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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 09:34

La souveraineté du peuple français violée il y a quatre ans, nous n’oublions pas !

 

Aujourd'hui est l'anniversaire de la forfaiture sur laquelle se bâtit l'Europe austéritaire. Il y a quatre ans, le 4 février 2008, une majorité de parlementaires réunie à Versailles ratifiait le traité de Lisbonne contre le vote des Français au referendum de 2005. Organisé par Nicolas Sarkozy, ce coup de force était rendu possible par l'abstention des dirigeants du PS. Beaucoup de mes concitoyens n'ont jamais oublié cette violation de la souveraineté populaire. Les dirigeants européens non plus. Enhardis par ce précédent, ils ont confirmé et aggravé la dérive autoritaire de l'Union.

Le nouveau traité intergouvernemental signé lundi avec sa règle d'or ne sera soumis nulle part à referendum. Pourtant il limite très fortement la souveraineté des Etats. La droite et les sociaux-démocrates au Parlement européen ont refusé d'appeler à tenir des referendums. Pour ma part, je m'engage avec le Front de Gauche à soumettre ce traité à un referendum si je suis élu en mai prochain. Et à réparer ainsi la forfaiture du congrès de Versailles.

Jean-Luc Mélenchon

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 09:23

Produits origine France : L’imposture du vote des députés UMP et Nouveau Centre !

Les députés UMP et NC viennent de voter une proposition de résolution sur le Fabriqué en France, consistant à identifier l'origine des produits. Et pourquoi pas une proposition de loi ? Tout simplement parce que seule la commission européenne peut le décider !


Produire en France ! C'est le cri de guerre des candidats à la présidentielle. Pour ce faire, 150 députés UMP et Nouveau Centre,ont adopté une résolution visant à développer le « Fabriqué enFrance » et à déterminer la notion d’origine des produits.

 L’idée de Christian Estrosi, le chef de file de ces députés est, nous dit Europe1 de : « (…) redonner à la production française un sens (…) Avec en filigrane la volonté de défendre la qualité de la fabrication à la française, pour préserver les emplois dans l’Hexagone (…) »

Fort bien direz-vous ! Oui, sauf que vous aurez remarqué que les députés UMP et Nouveau Centre ont voté une proposition de résolution et non une proposition de loi. Mais pourquoi ?Et bien tout simplement parce que : Cela relève du droit communautaire. Donc les parlementaires français n’ont aucune autorité et ne peuvent qu’adresser un message à la Commission Européenne en espérant qu’elle voudra bien se pencher sur le sujet !

 Ce qui est clairement indiqué sur le site de l’Assemblée Nationale« (…) Souhaite que la Commission européenne, en lien avec le Parlement européen et le Conseil de l’Union européenne, reconnaisse que le marquage de l’origine des produits intra-communautaires ou extra-communautaires n’est pas incompatible avec le principe de libre circulation et ne constitue donc pas une entrave aux échanges ;(…) Souhaite que les institutions européennes engagent un travail sur la notion d’origine des produits en minimisant la logique douanière et en favorisant une logique de production industrielle et de transparence vis-à-vis des consommateurs ;Invite la Commission européenne, en lien avec les travaux déjà réalisés au Parlement européen, à réfléchir à la possibilité d’ajouter pour chaque marquage d’un produit d’origine intra-communautaire, à côté du marquage de l’État membre, le marquage « Fabriqué dans l’Union européenne ».

Ce qui signifie qu’on peut résumer le vote des députés UMP et Nouveau Centre à une simple opération de communication !D’autant précise Europe1 que dans le cas où l’Union européenne venait à s’emparer du dossier, rien ne serait résolu puisque : « (…)La modification de la législation ne peut passer que par des négociations. Or, la majorité des pays ne souhaitent pas voir obligatoire le marquage d’origine des produits (…) » Alors, la résolution qui propose : « un étiquetage plus précis, avec le label Made in France pour les produits ayant plus de 55% de fabrication française » 

Cet échec programmé n’empêche toutefois pas Christian Estrosi de se réjouir. En effet, il s'est félicité d’avoir lancé un débat « brûlant, actuel, incontournable » tout en omettant de rappeler que la seule arme du gouvernement reste ... la TVA sociale rebaptisée taxe anti-délocalisation qui viendra, quoi qu’il arrive, grever le pouvoir d’achat des consommateurs sans sauver ou créer un seul emploi !Merci qui ?Slovar

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 09:21

TVA sociale : Les belles histoires et légendes contées aux français ?

 

Le gouvernement prévoit, en contre partie de la TVA sociale, une baisse du prix des produits fabriqués en France et la création de 70 000 à 100 000 emplois. Si pour les prix, on peut toujours rêver, en ce qui concerne l'emploi il faudra attendre ... 3 ans !

« Je vous ai promis le plein emploi, je vais me battre pour le plein emploi. J'ai dit que le pouvoir d'achat était un grave problème, je me battrai pour le pouvoir d'achat » déclarait Nicolas Sarkozy en 2007, ajoutant : « Je veux dire à chacune et à chacun d'entre vous que je ne vous trahirai pas, je ne vous mentirai pas, je ne vous décevrai pas »

Eh bien, on peut dire que nous n'avons pas été déçus, puisque Pôle Emploi compte 5 millions d'inscrits et que le pouvoir d'achat est en berne depuis pas mal de temps. Néanmoins, notre Président serait prêt à briguer un nouveau mandat, au cours duquel, il résoudrait chômage et pouvoir d'achat au travers d'une providentielle TVA sociale.

TVA sociale qui devrait au demeurant permettre aux entreprises de regonfler leurs marges sans pour cela créer d'emploi, du moins à temps plein, puisque l'investissement et les embauches ne sont visiblement pas la priorité du Medef !

En effet, expliquait Laurence Parisot : « (...) l'entreprise pourra profiter des baisses de cotisations pour baisser son prix hors taxes, investir, augmenter les salaires... ou conserver sa marge. Pas question de négocier des engagements. « Il faut laisser la liberté d'utiliser les marges de manoeuvre »

Ce qui est confirmé par Patrick Artus, économiste en chef, directeur de Natixis : « (...) Que vont faire les entreprises de la baisse des charges sociales patronales ? Je ne pense pas qu’elles vont en profiter pour baisser leurs prix. Je suis persuadé qu’elles vont plutôt augmenter leurs marges bénéficiaires (...) »

En fait, même si le Chef de l'état ne le reconnaît pas, il n'a fait que recopier les revendications du Medef publiées en novembre 2011. Dans lequel l'organisation patronale promettait, à la volée, la création de 30 à 50 000 emplois. Voire plus chez Rexecode, officine amie du Medef, qui, elle, annonce des possibilités de créations nettes d’emplois ... pouvant aller jusqu'à 200 000 !

Ces promesses sont bien tentantes pour communiquer, à quelques encablures du premier tour de la présidentielle. C'est pourquoi,nous expliquait Le Figaro, samedi : « (...) selon le ministère de l'Économie, la mise en place de la TVA sociale pourrait permettre la création de 100.000 emplois (...) Les Echos dévoilent un rapport de Bercy qui estime les performances attendues de la mesure dont l'objectif est de réduire le coût du travail et de décourager les délocalisations. Le ministère de l'Économie précise que certaines estimations se situaient à 70.000 ou 80.000 emplois créés, d'autres nettement au-delà de 100.000. Le chiffre retenu est une moyenne jugée réaliste à environ ... trois ans (...) »

Petite précision qui devrait amuser un autre économiste, Nicolas Bouzou, qui déclarait le 30 janvier : « Ce qu'a annoncé Nicolas Sarkozy est une vraie TVA sociale, sans doute utile, mais d'une ampleur très limitée, et sans effet spectaculaire sur l'emploi, loin du choc de compétitivité escompté »

Concernant le pouvoir d'achat : Selon le rapport de Bercy, le relèvement de 1,6% du taux de TVA n'aura « pas d'impact significatif » sur les prix.

Vous voulez en connaître la raison ?

Selon les experts du ministère de l'économie l'impact reposerait sur : « seulement » 40 % des biens et services consommés.

Bonne chance aux consommateurs pour trouver des vêtements, chaussures, équipements de la maison, électronique, électro ménager, audiovisuel, jouets, ameublement, ... fabriqués en France. Produits qui risquent de ne pas baisser de prix puisque : « (...) Bercy veut également croire que les entreprises qui vont profiter de la baisse des charges la répercuteront sur leurs prix. Si bien que le prix TTC devrait baisser pour les produits non concernés par le relèvement de TVA (...) »

Quant aux produits soumis à une augmentation de la TVA, ils pourraient : « (...) rester globalement stables pour ceux concernés par la hausse de TVA. Les entreprises n'ont pas intérêt à augmenter leurs prix de vente sous peine de perdre des parts de marché »

Et le rapport de conclure : Seuls les prix des produits importés devraient donc augmenter. CQFD !

Ce que conteste Patrick Arthus qui signale que : « la hausse de la TVA va faire monter les prix, comme cela a été le cas outre-Rhin – contrairement à ce qu’a indiqué M. Sarkozy –, au Royaume-Uni ou au Japon. Elle pourrait nous coûter entre 0,2 et 0,3 point de croissance du fait de la baisse prévisible de la consommation (...) »

Des produits fabriqués en France dont le prix baisse en même temps qu'on crée de 100 à 200 000 emplois. Et dire qu'il aura fallu attendre les derniers mois du mandat de notre président, de son gouvernement et de sa majorité pour découvrir la recette miracle, c'est rageant, vous ne trouvez pas ?

Néanmoins, le tout est de savoir si les français ont envie de les reconduire pour 5 ans, histoire de vérifier si 10 ans de pouvoir sont nécessaires pour vérifier que les promesses ... n'engagent que ceux qui y croient !
Slovar

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 09:14

Sarkozy: « Ich habe sauvé Europa»

Lundi, Nicolas Sarkozy était très fier de son conseil des ministres franco-allemand. C'était en fait un déjeuner de travail. Angela Merkel s'était déplacée à Paris, et les deux s'affichèrent ensemble pour une mini-conférence de presse puis une courte interview télévisée communes.

Le Monarque ne confirma pas sa candidature à l'élection présidentielle, mais l'information n'était de toute façon plus attendue. Angela Merkel avait lâché le morceau il y a 8 jours, elle viendrait participer au meeting de campagne du candidat sortant.

Sarkozy voulait prouver, devant témoin, que Merkel et lui avaient sauvé l'Europe de la catastrophe.

Sarkozy acculé

Depuis bientôt deux ans, Nicolas Sarkozy a choisi le modèle allemand sans qu'on sache vraiment lequel. Il ne cherche pas tant à singer la politique économique ou sociale du gouvernement allemand que de coller au plus près de sa voisine chancelière. Et cette dernière le lui rend bien. La France lui donne l'alibi de ne pas apparaître comme dirigeant seule l'Europe. A Paris, Angela est toujours ravi des démonstrations de Nicolas. De toutes façons, il est trop affaibli pour la gêner véritablement.

De soncôté, ce dernier ne peut s'en passer. Quand il s'accrochait au Triple A, ses tribunes communes avec Angela Merkel lui permettait de s'assimiler au meilleur élève de la classe européenne. Depuis qu'il a été dégradé, Sarkozy s'accroche avec d'autant plus d'énergie.

Son salut, surtout personnel, viendrait d'Allemagne.

Le modèle allemand a pourtant ses zones d'ombre, comme l'ampleur du travail partiel et précaire, la pauvreté de masse, l'absence de salaire minimum. L'Allemagne dégage peut-être des excédents commerciaux ou budgétaires. Ni Sarkozy ni ses ministres ne les évoquent. Ils préfèrent parler compétitivité, un terrain où l'Allemagne fait la course en tête aux détriments de ses voisins.

Sur le sujet fiscal, aucun journaliste ne demanda à Nicolas Sarkozy ce qu'il pensait que la mauvaise nouvelle du jour. Le Parisien du jour publiait une simulation des effets inattendus de la non-indexation du barème de l'impôt sur le revenu sur l'inflation : (1) quelque 100 à 200 000 foyers français, vont perdre leur exonération d'impôt sur le revenu : c'est « la hausse que personne n’a vu venir ».

Pire, l'impact est en cascade : ces fameuses classes moyennes que Laurent Wauquiez chérit vont perdre sur tout la ligne . « Le gel du barème a un effet mécanique : cela conduit à une augmentation généralisée de l’impôt sur le revenu » a commenté Vincent Drezet, du Syndicat national unifié des impôts (Snui). Et le journal d'ajouter : « D’ailleurs, le gouvernement s’attend à engranger 1,7 Md€ dans les caisses de l’Etat. Et le double en 2013, soit 3,4 Mds€. »

Mais ce n'était pas tout. Pour ces 100 à 200 000 foyers, la catastrophe était totale. Nombre d'aides sociales ne sont versées qu'à condition de ne pas être imposables à l'IR.

Sarkozy accolé

Vers 13h, les deux chefs de gouvernement s'affichèrent pour une mini-conférence de presse commune. Nicolas Sarkozy était sérieux. Il parla en premier. Il levait souvent les mains. La chancelière hochait régulièrement la tête en l'écoutant.

« Nous sommes les deux premières économies d'Europe. Notre alliance est stratégique. Et à un moment où le monde connaît tant de bouleversements, tant de difficultés, tant de changement,... à un moment où l'Europe s'est trouvé confrontée à tant de crises financières et économiques, l'alliance sans faille, déterminée entre l'Allemagne et la France, a permis d'éviter que l'Europe en général et l'euro en particulier tombe dans le gouffre de la crise financière. »

Que l'Union pour la méditerranée semblait loin !

Sarkozy voulait évidemment faire croire que l'alliance franco-allemande ne reposait que sur lui, puisque ses opposants menacent de renégocier les traités.

Parfois, il dérape.


La présence solidaire d'Angela Merkel lui a ainsi permit de donner une énième leçon à la Grèce, sommée d'accepter les conditions financières qui lui sont proposer: « Les Grecs ont pris des engagements, ils doivent les respecter scrupuleusement. Il n'y a pas le choix, le temps presse. C'est une affaire de jours, maintenant il faut conclure ». Qui est-il pour donner de telles leçons ? L'Allemagne de Merkel voulait davantage de tutelle, mais surtout davantage d'abandons de créances des banques européennes en Grèce. Nicolas Sarkozy, soutenu par ses collègues, résista tant qu'il put. La France a des intérêts en France.

Angela Merkel se félicita de l'établissement du nouveau traité européen et de l'harmonisation en cours des taux d'impôts sur les sociétés entre les deux pays. Cette démarche prendra une bonne année. Mais Nicolas Sarkozy a l'habitude de faire semblant d'ignorer qu'il y avait des élections présidentielle puis législatives. Il expliqua combien la convergence fiscale franco-allemande, cette fois-ci sur l'impôt sur les sociétés, serait un facteur de stabilité pour l'Europe.

Angela Merkel fut évidemment interrogée sur son soutien à la campagne électorale de son voisin: « Il est normal que nous soutenons nos partis amis ». Et elle a prévenu: « je le soutiens sur tous les plans ». Sur tous les plans ?

Sarkozy annonça enfin la mise en place d'un « groupe des amis du peuple syrien », « avec nos amis arabes et notamment avec la Ligue arabe ». Angela Merkel fut plus directe à propos de la Syrie, en se déclarant « atterrée » des vétos russe et chinois à une résolution du conseil de sécurité de l'ONU contre la Syrie.

Peu après le déjeuner, les deux furent interrogés ensemble, assis sur deux chaises du salon Murat, au Palais. L'interview fut d'abord retransmise dans le journal télévisé de la ZDF puis par France 2.

Sarkozy déclara sa flamme: « j'admire Mme Merkel».

David Pujadas offrit l'occasion à Sarkozy d'adouber, une fois de plus, son ministre de l'intérieur après ses propos du weekend sur les différences de civilisation: Le ministre de l'intérieur a dit qu'une civilisation, un régime, une société qui n'accordaient pas la même place et les mêmes droits à des hommes et à des femmes, ça n'avait pas les mêmes valeurs. C'est du bon sens. »

Sarkozy enfila quelques platitudes: « Economiquement, nous sommes plus forts à 450 millions d'habitants qu'à 65 millions ». Sans rire ?

Sur son improbable déclaration de candidature, Nicolas Sarkozy fut évasif: « ceux qui entouraient Mitterrand n'étaient pas choqués qu'il ne déclare pas avant mars ». Il se comparait encore au François Mitterrand de 1988. Cohabite-t-il avec Fillon ?

Ce lundi 6 février, il faisait encore froid en France. EDF craignait que ses centrales ne pètent les plombs. La secrétaire d'Etat à la Santé, Nora Berra, conseilla aux Français de rester... chez eux.

Les SDF étaient prévenus. 

Juan Sarkofrance

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:05

Sarkozy avec des ouvriers du bâtiment: autopsie d'un ratage médiatique

juan Sarkofrance

Jeudi 2 février, le Président de la République se déplaçait sur un chantier du bâtiment avant un discours sur sa politique du logement.

Le déplacement avait été décidé suite à l'allocution multi-diffusée du dimanche précédent. Une soudaine vague de froid frappait le pays dont l'Ile-de-France. Le ratage médiatique fut complet, et presque incroyable quand on connaît les moyens et l'énergie dédiés à l'opération par les services de l'Elysée.

Nicolas Sarkozy avait refusé de reporter le déplacement malgré le froid. Il était arrivé en hélicoptère... sans rire (l'Essonne est en Ile-de-France pour celles et ceux qui ne le sauraient pas). La veille, La Fondation Abbé Pierre avait publié son 17ème rapport sur le mal-logement. La visite tombait à propos. Il fallait aussi faire de la pédagogie sur la énième proposition confuse en faveur du logement: dimanche, le Monarque avait promis d'assouolir de 30% les surfaces constructibles.

Jeudi, les premières images et videos d'un Nicolas Sarkozy souriant au milieu d'ouvriers multi-couleurs sont rapidement relayés par les médias. On entend un candidat présumé refuser de répondre à un employé du chantier sur son éventuelle candidature. la boutade ne dupe personne. Les photos sont nombreuses, presqu'autant que les participants au chantier. Nicolas Sarkozy put croiser près d'une centaine d'employés.

Assez rapidement, sur Twitter puis dans leurs médias respectifs, les journalistes accrédités relèvent la manipulation. Pour le Monde, Arnaud Leparmentier s'agace des habituelles et donc prévisibles petites phrases sans intérêt dans un article publié le soir même et titré « La visite bien orchestrée de Sarkozy pour revendre sa "France de propriétaires "». On est déjà surpris que le Monarque ait pu visiter un chantier un jour de grand froid. Les ouvriers présents étaient donc présents par courtoisie républicaine. On leur avait demandé de faire semblant de travailler. Ils portaient des casques et leur tenue de travail. Pire, Nicolas Sarkozy insista lourdement sur la température qui, normalement, les empêchait d'être présent:

Le lendemain, il y a pire. Europe 1 révèle, témoignages d'employés du chantier à l'appui, que les communicants de Nicolas Sarkozy avaient demandé davantage d'ouvriers. L'entreprise avait dû rameuter des employés d'autres sites et des fournisseurs. Le spectacle était complet: on avait même des figurants.

"Ils voulaient plus de monde autour de Nicolas Sarkozy". Un cadre du chantier de Mennecy, dans l'Essonne, qu'a visité jeudi le chef de l'Etat, s'est confié anonymement à Europe 1. Selon lui, l'Elysée aurait organisé dans les moindres détails ce déplacement, allant jusqu'à demander de doubler les effectifs le temps du passage du président.

A L'Elysée, on était furax. L'opération était plantée. Vendredi, l'affaire s'emballe. Le Nouvel Obs (à 8h50), Ouest France, La Nouvelle République, La Voix du Nord, et quelques dizaines d'autres encore.

Dans la journée, l'Elysée dément avoir voulu gonfler les effectifs du chantier: « C'est n'importe quoi ! ». La justification est drôle: « tous les ouvriers présents étaient concernés par le chantier, l'entreprise les avait conviés ». Conviés par -8 degrés... Ouarf !

Un conseiller élyséen fut même « ulcéré », rapporte Nathalie Schuck du Parisien, des réactions médiatiques négatives. « C’est fou de croire qu’on fait de la mise en scène! Oui, c’est organisé, oui on dit aux gens : Attention, le président vient, mais on n’embauche personne! »...

Sans rire, c'est fou.

Il manquait une explication: mais pourquoi donc des ouvriers étaient-ils sur un chantier alors que le code du travail aurait du les y empêcher d'y travailler ? Mais pourquoi donc Nicolas Sarkozy ne portait-il pas de casque ce jeudi ?

Mais pourquoi ?

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 10:01
 

Comme au temps de l’ORTF, le peuple était convoqué devant les chaines de télé. Face aux représentants de la médiacratie, le président a annoncé les mauvais coups antisociaux : augmentation de la TVA, cadeaux aux patrons, fin des 35h, travailler plus pour encore gagner moins, cadeau aux promoteurs immobiliers…


Sarkozy aura fait le sale boulot jusqu’au bout ! Gageons que pour son job de dans trois mois, les grands patrons lui rendront la pareille.


Maintenant on sait ce qui nous reste à faire : à gauche toute avec le Front de Gauche et Jean-Luc Mélenchon.

Continuons et accélérons notre campagne électorale pour que ce président et sa politique antisociale finissent dans les poubelles de l’histoire.   

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 12:13

Sernam : Une nationalisation à peine déguisée, mais ... opportune ?

 

Après le sauvetage « miraculeux » de l'usine Lejaby, le gouvernement va devoir trouver rapidement une solution pour la Sernam qui emploie 1 600 salariés. Le candidat préféré du gouvernement pour la reprise serait la SNCF dont la Sernam était une filiale ... avant sa privatisation en 2005.

Nicolas Sarkozy grand amateur de privatisations, comme celle de GDF, décidera t-il de procéder à une renationalisation ? C'est ce qu'on est droit de se poser, en apprenant que l'état souhaiterait que la SNCF, qui avait vendu sa filiale le Sernam en 2005, au fonds d'investissement Butler Capital, en redevienne le principal actionnaire.

Il faut dire qu'entre temps, contrairement à l'article élogieux rédigé en 2007 par Le Figaro, les nouveaux actionnaires n'ont pas fait de miracle et que l'entreprise vient d'être placée en redressement judiciaire !

Eh oui, la situation économique a changé et le Président et son gouvernement sont confrontés à deux problèmes : l'accélération des mises en redressement judiciaire et des plans sociaux et la proximité des élections présidentielles. Or, nul ne peut contester que les électeurs seront particulièrement attentifs au taux de chômage lors des prochaines élections.

Jean-Christophe Féraud, du service économie de «Libération» nous donne pour mémoire les récents cas les plus médiatisés : 5 000 suppressions de postes annoncés chez PSA pour 2012, 800 chez Areva, la faillite de SeaFrance (800 emplois), celle de Lejaby et de Petroplus, ... Ce à il faut ajouter ... le dossier Sernam !

Et la Sernam, avec tout le respect du aux 98 ouvrières de Lejaby, c'est une toute autre dimension. En effet, le groupe emploie 1 600 salariés, mais avec les sous-traitants, ce sont 3 000 emplois au total qui pourraient être menacés par une faillite explique un syndicaliste interrogé par Libération

Panique à bord du bateau gouvernemental et mobilisation de pas moins de quatre ministres François Baroin (Economie), Xavier Bertrand (Travail), Eric Besson (Industrie) et Thierry Mariani (Transports) pour trouver une solution avant l'échéance fatidique de la présidentielle. Et dans la mesure ou Bernard Arnault n'envisage pas de reconvertir 1600 personnes dans l'industrie du luxe, c'est tout naturellement vers un des opérateurs publics, à savoir la SNCF que les yeux gouvernementaux se sont tournés.

Geodis, filiale de la SNCF a miraculeusement manifesté dès lundi son intérêt : « Nous allons nous inscrire dans la perspective du redressement judiciaire et faire des propositions » , a annoncé son directeur général Pierre Blayau (accésoirement ancien PDG et liquidateur de Moulinex)

Ce qui est autant étonnant qu'amusant, c'est que la Sernam a étécréé par la SNCF en 1970 pour gérer le transport des colis et des bagages, en France et à l'étranger. Et privatisée en 2005 par le gouvernement Villepin dans lequel on trouvait, entre autre, Nicolas Sarkozy, François Baroin et Xavier Bertrand.

Ce sont donc eux qui vont devoir essayer d'arbitrer entre l'offre du groupe Caravelle, spécialisé dans la reprise d'entreprises en difficulté (et qui a déja mis la main sur deux autres entreprises de transport moribondes) et Geodis, branche de la SNCF.

Ajoutons à celà, nous dit l'Expansion que Pierre Blayau : « Dans une interview à L'officiel des transporteurs, en mars (...) avait pourtant déclaré qu'en aucune manière Geodis ne rachèterait Sernam » Et ajoute : « Il semble toutefois que l'intérêt de Geodis pour Sernam réponde plutôt à un souhait du gouvernement qui, dans une période stratégique, tient à sauvegarder des emplois non délocalisables »

Après tout, direz-vous si cette opération de nationalisation à peine déguisée permets aux salariés de conserver leur emploi, pourquoi pas ? Il faut savoir de temps en temps manger son chapeau et reconnaître que le marché et la concurrence peuvent être parfois être les pires ennemis de l'emploi.

Nous espérons que cette nouvelle « opération commando » du gouvernement aboutira et qu'elle pourra rassurer les salariés. Mais, rappelons que le Sernam a été privatisé sur décision de la Commission européenne. On donc peut imaginer aisément, la réaction de la même Commission, dans le cas où une filiale de la SNCF reprendrait le contrôle de la Sernam. D'autant que compte tenu de sa grave situation financière, la SNCF devrait réinjecter des fonds, ce qui sera immédiatement condamné par la Commission Européenne.

Verra t-on dans les jours qui viennent plusieurs ministres faire l'aller et retour entre Paris et Bruxelles pour infléchir les membres de la Commission et essayer de gagner quelques précieux mois entre le rachat et une intervention de la Commission européenne ?

C'est assez probable et ça éviterait au Président et à son gouvernement de trouver un peu de temps avant d'être obligé d'expliquer aux 1600 salariés qu'ils sont victimes de l'incohérence du dogme européen sur la concurrence !

Affaire à suivre ...

Slovar
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Passion Trains

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 12:10

Evasion fiscale : Les brillants résultats ... catastrophiques d'Eric Woerth

 

Qui ne se souvient d'Eric Woerth brandissant rageusement un listing de fraudeurs fiscaux qu'on allait frapper vite et fort ! Résultat, 3 ans plus tard, la Cour de cassation vient d'annuler les perquisitions fiscales dans la mesure où le fichier était volé !

En mars 2009, Eric Woerth annonçait qu'il allait traquer et terroriser les fraudeurs. Pour ce faire, il recevait à Bercy 600 des 23 000 contrôleurs (fisc, douanes, organismes sociaux) exerçant en France pour leur assigner diverses missions dont la chasse aux évadés fiscaux.

A la fin de l'été 2009, Eric Woerth déclarait détenir une liste de 3 000 noms de ressortissants français, possédant des comptes bancaires en Suisse non déclarés à l’administration fiscale française. Puis, on apprenait que les informations avaient été volées par un ancien informaticien de la filiale genevoise de la banque HSBC, réfugié depuis dans le Midi de la France.

Si une majorité de spécialistes émettaient des doutes sur l'utilisation de données dérobées, Eric Woerth était de son côté persuadé de son « bon coup ». Ce qui nous valut à l'époque unsavoureux échange entre lui et Jean-François Copé : « (...) Le président du groupe UMP à l'Assemblée nationale a déclaré dimanche avoir refusé, lors de son passage au ministère du Budget entre 2005 et 2007, de donner suite à une affaire similaire. Eric Woerth a qualifié de navrante la réaction de Jean-François Copé, qui s'est étonné à son tour mardi de l'agressivité du ministre du Budget. Le secrétaire d'Etat au Budget a dénoncé mercredi les réactions d'oie blanche effarouchée de son prédécesseur (...) »

Entre temps, Eric Woerth embourbé dans diverses affaires quittait le gouvernement, et on entendait plus parler de ce listing miraculeux, dont les plus naïfs auraient pu croire à l'efficacité.

Sauf qu'un arrêté de la Cour de Cassation du 31 janvier dernier vient de mettre un point final à l'opération initiée par Eric Woerth. C'est le site Legalis qui nous l'explique : « Un fichier volé ne peut fonder une autorisation de perquisition fiscale, a rappelé la Cour de cassation (...) L’administration ne peut donc pas se servir d’une source illicite, à savoir la liste volée à la banque suisse HSBC de 3 000 clients français, pour opérer des visites au domicile de ces personnes soupçonnées de fraude fiscale (...) »

Au delà de la performance de celui qui fut trésorier de l'UMP et ministre du budget, Libération précise que notre brillant ex ministre, a ouvert une nouvelle porte à certains fraudeurs fiscaux : « Cet arrêt pourrait également être utilisé devant un tribunal administratif pour faire tomber un contrôle fiscal qui a déjà eu lieu. « A partir du moment où un juge a décidé que les fichiers HSBC étaient des preuves illicites pour une perquisition fiscale, rien n’empêche d’autres magistrats de considérer que ces preuves n’ont pas plus de valeur pour un contrôle fiscal ! » remarque un avocat.

Devant un tel professionnalisme, Libération a contacté hier soir Valérie Pecresse qui ... n’a pas donné suite à leur appel ! C'est dommage, car elle aurait peut être pu leur expliquer comment, à défaut de lutter contre l'évasion fiscale, on va constituer un fichier sur la fraude sociale bien plus facile à traquer. C'est vrai, qu'il est assez rare que ceux qui perçoivent les minima sociaux placent leur argent en Suisse et disposent d'avocats talentueux ...

Slovar
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Le Figaro

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5 février 2012 7 05 /02 /février /2012 12:05

Bettencourt: le Sarkogate peut-il enfin démarrer ?


Mercredi dernier, une nouvelle assez incroyable a glacé quelques nuques à l'Elysée: les juges de Bordeaux qui instruisent l'affaire Bettencourt ont convoqué Eric Woerth, l'ancien grognard de Sarkofrance.

Avec les deux enquêtes relatives à l'attentat de Karachi de mai 2002, l'enquête Bettencourt est la troisième affaire d'envergure qui pourrit la fin de ce dernier quinquennat de Nicolas Sarkozy.

Ces affaires ont un point commun, le financement illégal de campagnes présidentielles.

Le Sarkogate peut-il enfin commencer ?

Eric Woerth, dans la mire. 
Mercredi 8 février, Eric Woerth sera donc à Bordeaux. Il est convoqué par les juges qui enquêtent sur les multiples volets de l'affaire Bettencourt. On évoque une mise en examen dans l'instruction ouverte pour « trafic d'influence et financement politique illégal ».

Le 21 janvier dernier, Mediapart révélait les conclusions des experts désignés par la Cour de justice de la République: « les terrains forestiers et l’hippodrome de Compiègne cédés par l’ex-ministre du budget l’ont été pour moins du tiers de leur valeur ». Le site ajoutait: « la mise en examen d’Eric Woerth devient presque inévitable ». Mais l'audition d'Eric Woerth mercredi prochain n'a rien à voir avec cette affaire. Elle concerne plus directement Nicolas Sarkozy.

Les juges s'interrogent de savoir si Eric Woerth a enfreint les règles de financement politique pour le compte de la campagne présidentielle de 2007 de Nicolas Sarkozy, et, pire, profité de la faiblesse de la milliardaire Bettencourt.

Rappelons quelques faits:

  1. En juin dernier, une expertise médicale attestait que Liliane Bettencourt avait commencé à souffrir d'une « démence mixte » et d'une « maladie d'Alzheimer à un stade modérément sévère », avec « un processus dégénératif cérébral lent » (Source: Mediapart).
  2. Patrice de Maistre, le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt, avait embauché Florence épouse d'Eric Woerth en 2007, pour lui « faire plaisir » (disait-il).
  3. Patrice de Maistre a été décoré de la Légion d'honneur par Eric Woerth lui-même en janvier 2008. 
  4. En 2007, la milliardaire fraudait le fisc, ce qu'elle a reconnu après la publication des enregistrements pirates de conversation à son domicile.
  5. Quand Eric Woerth était ministre du Budget, aucun contrôle fiscal ne fut opéré sur Mme Bettencourt.
  6. Mediapart avait publié ces enregistrements en juillet 2010. Le procureur Philippe Courroye, à l'époque en charge d'une enquête préliminaire sur l'affaire, avait demandé Leur interdiction. Mardi dernier, la Cour de cassation a confirmé la valeur probante de ces enregistrements.
  7. En 2007, Eric Woerth était trésorier de l'UMP, fonction qu'il conserva jusqu'au printemps 2010 alors qu'il était devenu entre-temps ministre du Budget puis du Travail.
  8. Grâce au bouclier fiscal renforcé par Nicolas Sarkozy, Liliane Bettencourt se fit rembourser 30 millions d'euros d'impôts en 2007.
  9. Depuis un an, les juges de Bordeaux ont multiplié les perquisitions (siège de l'UMP, domicile d'Eric Woerth), les saisies (journal intime du photographe François-Marie Banier, comptes de campagne de Nicolas Sarkozy en 2007, etc).
  10. Valérie Pécresse, actuelle ministre du Budget, a repris Sébastien Proto à son service. Ce jeune homme était directeur de cabinet (adjoint) d'Eric Woerth jusqu'en 2010. C'est un ami du fils Arnault dont le beau-père est ... Patrice de Maistre.

... et Sarkozy ? 
Il y a ensuite les accusations, que les juges cherchent à vérifier: d'après ces mêmes enregistrements et le témoignage de l'ancienne comptable Claire Thibout, Patrice de Maistre aurait remis 150.000 euros en espèces à Eric Woerth, ce qu'il dément, pour le financement de la campagne de Sarkozy en mars 2007.

On sait aussi que Nicolas Sarkozy a toujours suivi cette affaire avec une attention hors normes. On aurait cru à une menace terroriste. Le procureur Philippe Courroye en a fait les frais. L'ami du Monarque, fin 2011, a été mis en examen pour « collecte illicite de données à caractère personnel par un moyen frauduleux déloyal et illicite » et pour « violation du secret des correspondances ». Il avait ordonné l'espionnage de deux journalistes du Monde qui assuraient beaucoup de révélations de procès verbaux dans l'affaire Woerth/Bettencourt.

Dans d'autres démocraties, Nicolas Sarkozy ne serait plus président. Qu'un procureur soumis au parquet, c'est-à-dire à son gouvernement, et son directeur des services de renseignement soient mis en examen dans une affaire d'espionnage politique aurait été le coup de grâce. La France reste une curieuse monarchie républicaine.

Il y a 10 jours, le 26 janvier dernier, Nicolas Sarkozy s'est permis d'affirmer que l'indépendance de la justice avait progressé pendant son quinquennat. On s'était pincé. Le Monarque ne manquait pas d'air.

Dans l'affaire du Karachigate, Nicolas Sarkozy a multiplié les obstructions. Le secret-défense fut étendu à des bâtiments entiers. L'affaire était grave. Elle concerne plus directement le Monarque et l'un des futurs candidats à la présidentielle de 2017, le bien-nommé Jean-François Copé.

Le Sarkogate peut-il enfin commencer ?

juan Sarkofrance

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4 février 2012 6 04 /02 /février /2012 17:10

On nous mène en bateau avec le « modèle allemand »

Si le modèle allemand était si fantastique, la première ministre allemande ne serait pas dans une logique de dérive nationaliste et prisonnière de l’extrémisme de son allié bavarois de la CDU, ou, du moins, elle aurait critiqué vertement les articles carrément racistes et dédaigneux des tabloïdes populaires allemands concernant la Grèce et par extension tous les pays du sud européen. Elle n’aurait pas tardé non plus à prendre des décisions aux prémices de la crise de la dette, ce qui aggrava la crise grecque et rendit caduques les premières mesures, trop tardives, de l’Europe, juste pour ne pas perdre les élections de plusieurs Länder. Peine perdue par ailleurs : depuis qu’ Angela Merkel est au pouvoir elle a perdu toutes les élections intermédiaires, même dans les fiefs historiques de la CDU, tandis que ses alliés libéraux mangent la poussière à chaque scrutin. Par contre, De Linke, qui n’était fortement implanté jusque là que dans les Länder de l’est représente désormais plus de 11% des suffrages nationaux. Tout cela n’est que calcul pour éviter des résultats électoraux calamiteux. 

Mais ces résultats ne sont que le résultat effectif de ce que la partenaire du président Sarkozy considère comme un modèle idyllique à suivre et à imposer au reste de l’Europe. Précarité de l’emploi, très bas salaires pour une grande partie de la population active, protection sociale anémique, prédation par les grandes enseignes à l’Est sur le dos des friches industrielles est-allemandes, pression sur les salaires par une population surexploitée de travailleurs saisonniers issue des pays limitrophes (Pologne, Ukraine, Biélorussie, etc.), paupérisation des classes moyennes, des scientifiques des universitaires de l’ex Allemagne de l’est, stagnation en conséquence du pouvoir d’achat interne que les exportations cachent mal. Que le président Français ose dire, puisqu’il fait de l’Allemagne un modèle à suivre impérativement, quel est le pourcentage des femmes dans le marché du travail. Qu’il indique quel est le salaire moyen des salariés mobiles, flexibilisés et corvéables à merci. Qu’il nous explique pourquoi il clame que les charges sont plus importantes en France quand en fait, en calculant les spécificités allemandes (dont les « impôts religieux ») les charges en France sont 20% moins importantes. Qu’il dise ouvertement que les multiples caisses d’assurance maladie sont des « fonds de pension », spéculent et - quand tout va bien - redistribuent, ce qui explique des salaires convenables, mais aussi la place de la finance dans le marché du travail et tout ce qui en découle. 

« L’Allemagne sera la cible de la fureur européenne  » vient de déclarer à Munich Robert Zelik, président de la Banque Mondiale, « si elle persiste dans sa politique de rigueur sans contrepartie significative de mesures de relance  ». Que le président français, qui prépare en ce moment une interview croisée avec Angela Merkel, assume cette politique d’austérité qui ne répond désormais qu’aux intérêts bien compris de la finance et de l’industrie exportatrice allemande et aux besoins électoraux de la coalition au pouvoir à Berlin. Et que les spécialistes et autres commentateurs audio-visuels prennent enfin la peine d’expliquer en détail ce que signifie pour le citoyen français l’alignement à cette politique. Au lieu de répéter invariablement qu’il n’existe pas d’autre choix.

MK

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