - elles ne devraient être que pure formalité, au point que certains se demandaient même s’il était bien utile de présenter des candidats de l’opposition aux régionales en 2010 ! L’UMP se voyant en passe de faire le grand schlem…

Mais l’été 2009 fut celui de tous les scandales. Une véritable hécatombe. Sans entrer dans les détails. Pour commencer, dès la mi-juin 2009, le Karachigate. Feuilleton à multiples épisodes qui repart de plus belle sur le plan judiciaire avec les mêmes personnages troubles. Seul changement : ils sont mis en examen ! La justice se rapprochant fort dangereusement de Copé et Sarkozy… Si celui-ci n’est pas réélu (même cas de figure que Chirac en 2002) les pires ennuis commenceraient. D’où toute l’énergie mise dans cette campagne.

Pas de vacances pour la Sarkozie en cet été 2009 : début juillet, une grande majorité de Français (dont tous ceux qui ne partent pas ou plus en vacances faute de ressources suffisantes) furent certainement exaspérés en apprenant que le bouclier fiscal - 578 millions d’euros - avait profité à 19.000 contribuables (Le Figaro 6 juillet 2009) et que parmi ceux-ci cent contribuables en avaient capté plus du tiers des remboursements : 1,15 millions d’euros en moyenne par foyer fiscal. Il fallait s’appeler Eric Woerth pour oser affirmer que « le bouclier fiscal est une mesure de justice fiscale, tout simplement. Le bouclier fiscal, c’est dire à des Français qu’ils ne travailleront pas plus d’un jour sur deux pour l’Etat »…

Liliane Bettencourt a drôlement travaillé pour l’Etat ! Plus précisément, elle a non seulement dissimulé de coquettes sommes en Suisse ainsi qu’une île sous les tropiques. Mais nous ne l’apprendrons qu’en 2010 - autre scandale ! - il y aurait de sombres histoires de financement illégal de l’UMP… Nicolas Sarkozy ajoutant son habituelle antienne « Je n’ai pas été élu pour augmenter les impôts » et cette sarkonnerie de première bourre : « si on supprime le bouclier, à l’arrivée, on tape sur les classes moyennes »… Il faudrait qu’on leur expliquât comment en taxant plus les nantis et en ne leur reversant rien - donc plus d’entrées fiscales et moins de sorties - elles devraient payer pour les grossiums !

Pas augmenter les impôts… Sans doute. Mais nous croulons sous les taxes diverses - plus de 30 jusqu’à présent ! - et pour les nouvelles taxes - y compris le nouveau taux de TVA à 7 % - l’année 2012 va être formidable ! Mais il y a encore mieux et merci à Joël de « La République du peuple  » d’avoir attiré mon attention : les classes moyennes voire les smicards risquent fort d’être encore plus imposés sur leurs revenus de 2011. Par le simple jeu d’une mesure aussi aberrante qu’inique : les tranches d’imposition (non plus que la décote) ne seront pas augmentées en fonction de l’inflation comme d’habitude.

Autrement dit, les smicards dont le salaire aura été augmenté d’un peu plus de 3 % cette année risquent de se voir reprendre d’une main ce qu’on leur a donné de l’autre si cette augmentation les fait passer dans la tranche supérieure. Et d’après mes calculs, un smicard célibataire devrait passer mécaniquement de la tranche à 0,55 % (impôt 76 €) à la tranche à 14 % (impôt 408 €) ! Formidable, non ?

Idem pour un salarié célibataire des classes moyennes ayant des revenus juste à la limite supérieure de la tranche à 14 % et qui aurait été augmenté de 3 %. Il passerait d’un impôt de 460 € à 2.600 €… Ceci dit, si j’ai commis une erreur dans mes estimations, merci de me le signaler mais sinon, c’est drôlement fort de café ! Je vous fiche mon billet que nous ne recevrons pas les déclarations d’impôts avant la présidentielle. Des fois que nous fussions « enragés » ! Précisément j’ai découvert tout récemment un site qui mérite le détour Les moutons enragésJe rappellerais aux jeunes générations qu’en mai 1968 on appela les contestaires « les enragés »

Comme l’ajoutait Eric Woerth dans sa défense du bouclier fiscal : « l'impôt est une affaire de citoyenneté, pas une affaire de confiscation »… Il ne manque pas d’un sacré toupet et j’ai plus que l’impression que l’on demande au vulgum pecus d’être vachement plus citoyen que les multimilliardaires tout en nous « confisquant » tout ce qui est possible.

Et c’est loin d’être fini puisque Nicolas Sarkozy a décidé de nous tondre encore plus rasibus grâce à une TVA « sociale » ou parée des plumes de « l’antidélocalisation »… J'ai lu sur le « 12-15 » (supplément économique du Monde, 3 janv. 2011) qu’elle serait mise en place avant la présidentielle. Il n’y a guère que Laurence Parisot pour affirmer que « loin d’être une faute sociale ce serait un avantage social » !

Je ne suis pas certaine que les adhérents du Medef, patrons de PME ou de petites entreprises, artisans ou petits commerçants, soient longtemps du même avis lorsqu’ils perdront des clients qui n’ont plus les moyens de suivre… Je ne suis pas née de la dernière pluie et je me souviens parfaitement qu’en novembre et décembre 1994 les commerçants de fringues et de chaussures sur le Boulevard Saint-Michel bradaient tout, bien avant les soldes ! Quant aux artisans, quand les carnets de commandes sont vides, c’est licenciements garantis et parfois la faillite…

J’en reviens à l’été 2009 et les scandales. Le relais fut repris à la mi-juillet par celui des sondages de l’Elysée : plus de 3 millions d’euros - « miroir, miroir, suis-je le plus beau ?». L’automne 2009 ne fut pas triste non plus, avec à la mi-octobre l’idée aberrante de faire nommer « Prince Jean » à la tête de l’Epad (aménagement de la Défense, pour le projet du « Grand Paris » défendu par Sarkozy. Cela prit du temps mais devant le tollé général déclenché par un tel népotisme, Nicolas Sarkozy - après s’être entêté comme d’habitude - dut bien finir par faire marche arrière.

Fin octobre 2009, un rapport de la Cour des comptes - Philippe Seguin qui la présidait alors ne s’en laissa point "conter" et nous apprîmes que les 6 mois - du 1er juillet au 31 décembre 2008 - de la présidence de l’Europe par Nicolas Sarkozy avaient coûté bonbon: 171 millions soit 1 million par jour ! Quant aux deux journées (13 et 14 juillet 2008) de la mort-née Union pour la Méditerranée, ce fut un vrai festival de dépenses proprement ahurissantes, quasi 17 millions d’euros dont la fameuse douche de Nicolas Sarkozy au Grand palais - 250.000 € ! - laquelle n’avait même pas servi. Elle fit néanmoins le tour du monde… par la magie d’Internet. Les médias étrangers ne manquèrent pas de s’en gausser et de s’indigner.

N’ayons garde d’oublier qu’en octobre 2009 la fameuse « taxe carbone » fit drôlement débat, y compris au sein de l’UMP et même entre Sarkozy et Fillon mais il fallait absolument taire cette « cacophonie » quand bien même les gazettes en bruissaient-elles à qui mieux-mieux… C’est tout ce qui était sorti du calamiteux Grenelle de l’Environnement : nous faire cracher un peu plus au bassinet ! Si le seul programme de l’écologie politique consiste à plumer encore plus les citoyens, je leur dis carrément merde ! Vous pensez bien, qu’avec la complicité de Nicolas Hulot, Nicolas Sarkozy et Jean-Louis Borloo s’y engouffrèrent avec grand enthousiasme : chic ! Des pépètes…

Ségolène Royal avait parfaitement raison de fustiger « une taxe écologiquement inutile mais socialement injuste ». Au grand dam de ses détracteurs et notamment à Cécile Duflot qui s’en prit à la "démagogue" Royal (Le Monde du 29 août 2009) ce qui ne la fit nullement remonter dans mon estime. Mais c’est vrai que s’intéresser plus au peuple qu’aux bobos, ça ne le fait pas pour elle. Beaucoup de sens politique : elle préfère sans doute avoir raison contre la majorité des Français qui étaient contre la taxe carbone (Libération 3 sept. 2009).

Grâce à un père farouche défenseur de l’environnement bien avant la lettre, je n’ai certainement pas attendu Cécile Duflot pour être écolo, bien avant même qu’elle fût née ! Et je suis tout à fait d’accord avec ce qu’en disait Ségolène Royal : « Je suis avec les millions de Français qui ont envie d’avoir un comportement citoyen et écologique, mais qui ne veulent plus être pris pour des gogos par un Etat qui a instrumentalisé l’écologie pour faire des impôts nouveaux, pour remplir les caisses de l’Etat ».

Car il s’agissait bien de cela, n’en déplaise à Cédric Mathiot - sans doute aveuglé par la détestation de Ségolène Royal affichée en toute occasion par Libération - Taxe carbone : le Royal circus continue  (1er avril 2010) comme cela se vérifia amplement par la suite, notamment un article d’E24, excellent supplément économique de 20 Minutes Taxe carbone: "il faudra compenser les pertes de recettes" (25 mars 2010) : « Avec le report de la taxe carbone, se sont envolés quelque millions d'euros du budget de l'Etat » après que le Conseil constitutionnel eût retoqué la loi à juste titre : les entreprises les plus polluantes en étaient exonérées !

C’est bien du Sarkozy ! De toute façon il fit preuve de son immense intérêt pour l’écologie - à visée strictement électoraliste car il comptait rapter une partie des suffrages qui s’étaient portés sur la liste Europe-Ecologie aux élections européennes - quand quelques jours plus tard, il osa affirmer devant les paysans au Salon de l’Agriculture : « l’environnement, ça commence à bien faire ! ». Et je ne peux que m’amuser en retrouvant opportunément un article du Monde Après la cacophonie, l'Elysée veut utiliser la taxe carbone pour contrer le PS (5 sept. 2009).

Or, je suis tombée sur un article du Figaro Le piège du sommet social se referme sur Hollande  (3 janv. 2012) sous-titré « Nicolas Sarkozy veut placer son concurrent PS face à ses contradictions ». Cela n’a rien de nouveau, et fut plus qu’amplement utilisé au sujet de la stupide règle d’or.

Il est bien trop tôt pour augurer du succès de cette entreprise mais je ne peux m’empêcher de remarquer que jusqu’à présent toutes les tactiques de Nicolas Sarkozy ont lamentablement foiré. Il faut être diantrement habile pour jouer une partie de billard à quatre bandes, d’autant que le moindre accroc au tapis se paye cash : la réfection totale et cela coûte bonbon ! Politique de « coups » à la petite semaine, une idée (?) chassant l’autre. N’est pas grand maître aux échecs qui veut. En 5 ans, il a plus qu’amplement apporté la preuve de sa totale UM/Pcapacité à anticiper les conséquences de ses décisions. Il lui manquera toujours l’intelligence politique et l’esprit de finesse.

Ses ficelles sont trop grosses et c’est même du dernier marrant de voir que Le Figaro - dont Daniel Bernard nous apprenait dans Marianne (n° 765-766 du 17 au 30 décembre 2011) que « Mougeotte veut voir une seule tête, celle de Sarkozy » nous les donne à voir !

Nicolas Sarkozy n’a aucun programme - sinon toujours nous faire payer davantage et faire suer encore plus le burnous : ce qui ne manquera pas de se produire avec les projets qu’il y a dans ses cartons, dont les « contrats compétitivité-emploi » chers à Xavier Bertrand, le bouffi bouffon ministre du Travail qui roule pour le Medef : flexibilité accrue pour les entreprises et baisse des salaires. Il ne faut pas être grand clerc pour répondre : piège à cons !

Les syndicats ne s’y trompent pas comme le signalent aussi bien Les Echos Compétitivité-emploi: flexibilité pour les uns, marché de dupes pour d'autres (29 déc. 2011) que Libération Emploi : un «pacte» au tarif employeur (29 déc. 2011) qui rappelle, entre autres exemples, comment un tel accord (retour aux 39 heures, payées 35 s’il m’en souvient) avait été accepté - non sans mal ! - par les salariés de l’usine de pneus Continental à Clairoix (Oise) avant d’être licenciés deux ans plus tard…

Idem pour le recours au chômage partiel. C’est bien entendu une solution alternative aux licenciements qui a déjà fait ses preuves - et depuis belle heurette - dès lors que les entreprises sont confrontées conjoncturellement à une baisse sensible de l’activité. Il faudrait être stupide pour leur demander de continuer à produire au même rythme quand les carnets de commande ne sont plus assez remplis. Mais le dispositif législatif existe - les Assedic finançant les pertes de salaire jusqu’à un certain montant - et les entreprises n’ont pas besoin d’ordres de l’Etat pour l’activer si telle est leur intention.

Comme en toute matière, Nicolas Sarkozy à l’art d’inventer ce qui existe déjà ! Son discours est un tel tissu de mensonges que je n’aurais ni suffisamment de temps ni de place pour les reprendre un par un. Sur la prétendue souveraineté de la France qu’il prétend défendre, de même que la protection sociale qu’il s’est acharné à détruire. Il ne veut surtout pas changer son fusil d’épaule - qui a été le champion toutes catégories des délocalisations et de la désindustrialisation de la France (qu’il prétend aujourd’hui vouloir réindustrialiser !). 900 usines fermées en deux ou trois ans, il n’a rien vu ? Il aura toujours affirmer que cela passe par une nouvelle Europe : encore pire qu’aujourd’hui !

Et ce parfait morceau de bravoure « Je ne sous-estime pas les conséquences que peuvent avoir sur notre économie les agences de notation et les emballements des marchés financiers, ni non plus nos erreurs passées mais je le dis pour que chacun l’entende, ce ne sont ni les marchés, ni les agences qui feront la politique de la France ». Sans doute sensé faire écho à De Gaulle : « La politique de la France ne se mène pas à la corbeille » (de la Bourse).

Mais sachant combien Nicolas Sarkozy, Fillon, Pécresse et Baroin nous ont déjà fait souffrir avec leurs deux plans d’austérité successifs (août et novembre 2011) lesquels seront très certainement complétés par d’autres mesures aussi drastiques nonobstant ce que promet aujourd’hui Sarkozy, précisément dans le vain espoir de ne pas être privés de leur précieux « triple A » : aujourd’hui il prétend que ce ne sera pas grave pour ne pas avoir l’air de perdre davantage la fac, cela frise le ridicule mensonger le plus absolu. De toutes façons, il peut de manière tout à fait incantatoire appeler une taxe sur les transactions financières dont il sait très bien que ni l’Europe ni le G20 ne veulent.

Et preuve qu’il ne souhaite absolument pas changer le cours des choses : «Mais ces défis, ils s’imposent à nous - je vous laisse admirer la perfection de la syntaxe ! - Nous ne pouvons ni les refuser, ni les repousser. Nous ne pouvons ignorer ce nouveau monde ». Eternel discours des chantres de l’ultralibéralisme : il faut s’adapter. Au monde tel que les multinationales et les financiers l’imposent. Fait pour la marchandise et l’argent et non pour les humains.

Nous n’avons donc d’autre choix que de devenir esclaves sacrifiés sur l’autel du nouveau culte du Veau d’or… « Nous devons être courageux, nous devons être lucides ». Le courage et la lucidité lorsque l’on vit comme un nabab à l’Elysée et quand le poids de toutes les mesures les plus iniques pèse sur le peuple, c’est vachement facile, hein ?

Courageux, Sarkozy ? Certes oui, pour fustiger en paroles les dérives de l’ultralibéralisme mais en s’y pliant. Pour s’attaquer comme un roquet à des chefs d’Etat qu'il suppose inférieurs mais en s’écrasant comme une chiffe molle lorsqu’ils sont puissants : Obama, Merkel, les hiérarques chinois. Pour faire tomber une pluie de libéralités sur les multimillionnaires et détruire méthodiquement un à un tous les avantages sociaux et autres « niches sociales ».

Lucide, Sarkozy ? Il fallait drôlement l’être pour instaurer en 2007 les mesures phares de la loi TEPA - bouclier fiscal et heures supplémentaires défiscalisées - lors même que la pauvreté et le chômage de masse n’avaient cessé d’augmenter depuis 2002 et que tous les signes d’une prochaine crise financière s’accumulaient. Il fallait l’être singulièrement pour offrir la TVA à 5,5 % aux bistrotiers en se contentant de vagues promesses dont ni les consommateurs ni leur personnel n’ont jamais vu la couleur. Et surtout, Nicolas Sarkozy fit preuve d’une formidable lucidité courageuse en refusant obstinément de revenir sur toutes ces mesures lors même qu’elles firent preuve de leur extrême nocivité économique et sociale en pleine tourmente financière.

Alors camembert ! Sa fausse compassion, il peut bien se la carrer où je pense : « Dans la tempête, vous avez souffert. Je sais que la vie de beaucoup d’entre vous déjà éprouvée par deux années difficiles a été une fois encore durement mise à l’épreuve »…

Jusqu’à preuve du contraire, c’est nous, le vulgum pecus, la France - d’en bas ! - qui souffre, Planète pauvre comme classes moyennes, nous en avons déjà pris plein la gueule pendant 5 ans (et même depuis 2002). Qu’a-t-il fait jusqu’à présent pour soulager la pauvreté voire la misère la plus noire : rien ! Nib, queue de chi. Tout au contraire, je ne peux qu’être d’accord avec Benoît Hamon "Jamais un président de la République n'aura autant maltraité les Français" (TF1 31 déc. 2011). Toutes ses actions ont concouru à accentuer le marasme afin de très certainement « ne pas désespérer Bettencourt » ! Elle le valait bien, contrairement aux salauds de pauvres qu’il ne peut kiffer ni de loin ni a fortiori de près : « Casse-toi, pôv con ! »…

C’est que nous faisons drôlement tache dans le paysage ! J’entends ou lis de plus en plus fréquemment parler de « villages Potemkine » du nom des luxueuses façades en carton-pâte que selon la légende le ministre russe Potemkine aurait fait ériger pour cacher à Catherine II la pauvreté des villages russes lors de sa visite en Crimée en 1787 au sujet des voyages de Nicolas Sarkozy à travers la France… Visites au pas de charge, bien entourés par sa garde prétorienne - 500 flics sinon rien - et toujours très loin du peuple. Tout cela coûtant extrêmement cher aux pauvres con…tribuables, entre les déplacements en avion et le déploiement insensé des forces de l’ordre. Encore heureux quand les manifestants ne se voient pas arracher leurs banderoles, confisquer tout matériel (y compris tracts et revues dans un sac), qu’ils ne sont pas arrêtés - parfois retenus préventivement en garde à vue - et conduits au poste de police.

Effectivement, l’on peut parler de villages Potemkine même s’il ne s’agit pas de donner quelque illusion à Nicolas Sarkozy sur l’état de la France mais tout bonnement de montrer aux téléspectateurs du 20 heures que tout est pour le mieux en France et que Nicolas Sarkozy y reçoit un accueil enthousiaste… de ses seuls partisans, triés sur le volet.

Un déplacement tous les deux jours serait au programme du "non candidat" ! C’est dire s’il travaille ! A sa réélection ! Nonobstant toutes les sarkonneries débitées par son habituelle meute de chiens de garde, toujours aussi prolifiques. Un vrai festival ! Relevé sur Le Monde Voeux : offensive concertée de la majorité contre l'équipe Hollande (1er janv. 2012). J’y reviendrais.

Soudain Nicolas Sarkozy fait mine de s’intéresser au sort des chômeurs ! Tiens, donc. Ils ne seraient plus ces méchants assistés qui profitent indûment des prestations en ne se poussant pas le cul pour chercher un emploi. Ceux qui durent accepter n’importe quel job, à n’importe quel salaire, jusqu’à 40 ou 50 km de leur domicile sous peine d’être radiés après 3 refus. A n’en point douter il est plus que fraîchement converti : « Nous devons changer notre regard sur le chômage » ! N’étant pas - encore - dans le secret des dieux, je ne saurais dire sur quel "Chemin de Damas" lui vint pareille révélation : les chômeurs et les pauvres sont des êtres humains respectables en tant que tels.

Comment voudriez-vous que l’on puisse lui accorder le moindre crédit quand il affirme sans rire « Nous ne bâtirons pas notre compétitivité sur l’exclusion mais sur notre capacité à donner à chacun une place dans la Nation. C’est pourquoi, ceux qui ont perdu leur emploi doivent être l’objet de toute notre attention » : il ne s’en est guère préoccupé pendant 5 ans… qui pourrait croire réellement que le sort des chômeurs serait désormais la priorité de ses priorités, autrement qu’en paroles ? Bien évidemment comme d’habitude : j’y pense et puis j’oublie.

Pure esbroufe également quand il affirme vouloir « Faire en sorte que la formation des chômeurs devienne la priorité absolue, afin que chacun puisse se reconstruire un avenir. Former et pas seulement indemniser, tel doit être notre but. Personne ne doit pouvoir s’exonérer de cette obligation ni être exclu de cette possibilité ».

Que la formation des chômeurs et au demeurant la formation continue de tous les salariés fût une nécessité absolue cela tombe sous le sens depuis plus de 30 ans notamment en raison de l’évolution - sinon la révolution - technologique. Je ne reviendrais pas sur les préjugés ridicules - des parents autant que des enseignants et des jeunes eux-mêmes - qui sont bien loin de dater de la période récente contre les métiers manuels et techniques et qui persisteront tant que ces filières seront considérées comme des seconds choix et des dépotoirs pour les cancres. Elles peuvent et devraient être considérées d’excellence au même titre que les filières scientifiques, commerciales et intellectuelles de l’enseignement supérieur, lesquelles au demeurant se révèlent aussi bien être trop souvent des dépotoirs pour futurs chômeurs.

Qu’ont fait de significatif Nicolas Sarkozy et ses gouvernements successifs pour promouvoir l’enseignement technique, l’apprentissage et la formation continue : Rien ! Je sais, par des témoignages d’enseignants que même dans le secondaire, y compris au collège, les élèves éprouvent les pires difficultés à trouver des lieux de stages - pourtant obligatoires ! - la situation étant bien pire encore lorsqu’il s’agit d’établissements situés dans les ZEP et les banlieues réputés difficiles et/ou éloignées de Paris ou difficilement accessibles par les transports en commun.

Quant à la formation continue des salariés, je vous signale un article fort intéressant de mes amis d’Actu-Chômage Formation professionnelle : état des lieux (3 janv. 2012) qui reprennent un article de Marianne. Les salariés éprouvant moult difficultés à obtenir des stages et/ou à faire valoir leurs droits à en bénéficier.

Je ne crois pas que Nicolas Sarkozy ait vraiment l’intention de dégager des solutions pérennes en matière de formation des chômeurs. Il eût été autrement crédible en s’y attaquant réellement depuis 2009. Je ne crois pas que les quelques contrats de formation mis en place à cette époque aient porté leurs fruits. Or, c’est toute la filière de l’enseignement professionnel - de l’apprentissage à la formation continue en passant par celle des personnes à la recherche d’un emploi - qu’il faudrait remettre à plat.

Cela demande du temps et ne se fait pas juste en claquant les doigts. Il faut mettre autour d’une table les partenaires sociaux, les services ministériels et tous les organismes publics et privés intervenant dans ces domaines. Sans fixer ni date butoir - l’obsession de Sarkozy - ni objectifs à atteindre, quitte à faire capoter les solutions dégagées. Aller très vite, tel est l’objectif actuel du gouvernement comme en témoigne Xavier Bertrand qui mise sur des solutions rapides contre le chômage (Dépêche Reuter 27 déc. 2011). Nous connaissons très bien la raison de ce soudain branle-bas de combat : la proximité de l’élection présidentielle.

Or, c’est le temps qui manque précisément aujourd’hui à Nicolas Sarkozy qui n’intervient sur le dossier de la formation des chômeurs qu’en fonction de ses impératifs électoraux. Un peu plus de 100 jours ! Sans avoir besoin d’être grand clerc l’on subodore qu’il s’agira une fois de plus de chercher quelques emplâtres qui ne règleront rien sur le fond. Eternelle resucée de sa méthode : effets d’annonce sans lendemain. Point barre.

Il restera à savoir si les électeurs s’en contenteront. En n’ayant garde d’oublier qu’après les « Cent jours » il y eut… Waterloo !

lait d'Beu

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6 janvier 2012 5 06 /01 /janvier /2012 10:06

Sarkozy: « La plus grande des inégalités ne réside pas dans les écarts de richesse »  

Il était parti à Poitiers, dans la région de Ségolène Royal. Nicolas Sarkozy poursuivait sa tournée des voeux, cette fois pour le monde de l'éducation. Ce fut sans doute le premier discours de promesses électorales.

Le candidat sortirait-il du bois ? Bien sûr que non. Il fallait encore profiter du Sarkobingo, le budget de l'Elysée pour faire campagne sans compter...

La ficelle était bien grosse. Depuis qu'il est élu, son bilan éducatif est terrifiant. La dernière loi de finances, votée pour 2012, avait déjà permis de mesurer l'hypocrisie du discours officiel.

Le « monde nouveau » de Sarkozy
Jeudi vers 12h00, le Monarque était tout souriant en arrivant sur son estrade dressée dans le Palais des Congrès du Futuroscope. Il venait de visiter le centre national de documentation pédagogique, le CNDP. A l'Education nationale, Nicolas Sarkozy pouvait décliner son nouvel argumentaire sur le monde nouveau. En 2007, le candidat faisait croire qu'il avait changé et qu'il fallait une rupture à la France. En 2012, il veut expliquer ses reniements et promesses non tenues par le mythe d'un monde qui aurait brutalement changé.

« Les idées nouvelles, c'est précisément ce dont la France a le plus besoin aujourd'hui. Dans ce monde nouveau, nous devons quitter les discours convenus. Et repenser notre façon d'appréhender les débats. En particulier sur l'éducation. (...) La crise qui secoue le monde est profonde. C'est une crise de civilisation, morale. (...) Cette crise a dévoilé la réalité d'une société, la notre, régit par le court terme, obsédée par la recherche d'avantages immédiats, trop accrochée au confort du présent. »

Croyez-le, ce Nicolas-là, il sait de quoi il parle. Crise morale ? Crise de civilisation ? « Partout où je porte mon regard, on me parle, à juste titre, d'une crise d'identité». Sans blague ? En 2007, il n'avait pas vu la crise écologique (elle serait donc apparu depuis). La crise financière ? Tous les Sarkozystes croient encore qu'elle est arrivée par surprise un beau jour de septembre 2008. Il y a 5 ans, Sarkozy voulait des subprimes à la Française que la crise des subprimes ravageait pourtant déjà l'Amérique. Trois millions de foyers américains étaient en situation de défaut de paiement. Crise économique ? Sans doute, évidemment, bien sûr. Mais qu'y -a-t-il de nouveau dans ce monde là ?

« Nous ne pouvons pas ignorer le monde » déclara Nicolas Sarkozy. Il l'ignore pourtant depuis 2006.

« L'éducation et la recherche constituent un formidable moyen de reprendre son destin en main. (...) En investissant depuis 2007, des dizaines de milliards d'euros dans l'enseignement supérieur, la recherche, les technologies d'avenir, nous avons, il me semble, apporté la preuve que nous ne parlions pas à la légère.» Sur ces « dizaines de milliards », combien ont été vraiment engagés ? Combien n'étaient que du reclassements d'emprunts ? L'arnaque des « investissements d'avenir » est connue depuis belle lurette. Il s'agissait d'un coup électoral, afficher une belle enveloppe (35 milliards d'euros) qui finalement n'était qu'une goutte d'eau dans l'océan de dette publique que Nicolas Sarkozy nous léguait à la fin de son mandat (600 milliards d'euros d'emprunt public supplémentaires en 5 ans)...

« Il n'y a pas de déclin inéluctable » voulait-il nous faire croire. Avec ou sans lui ?

Jeudi à Poitiers, le Président des Riches revendiquait ses choix, «l'excellence » (car « il n'y a pas de place pour la médiocrité ») et la « justice ». Il eut cette phrase déjà culte, incroyable, qu'il fallut attraper au milieu de ces 36 minutes de discours. Lisez donc la à voix haute. C'est plus fort.

« La plus grande des inégalités ne réside pas dans les écarts de richesses.»

Et il ajouta: « Mais dans la différence d'études. On a fait le choix de l'unité de la nation dans et par l'école.» Bien sûr... Nier la rente, le poids des inégalités de naissance est un grand classique des plus réactionnaires du pays. Nicolas Sarkozy, sur ce point, n'a pas changé. Candidat des Riches, Président de la Rente.

Sur l'excellence, Nicolas Sarkozy était auto-satisfait: « Quatre ans après le vote de la loi LRU, la quasi totalité de nos universités sont autonomes. L'enseignement supérieur a vu sa dotation augmenter de 9 milliards d'euros depuis 2007. (...) Une immense réorganisation du paysage universitaire est à l'oeuvre. Nous renforcons les liens entre recherche et innovation.
Prophétique: Le résultat, c'est que d'ici cinq ans, nous aurons en France un nombre significatif d'universités de dimension mondiale. (...). Ces changements étaient jugés impossibles. Les déclinistes ont eu tort.»

Evidemment, « cet effort vers l'excellence, n'aurait aucun sens s'il ne bénéficiait pas à nos enfants. » Lesquels de nos enfants ?

Comme le rappelait une enquête de l'OCDE rapportée par le Nouvel Obs, la France est l’un des pays qui « amplifie le plus sur le plan scolaire les inégalités sociales avec une part croissante d’élèves en difficulté : 15% en 2000 contre 20% en 2009 ». Nicolas Sarkozy n'y a rien changé. Pire, depuis qu'il est président, l'Education nationale ne représente plus que 21% du budget de l'Etat (en 2010) contre 28% en 2007. Alors même que la population et le nombre d'élèves augmentent. Quelle priorité !

Nicolas Sarkozy avait une proposition forte, la suppression du collège unique. Ce modèle d'intégration républicaine aurait fait la preuve de son échec, d'après le Monarque. Il faudrait le réformer. Et quel meilleur argument que celui de la « personnalisation » quasiment sur-mesure de l'enseignement. Le hic ? Il faudra moins d'enseignants, moins de moyens. Puisque que nous sommes « en crise ». Jugez plutôt.

Etape 1: « Nous avons confondu égalitarisme et égalité des chances. Ce qui était présenté comme un système ouvert à chacun était en réalité un entonnoir fermé à beaucoup. Ce fut le grand mensonge pour toute une génération. » 

Etape 2: « Il faut accepter d'adapter la pédagogie à la personnalité des élèves.»

Etape 3: ne vous inquiétez pas, Nicolas est là et il sait ce qu'il fait: «Il n'y a pas de déclin inéluctable. (...)  Le nombre d'élèves ayant des connaissances insuffisantes a fortement régressé en français (-13%) et s'est stabilisé en mathématiques.» C'était faux, il inventait ses statistiques. Mais il discourait. Personne n'était là pour lui porter la contradiction. Le candidat se planquait de tout débat.


Les 4 nouvelles promesses du candidat Sarkozy
Puis vinrent les propositions du candidat.Comment le CSA et la Commission des Comptes de Campagne considèreront cette intervention ?

1. Primo, « Il faut accélérer le rapprochement entre l'école et le monde du travail». C'est un peu la conséquence logique d'une autre affirmation du jour: « Accepter enfin de dire que la première mission de l'école est de préparer à la vie active. (...)  Si un diplôme ne débouche pas sur un emploi, mérite-t-il son titre de diplôme? » Rappelons que Nicolas Sarkozy évoquait le ... collège.



2. Secundo, Sarkozy veut supprimer le collège unique. La personnalisation avec moins de moyens, c'est toujours son dada. « Après avoir réformé l'école primaire et le lycée, la priorité c'est maintenant le collège. » Et Sarkozy a une idée: « Il faut mettre fin aux faiblesses du collège unique. Il faut certainement recentrer la 6 e et la 5e sur les enseignements fondamentaux. » La perspective est terrifiante: en 5 ans de mandature Sarkozy, le nombre classes primaires a baissé d'environ 500 par an alors que le nombre d'élèves en primaire a progressé de 52.000. Par un fâcheux miracle, les lycées ont perdu près de 65.000 élèves en 5 ans, année après année... alors que les collèges grossissaient d'environ 60.000 élèves sur la même période. Le décrochage fut flagrant. Depuis 2002, rappelait le Nouvel Obs ce jeudi, « la baisse a aussi été notable en ce qui concerne les moyens humains consacrés à l'éducation : plus de 154.700 postes d'enseignants ont été supprimés entre 2000 et 2011». Vous avez bien lu. La France a perdu plus de 150.000 enseignants ! On avait oublié la promesse du candidat en 2007: « Dans les quartiers où s’accumulent tous les problèmes de l’exclusion et du chômage, je propose de créer des classes de quinze élèves dans les collèges et les lycées » déclarait-il en mars 2007. Evidemment, il n'en fut rien.

3. Tertio, il faudra encore se serrer la ceinture: « Je veux le réaffirmer aujourd'hui avec force et une certaine gravité: dans la situation financière qui est la nôtre, nous devons et nous pouvons, dans l'Education Nationale faire mieux avec les mêmes moyens!»

4. Quatrième promesse, Sarkozy veut refondre le métier même d'enseignant. Comment ? On ne sait pas. Mais il veut « réformer ». Fichtre ! Que n'a-t-il fait depuis 5 ans ? Il a déjà massacré la formation des maîtres, en relevant en 2009 le niveau requis pour le recrutement
des candidats aux métiers de l'enseignement. Le nombre de candidats au professorat a chuté de 35.000 en 2009 à ... 18.000 en 2010. « La priorité, c'est de redéfinir le métier d'enseignant. (...) Quelle est la mission des enseignants? Qu'attendons nous des enseignants? Vos missions sont régies par des textes de 1950. Est-ce que les enfants d'aujourd'hui sont ceux des années 50?» Ces formules avaient un parfum de « rupture » version 2007. A l'époque, le candidat Nicolas revendiquait déjà la « liberté pédagogique des enseignants, car rien ne remplace l’expérience de 20 ans d’enseignement.» Il avait menti puisqu'il n'a rien rien fait à part réduire le nombre de professeurs et expulser les étudiants étrangers dès leur diplôme. La Sarkofrance en 2011 sent le rance...

Sarkozy était tout content. Juste avant les élections, à l'automne dernier, il a fait augmenter le salaire des profs rescapés des suppressions de postes. « C'est un sujet majeur. Dès le premier février, tout jeune enseignant exercant à temps plein percevra un salaire d'au moins 2000 euros brut. Soit une augmentation de 18%.» Mais Sarkozy ne promettait plus rien de la sorte pour l'avenir. En revanche, il aimerait que « dès l'école primaire », se constitue « de véritables équipes de professeurs soudés autour du chef de l'établissement.» Et le chef d'établissement, devra-t-il s'auto-gérer ?

Dans la journée, on apprenait que Nicolas Sarkozy espérait s'assurer les services de Claude Allègre, l'homme qui nie le réchauffement climatique et qui voulait « secouer le mammouth » quand il était sous-ministre de Jospin. Les enseignants, traités voici 15 ans de « mammouths» seront heureux de l'apprendre.

Juan Sarkofrance

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 09:36

Sarkozy: des voeux narcissiques au recul sur la TVA Sociale

Mardi, Nicolas Sarkozy adressait ses voeux aux Armées. Un moment qu'il voulait très grand dans son agenda présidentiel, après une année 2011 marquée les opérations en Côte d'Ivoire et en Libye, et la mise en oeuvre du retrait d'Afghanistan.

Pour un président qui veut dépasser son bilan, un candidat qui veut enfin paraître présidentiel, les voeux aux Armées sont un exercice de choix, une étape indispensable. A chacune de ces occasions depuis cinq ans, aggravées par quelques hommages funèbres aux nombreux soldats tués en Afghanistan depuis 2007, Nicolas Sarkozy nous refait le même coup et le même discours. Il évoque « la nation française » si « fière » de ses soldats, la « patrie », « l'honneur », la « discipline », le « courage », le « sacrifice ultime ».

Des voeux endeuillés
Il fallait simplement rappeler - ce que Nicolas Sarkozy ne fit pas -  que près de 80% des 78 soldats français tués sur place depuis 2001 l'ont été depuis que cette décision absurde de rester en Afghanistan et d'y renforcer le contingent français.

A Lanvéoc-Poulmic dans le Finistère, le Monarque visitait une école navale. Plus tard, devant des élèves-officiers, sur son estrade, devant sa grande bâche bleue, il avait le teint gris, le visage crispé et le ton grave. Son épaule gauche était toujours prise de soubresauts de temps à autre.

Il débuta par un hommage inévitable et nécessaire à deux légionnaires français tués juste après Noël en Afghanistan. Les voeux commençaient par une oraison funèbre, donc mal. « Au moment de prendre la parole devant vous, je veux avoir une pensée émue pour vos deux aînés tombés au combat en Kapisa il y a quelques jours, et qui, eux, ne connaîtront plus jamais les promesses d'une nouvelle année. (...). Ils sont tombés loin de chez eux pour défendre l'idée que la France se fait d'un monde libre. (...) Ils sont morts en servant la Légion Etrangère, ce modèle d'intégration dans les valeurs de la République Française. »

La référence était curieuse. La Légion a été créée en 1831 par ... Louis-Philippe. Nicolas Sarkozy a l'histoire défaillante. Ce discours fut donc l'occasion de défendre, comme à chaque homélie funèbre de soldats français tués là-bas, l'intervention française en Afghanistan contre le « pire des fanatisme religieux ». Les années passent, les morts s'accumulent, la situation empire au point que Barack Obama a accéléré le retrait américain de la zone depuis la mort d'Oussama Ben Laden, mais Nicolas Sarkozy ne change pas d'argument ni de posture. Il nous présente toujours la guerre en Afghanistan comme le combat caricatural du Bien contre le Mal, de la Liberté contre l'Obscurantisme.

En Afghanistan, le président Armid Karzaï, soutenu par les Etats-Unis et l'OTAN malgré des accusations de corruption et de trafic de drogue, s'est pourtant rapproché des Talibans, au point d'autoriser l'ouverture d'un bureau taliban au Qatar pour faciliter les négociations.

Peut-être serait-il tant que Nicolas Sarkozy change de vocable ?

Sarkozy sans retenue
« N'oubliez jamais ces deux soldats, ces deux camarades ». Au bout de 5 minutes à peine d'un discours qui paraissait trop long, Nicolas Sarkozy devait dériver sur sa propre grandeur personnelle. Et le paragraphe qui suivit ce rapide hommage aux deux soldats tués fut proprement hallucinant de narcissisme et d'auto-satisfaction. Alors qu'il évoquait le sacrifice ultime des morts, et le sens du devoir des personnels militaires, le voici qu'il dérailla sur lui:

« Croyez bien qu'en tant que chef des armées, je connais la valeur de ces mots. Ils me reviennent chaque fois que mon chef d'état-major vient m'annoncer la mort d'un de nos soldats. Chaque fois que je prend la décision d'engager nos forces, je sais que malgré nos efforts, que malgré nos moyens, il se peut que certains ne reviennent pas vivants. 


Ce poids de la décision, je le porte... comme vous porterez vous-même l'angoisse du combat. C'est peut-être là le poids le plus lourd de la responsabilité confiée au chef de l'Etat. Mais croyez-moi, le poids de la démission, ou le poids du déshonneur de la France serait plus lourd encore. »

On ne pouvait percevoir si ses mollets, cachés par l'estrade, enflaient à mesure de ces propos.

En fait, il n'avait rien à dire, sauf à se mettre en scène. Il eut beau rappeler sa Grande Décision de consacrer les cérémonies du 11 novembre à tous les soldats morts pour la France; faire l'éloge des valeurs militaires (« plus que jamais la France a besoin de l'exemple d'unité, de solidarité et de courage que vous démontrez quotidiennement ») qu'il veut modèles pour notre République (« la France aura besoin d'une audace pareille à la vôtre ! »), ou féliciter les soldats de l'opération Licorne et, évidemment le succès militaire en Libye.

Nicolas Sarkozy n'annonça rien. Quelle déception ! On nous avait promis une salve de « mesures fortes » à l'occasion de cette tournée des voeux. Mais là, rien.

Il se garda même de préciser le calendrier du retrait français d'Afghanistan. L'an dernier, il avait été pris de court par la décision de Barack Obama de retirer les troupes américaines d'Afghanistan sitôt Oussama Ben Laden exécuté. Ce mardi, le président français botta en touche. Il confia qu'il attendrait fin janvier, et une rencontre avec le trouble président Karzaï à Paris.

Le discours fut finalement bref, 29 minutes. Sarkozy voulait simplement paraître solide comme roc, déterminé comme un chef, et au-dessus des intérêts partisans comme un de Gaulle en 1940.

Ce fut raté.

Sarkozy enragé mais indécis
Car, en coulisses, toujours en coulisses, le discours était différent. Nicolas Sarkozy reste enragé et indécis.

Nicolas Sarkozy demandait à ses proches de se déchainer contre le candidat socialiste. Mercredi, la nouvelle publiée par le Parisien, démentie par le même journal quelques heures plus tard, que François Hollande aurait traité Nicolas Sarkozy de « sale mec » avait enragé encore davantage les sbires élyséens. Laurent Wauquiez, Nadine Morano, Thierry Mariani, Valérie Pécresse, Jean-François Copé, et consorts, tous perdirent un à un leurs nerfs. Pas moins de 6 communiqués furent lancés par l'UMP dans la matinée de mercredi... Avant que le chef du service politique du Parisien ne précise les propos entendus: François Hollande n'avait pas traité Nicolas Sarkozy de sale mec.

Combien de ministres UMP s'étaient ridiculisés en si peu de temps ?

Plus grave encore, quelques ministres étaient surpris en plein rétro-pédalage sémantique sur la TVA sociale. Mardi, on croyait que la décision d'augmenter ma TVA pour compenser une baisse des cotisations patronales était prises. Xavier Bertrand, ministre du Travail, nous l'avait promise avant la présidentielle, Valérie Pécresse l'avait confirmé («La TVA sociale pour créer de l'emploi en France et pour éviter que des produits importés ne soient vendus chez nous à bas coûts, nous allons la faire et nous allons la faire avant l'élection présidentielle»).

Mercredi, arrière toute ! 

Sur France info, le ministre de l'Economie François Baroin précisa: «aucun arbitrage n'est rendu, aucun arbitrage n'est rendu, il y a un objectif qui a été fixé par le Président de la République » sur le sujet. Il faut, selon lui, «réfléchir avant l'élection présidentielle, dans le cadre de la perspective du sommet social (le 18 janvier) qui est un rendez-vous important, qui ne rassemble pas les leaders syndicaux pour ne rien leur dire, pour ne pas les écouter». Deuxième élément de langage, les ministres tentèrent de requalifier la mesure: «c'est pas un projet politique la TVA sociale, c'est un mauvais terme d'ailleurs » expliqua Baroin. Quant à la TVA sociale, ce serait « peut-être avant la présidentielle ». L'assurance était parti.

Sur France Inter, Nadine Morano, sa collègue apprentie, marmonna une autre expression : « je préfère parler de participation pour la compétitivité de la France »... Quelle imagination ! Sur Canal+, Valérie Pécresse bafouillait devant la journaliste Caroline Roux: « Nous n’avons pas encore dit de combien nous augmenterions la TVA. Donc, ne dites pas encore comment, de combien. »

Un malheur n'arrivant jamais seul en Sarkofrance, les porteurs du projet de SCOP pour la reprise de Seafrance refusèrent, dans une lettre ouverte à Nicolas Sarkozy, le piège tendu hier par le Monarque. Dans leur courrier, très poli, ils expliquèrent: « nous devons d'ores et déjà vous indiquer que la solution esquissée dans votre correspondance du 2 janvier 2012 ne peut être envisagée en raison de l'insécurité juridique qu'elle engendre, par l'incertitude pour la SNCF de récupérer les navires, par la perte du fonds de commerce, du nom commercial, des systèmes de réservation fret et passager, et donc de l'accès à la clientèle ainsi que les logiciels nécessaires au fonctionnement de la compagnie. (...) Une liquidation pourrait compromettre le projet de reprise par la perte de compétences clés, notamment commerciales, informatiques... »

Et paf !

juan Sarkofrance

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