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29 janvier 2011 6 29 /01 /janvier /2011 12:32

les premiers ratés du candidat Sarkozy

Jusqu'ici, c'était un sans faute. Depuis l'échec de sa polémique sécuritaire estivale, Nicolas Sarkozy s'était replié sur le terrain diplomatique. Il lui fallait montrer à l'opinion, avant de se lancer officiellement en campagne en octobre prochain, qu'il était expérimenté et protecteur. La présidence française des G20 et G8 en 2011 était un prétexte idéal pour servir cette cause électorale.

Sarkozy revêtit donc un nouveau costume, qui ne fit illusion auprès de personne : ses voeux à répétition depuis janvier étaient tous posés et prudents. Son ton était toujours calme, l'attitude sereine, parfois compassée; ses propos sans un dérapage ni clivage. Et le Monarque prenait bien soin de ne quasiment jamais évoquer l'actualité bassement quotidienne de son propre pays. Pas un mot sur le chômage, la croissance plus faible que prévu, la précarité, la santé, l'insécurité ou les scandales. Il est « parti très tôt en campagne » a reconnu l'un de ses ministres.

Vaine modestie
Lundi 24 janvier, il clôturait à la fois sa tournée préélectorale des voeux, mais aussi ses consultations internationales, si nombreuses nous disait-on, en vue du prochain G20. Sa conférence de presse, la troisième seulement depuis son élection, était le point d'orgue de ce début d'année. Son sujet, diplomatique, avait été soigneusement encadré. Interdiction était faite de poser une quelconque question sur l'actualité française. Même sur les affaires étrangères, il s'était restreint à n'évoquer que 4 thèmes : petit mea-culpa sur l'indifférence française face à la révolution tunisienne ; fermeté contre Laurent Gbagbo en Côte d'Ivoire, soutien à la démocratie libanaise, et guerre contre le terrorisme. Là encore, il ne s'agissait pas de discuter de ses nombreux échecs diplomatiques passés (sommet de Copenhague, Europe, droits de l'homme, Françafrique, Géorgie, paradis fiscaux, etc).

Tout le monde expliqua qu'il avait été convainquant, pédagogique, et calme. Il déroula l'ensemble de ses ambitions, si nombreuses : réforme du système monétaire international mais en préservant le « rôle éminent » du dollar ; instauration d'une « taxe sur les transactions financières » mais l'idée traîne depuis 30 ans ; adoption d'« un code de conduite en matière de gestion des flux de capitaux », mais sans imposer de contrôle ; Accord sur « un socle de protection sociale universel », mais qui existe déjà. Il rappela ses voyages, rapports et rencontres préalables, si nombreux également. Et tout ça pour quoi ? Pas grand chose. Sur le plan des idées, il enfonça beaucoup de portes ouvertes, affichant peu d'idées neuves pour ce monde nouveau. Sur les résultats attendus, il resta modeste. « L'ordre du jour et l'agenda ont fait consensus. Les solutions ne font pas consensus, ça c'est certain » s'excusa-t-il. Promettre peu, parler de tout, pour espérer gagner quelque chose, telle semblait être sa feuille de route. Hors caméra, le candidat s'épancha de sa nouvelle boulimie culturelle tous azimuts auprès des journalistes présents. Il redoublait d'efforts pour montrer combien il avait changé, enfin.

Le jour même, des proches de Laëtitia Perrais, cette jeune Française de 18 ans disparue depuis 8 jours à Pornic, avaient organisé une marche blanche. Le suspect arrêté avant le weekend serait un violent récidiviste, mais il n'a pas avoué de viol, juste un accident. Les familles s'indignent.

Emotion électoraliste
Le lendemain, Sarkozy redevient lui-même. Il tombe le masque, abandonne son costume de « Président présidentiel » tout en hauteur, retenue et compassion. Devant des parlementaires UMP, invités aux frais de la République pour leur traditionnel petit-déjeuner hebdomadaire de l'UMP à l'Elysée, le Monarque veut montrer que personne ne peut lui disputer le terrain sécuritaire. Il leur demande une loi en urgence, une nouvelle, la 18ème depuis 2002. Ô surprise ! Il rencontre une résistance. Copé, Jacob, Léonetti, Larcher refusent toute « loi d'opportunité ». On n'est plus en 2007, quand il fallait bondir comme un cabri à chaque fait divers. Les Français ne sont plus dupes. Trop de loi tue la loi. Les dirigeants de l'UMP préfèrent un groupe de travail pour réfléchir 3 mois durant aux améliorations de la gestion des récidives.

Quelques heures plus tard, à Saint-Nazaire, Nicolas Sarkozy récidive. Il modifie son discours, et lit devant une assistance silencieuse d'ouvriers et de militaires, quelques lignes sur sa « très grande émotion » et sa « profonde compassion ». Il retrouve ses accents du passé. Seulement voilà, personne ne l'écoute. Tout le monde est évidemment choqué par la disparition. Mais Sarkozy est en charge de notre sécurité, comme il se plaît à le répéter dès qu'il le peut, depuis bientôt 9 ans. Le bilan de la délinquance en 2010, publié 4 jours auparavant, n'est d'ailleurs pas fameux. Si les meurtres sont en baisse (moins de 1000 par an), les violences aux personnes, crapuleuses ou non, progressent encore, comme chaque année depuis 2002 (exception faite de 2007, ... année électorale). Et un syndicat de policiers vient de s'émouvoir, auprès du Sénat, que la loi Loppsi II en cours d'examen prévoit le recrutement de volontaires retraités pour compenser la baisse des effectifs policiers. On marche sur la tête !

Mercredi, Sarkozy s'obstine. Il réitère, devant les ministres réunis en conseil à l'Elysée, son « émotion ». L'après-midi, il communique sur une réunion improvisée sur la récidive criminelle après la tragédie de Pornic. Mais jeudi matin, il craque. Dans un courrier direct au Garde des Sceaux Michel Mercier - François Fillon appréciera - il demande à ce dernier de faire la lumière sur les dysfonctionnements éventuels de la justice « si possible en évitant un nouveau dispositif législatif. ». Le suspect, imprudemment dénoncé comme un récidiviste sexuel, n'a toujours pas avoué. Sarkozy a cédé aux ténors de l'UMP. En aparté, il confie une mission d'évaluation des conditions d'exécution des peines au sécuritaire Eric Ciotti, député UMP des Alpes Maritimes. Coïncidence de date, une autre proposition du sieur Ciotti devenue loi, la suspension des allocations familiales des parents d'élèves absentéistes, vient d'entrer en vigueur. 

A Saint-Nazaire, Sarkozy avait d'autres choses à faire que de céder à ses propres pulsions. Il voulait illustrer, à l'aide d'une signature symbolique d'un transfert inédit de technologie vers la Russie sur 4 navires de guerre, combien sa politique industrielle est réussie. Il lança aussi l'appel d'offre tant promis de l'éolien offshore : 5 projets choisis juste avant l'élection présidentielle en 2012, 10.000 emplois promis dans l'Hexagone, 600 éoliennes au large des côtes françaises, une puissance prévue de 3000 mégawatts (MW), ... Quel chantier !

Candidat des Riches
Mardi, le Monarque avait commis une deuxième bourde préélectorale. Il s'est rendu une trentaine de minutes dans un hôtel de luxe parisien, porte Maillot, pour une réunion du Premier Cercle, ce club des riches donateurs de l'UMP. Pire, l'un des invités témoigna le lendemain de ses propos. Sarkozy, selon ses dires, fustigea le « scandale » de l'ISF, dont le rendement vient de croître de 360 millions d'euros en 2010. Il railla également les faibles mobilisations d'enseignants samedi dernier. Et surtout, il s'est démasqué, confirmant à l'assistance que son nouveau profil plus « modeste » n'était que « temporaire. « Pour l'instant, j'ai l'obligation d'être discret car je suis président, mais attendez que je sois en campagne.»  L'homme se moque de nous, et il ne le cache pas.

Un rapport sur les conflits d'intérêts lui a été remis cette semaine. Trop heureux de marquer le coup après les affres de l'affaire Woerth/Bettencourt en juin dernier, le candidat Sarkozy s'est empressé de promettre une loi « visant à promouvoir une véritable culture de la déontologie dans la vie publique française ». Quel enthousiasme ! En fait, il faut lire le rapport, et surtout décrypter la communication sarkozyenne. Primo, si les recommandations des 3 auteurs sont ambitieuses, elles ne concernent ni les parlementaires ni... le président lui-même. Secundo, Nicolas Sarkozy prit quelques précautions : il a expliqué qu'il mettrait en oeuvre « les mesures contenues dans le Rapport de la commission qui auront été retenues. » Dès jeudi, Fillon informa qu'il était hors de question d'interdire à un ministre d'être patron de parti, en se réfugiant, comme souvent, derrière quelques exemples étrangers mal choisis. La France, rappelons-le, est un cas bien différent des démocraties britanniques, allemandes ou espagnoles : le régime y est présidentiel, et non parlementaire. Le gouvernement, finalement, ne procède que du Monarque élyséen qui est par ailleurs politiquement et même pénalement irresponsable. En novembre dernier, le parquet de Paris a même étendu cette irresponsabilité pénale aux collaborateurs directs du président de la République !

Il y aurait beaucoup à dire sur la prévention des conflits d'intérêt au sommet de l'Etat. Le pantouflage de certains conseillers du président a été porté en justice. La privatisation des services secrets pour des causes personnelles (rumeurs d'infidélité conjugale n février 2010 , espionnage d'un journaliste dans l'affaire Woerth/Bettencourt) ou les liens d'affaires entre le Monarque et son ancien cabinet d'avocat, dont Jacques Servier était un fidèle client, interrogent l'éthique républicaine.

Attentisme diplomatique
Cette semaine, Nicolas Sarkozy est à nouveau passé à côté de l'Histoire avec un grand H. C'est un comble, pour un président qui a choisi ce terrain diplomatique pour redorer son blason intérieur. Vendredi, le président égyptien Hosni Moubarak, 82 ans, a révoqué son gouvernement. Toute la semaine, les manifestations n'ont pas faibli. C'est l'onde de choc tunisienne.

La révolution de jasmin a montré qu'on pouvait renverser un autocrate sans leader d'opposition. Evidemment, l'avenir démocratique n'est pas assuré. Mais pour le Monarque français, quelle bourde ! Il aurait pu, à l'instar des Etats-Unis, soutenir le mouvement. « Il est vital que l’Egypte accueille les réformes » a déclaré Hillary Clinton. Au lieu de quoi, nous n'eûmes droit qu'à une déclaration prudente de Michèle Alliot-Marie : « La France exprime sa vive préoccupation face aux manifestations qui secouent l'Égypte depuis quelques jours et qui ont connu une nouvelle vigueur ce vendredi. »

Et la France ?
Mercredi, Xavier Bertrand a dû commenter les mauvais chiffres du chômage. Le bilan de l'année 2010 est mauvais, très mauvais. Il y a exactement un an, le 25 janvier 2010, Sarkozy promettait à une dizaine de Français sur un plateau de TF1 que le chômage allait baisser dans les prochaines semaines. Quelle bévue ! Quel échec ! Les seniors, objets de toutes les attentions électorales du chef de Sarkofrance, payent également un lourd tribut à la dégradation de l'emploi. Parmi les 4,65 millions d'inscrits à Pôle Emploi à fin décembre dernier, les plus de 50 ans ont cru de 106.000. Leur durée d'inscription est aussi la plus longue : 353 contre 225 jours en moyenne. Face à cette situation, Xavier Bertrand promet des contrats aidés. Il fait mine d'oublier que le gouvernement, sans son budget 2011, a réduit de 15% les moyens de la politique de l'emploi.


Son collègue Luc Chatel, ministre de l'Education nationale, est devenu un expert ès licenciement. Il a promis des bonus aux chefs d'établissements les plus performants. était DRH chez l'Oréal. Pour divertir l'attention des suppressions d'emplois, il multiplie les contre-feux, en vain : après l'aménagement des rythmes scolaires, voici l'apprentissage de l'anglais dès 3 ans. L'échec de la suppression sans contrôle de la carte scolaire, l'augmentation des effectifs par classe, l'abandon des ZEP sont des sujets qu'il faut éviter.

Jeudi, Sarkozy a filé à Davos, autre sommet des Puissants. Il a rassuré quelques banquiers et industriels de l'énergie inquiets de trop de régulation : « la France ne remet pas en cause le marché ». Il a crié pour défendre l'euro. Ce weekend, il partait en Ethiopie, pour un sommet de l'Union africaine. Le candidat s'échappe. Il faut encore tenir 15 mois.

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:43

Quand M. Sagouin se déguise en M. Propre

J’en suis tombé à la renverse ! Et n’en suis pas encore remis…

Voilà la nouvelle, et pour une nouvelle elle fait mal :

 

« Le Président a demandé au premier ministre un projet de loi visant à promouvoir une véritable culture de déontologie dans la vie publique. » !!!

 

Ça ne vous la coupe pas à vous ?

Moi, je ne m’en remets pas

A l’origine de l’affaire, il semble que le bouquin de Martin Hircsh « Pour en finir avec les conflits d’intérêts » ait troublé quelques consciences.

On se souvient qu’à la sortie de son livre, au cours de l’été 2010 en pleine tempête soulevée par l’affaire Bettencourt, pour calmer les inquiétudes de certains députés UMP, dont le fauteuil de l’Assemblé commençait à leur brûler les fesses, le Président avait demandé à ce qu’une commission sur les conflits d’intérêts lui transmette un rapport.

Ces évènements faisaient suites à une série de nominations à des postes stratégiques dans des entreprises publiques de membres affiliés à la famille politique au pouvoir qui avait déjà fait toussé nombre de parlementaires.

 

C’est ainsi que MM. Jean-marc Sauvé, Didier Migaud, et Jean-Claude Margerie, respectivement vice-président du Conseil d’Etat, premier président de la Cour des comptes, et ancien président de la Cour d’Appel de Paris se sont vu mandatés pour établir ce rapport qui vient d’être remis publiquement cette semaine.

 

« LA prévention des conflits d'intérêts a pour but de renforcer la confiance des citoyens dans les institutions publiques mais aussi de protéger les responsables publics contre les risques de conflits et de soupçons » commente M. Sauvé.

Quelles recommandations trouve-t-on dans ce rapport ?

 

La Commission propose notamment d’instaurer :

- une déclaration préalable d’intérêts annuelle ;

- l’obligation de déclarer les risques de situation de conflits d’intérêts ;

- l’exigence pour le décideur public de s’abstenir de participer dans ce cas à la prise de décision.

 

Ces recommandations viseraient selon ce rapport les hauts magistrats les ministres, leurs proches, les préfets, les recteurs, les ambassadeurs, les responsables des collectivités, et réclament qu'ils soient soumis à une déclaration d'intérêts lors de leur entrée en fonction. Elle serait renouvelée tous les ans et corrigée entre-temps si une modification dans la situation personnelle était enregistrée. 

En outre, interdiction est exigée pour les ministres d'exercer parallèlement tout mandat exécutif local, de présider des associations, des partis politiques ou des fondations, et il est demandé de préciser leurs activités professionnelles annexes ainsi que leurs revenus complémentaires ou les participations financières qu'ils détiennent, par ailleurs, on exige d'eux qu'ils précisent aussi les intérêts liés à leur conjoint, à un ascendant ou à un descendant.

Bizarrement, les parlementaires, députés et sénateurs ne sont pas visés par les exigences de la commission…Mais à mon avis ce n’est pas un oubli, car si une loi devait finalement être présentée aux assemblées, cette omission leur épargnerait une séance d’auto flagellation !

Bon c’est quand même du lourd !

 

Et tout cela arrive juste après cette autre déclaration apparemment surprenante de notre Président de la République et du G 20 réunis : « En tant que président du G 20, je demanderai à ce que soit instaurée une taxe sur les transactions financières » !

Ce matin sur France Culture ça en avait coupé la chique à Susan Georges qui se proposait d’envoyer au Président sa carte d’adhésion à ATTAC !

 

Alors chers lecteurs ne trouvez vous pas que tout ça a un petit parfum d’entourloupe ?

 

Et que la fessée sondagière, mois après mois, ne commencerait pas à lui chauffer un peu le derrière ?

 

Et que périodes électorales approchant promettre des trucs qu’il sait qu’il ne tiendra jamais, manœuvre qui lui avait si bien réussi la dernière fois, pourquoi ne pas tenter le coup encore cette fois ci ?

 

Rappelez-vous : « Je veux une liste des paradis fiscaux et je sanctionnerai » !

Enfin le mec est suprêmement gonflé lui qui a commencé par s’auto augmenter son salaire à peine arrivé, qui a tenté d’imposer son fils à la tête de l’EPAD, qui n’a apparemment pas démissionné de son cabinet d’avocat (conseiller du groupe Servier), mais qui démissionne ceux qui ne lui plaisent pas pour nommer ses copains à leurs places, plus les affaire GDF-Suez, EDF, ses amitiés avec le monde des affaires, les patrons de presse, j’en passe et en oublie…

 

Oui, c’est bien M. Sagouin qui essaie d’enfiler le costume de M. Propre !

Bien à vous ;

Alberto

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 19:29

Notre vision du monde… enfumée par les médias

Sommes-nous capable de changer notre société ? Et pour cela, possédons-nous les clés de décryptage nécessaires à une prise de conscience ?

 

Je me pose cette question depuis quelques temps, de manières plus ou moins ordonnées, en fonction des observations que je fais, très subjectives il est vrai, du monde qui m’entoure. Je m’intéresse depuis un bon moment à l’actualité du monde en général, et plus particulièrement à ce qui « tient le monde », et à ce qui le fait tourner… Mon intuition de départ était que ses moteurs fondamentaux sont le fric et la politique (1) d’une manière très générale, ce qui me valut souvent d’être qualifié de cynique. Malheureusement, après quelques années, ma conclusion aboutit une nouvelle fois à cette première intuition. Voilà pour le contexte de ma réflexion.

Keith_Haring_untitle d_1983 Mais aujourd’hui, ces constats m’amènent fatalement à une question : La société civile a-t-elle conscience des enjeux sociétaux actuels, et si oui, est-elle prête à se révolter, à faire changer les choses ? Quelles concessions sommes-nous capables de faire sur notre quotidien, nos besoins et nos envies ? Pour ma part, j’avoue éprouver de grandes difficultés face à ces questionnements (2).

L’épisode Cantona (3) est sur ce point-là extrêmement révélateur à mon sens. Je ne tiens pas à rentrer dans le débat du bien fondé ou non de la démarche qu’il a évoqué. Mais une chose est sure, cette idée a fait réagir beaucoup de monde, en particulier les acteurs du monde économique, financier et politique. Pourtant, pour en avoir beaucoup parlé autour de moi, je n’ai pas eu l’impression que mes interlocuteurs prenaient conscience de la « peur » que pouvait entraîner, au sein de nos classes dirigeantes ce type d’action. Le débat restait principalement sur : Est-ce une bonne ou une mauvaise idée d’un point de vue systémique ? (4). Et très rarement sur le fait que des personnes, en tant que citoyens ayant encore une certaine liberté d’action, puissent faire pression sur les groupes qui les dirigent, autrement que par des manifs qui sont très probablement en train de perdre leur pouvoir contraignant sur les décisions politiques. Notre « Nabolèon » national n’avait d’ailleurs pas oublié de nous le rappeler… (5)

 

Une chose est sure, comme l’a très bien dit Kofi Annan : « C’est l’ignorance et non la connaissance qui dresse les hommes les uns contre les autres ». Et là se trouve à mon avis la pierre angulaire du problème. La méconnaissance profonde des peuples sur ce qui les entoure, sur les mécanismes politiques, économiques, sociétaux et financiers qui façonnent notre quotidien. Pour aller plus loin, je dirais même plus le manque d’intérêt que peuvent avoir beaucoup de personnes pour la « chose publique ». Il est aujourd’hui bien plus rentable de faire une émission, un magazine, un journal ou un site internet qui parlera de l’histoire d’amour que vivent Brandon (de la LaNouvelleStarAcademy) avec Cindy (de Beauf Story) ; de Paris Hilton qui a perdu son chien à sa dernière soirée cocaïne/champagne à Cannes ; de la dernière aventure extra conjugale d’un footballeur bas du front,…

 

Mais finalement ce désintérêt est-il une cause, ou une conséquence de la pauvreté de l’ « information » que l’on nous sert ? Là est toute la question. Pour ma part j’ai ma petite idée là dessus… Les médias en sont pour moi les principaux responsables, mais le désintérêt des citoyens pour l’information alternative est à mettre sur le même plan.

 

Par alternative, j’entends une certaine presse écrite, le net, les ouvrages littéraires, etc. J’exclus la télé qui n’est manifestement qu’une usine à gaz qui empêche les gens de réfléchir (6), la principale raison d’être d’une majorité des chaînes de télévision étant de faire des bénéfices par les biais de la publicité.

 

Ce grand chef d’entreprise décomplexé qu’est Mr Le Lay, ancien directeur de TF1, nous en donne un très bon exemple . De plus, les conflits d’intérêts de plus en plus flagrants entre les dirigeants de Groupe Média, les Politiques et le milieu des affaires ne fait que renforcer cette tendance. Bolloré, Bouygues, Vivendi, Lagardère… autant de grands groupes qui ont su diversifier leur activité et ont amené une concentration des médias/intérêts financiers jusqu’alors difficilement concevable.

 

A titre d’exemple : comment un journal comme le Figaro, détenu par l’illustre marchand d’arme/politicien Dassault, peut-il relater des évènements dans un pays susceptible de lui acheter des avions de combat ? Comment les rédacteurs du Figaro peuvent-ils faire leur travail, par exemple sur les Emirats arabes unis, si ce même état est susceptible de passer des contrats avec une autre entreprise détenue par leur employeur ? On peut avoir un début de réponse ici … Jusqu’où va leur indépendance si ils doivent couvrir une guerre dont les protagonistes sont des clients majeurs du group Dassault ?? Et c’est là que le conflit d’intérêt pointe le bout de son nez…. Entre le choix d’informer ses lecteurs, ou empocher des bénéfices faramineux, le choix parait plus qu’évident. On peut appliquer ces paradoxes à beaucoup d’autres groupes de presse, mais la liste serait trop longue.

 

Il faut tout de même souligner qu’une infime part des chaînes de télévisions (ARTE en France, chaînes du service public à certaines heures) proposent des programmes axés sur l’éducation citoyenne, la connaissance et moins portés sur les show, le strass et les paillettes. Lesquels programmes sont généralement diffusés à des heures tardives, au bénéfice de daubes abrutissantes et avilissantes (divertissantes diront leur défenseurs…) programmées aux heures de grandes écoutes. Cependant, Arrêt sur Images ou encore Ce soir ou Jamais sont à ce niveau à contre-courant dans le paysage audiovisuel français, et permettent d’avoir des approches contradictoires et étayées.

 

Mais le sensationnel reste de mise… Par curiosité, demandez dans votre entourage qui connaît Noam Chomsky  ou Michel Collon . Ces 2 grands penseurs de nos sociétés contemporaines sont pratiquement inconnus du grand public, alors que des Bernard Henri Levy  ou des Zemmour  jouissent d’une exposition au grand public bien plus grande, en dépit du vide de leur message. Leur principale qualité : le goût du Buzz !! 

 

Pour ce qui est du net, je reprendrai une phrase citée par Mr Sarfati dans l’émission de Taddei concernant l’épisode Canto « Sur internet y’a tout et n’importe quoi, mais y’ a encore tout ! Et sur la télé y’a surtout du n’importe quoi ! » .

 

Il est vrai que l’information issue du net est à prendre avec des pincettes et que l’on peut trouver le pire. Mais cela ne doit pas nous enlever de l’esprit que l’on peut trouver énormément d’informations pertinentes, qui par leur nature même (dérangeante pour les groupes/entreprises qui possèdent les « grands » médias, à contre courant d’une idéologie dominante, politiquement incorrecte, etc.) ne pourraient être diffusées dans les médias grands publics, tels qu’ils sont pensés aujourd’hui par leur dirigeants.

Le consensus mou est devenu la règle implicite ! A ce sujet il est particulièrement révélateur de noter le positionnement de la France dans le classement de la liberté d’informer.

Nous étions au 11ème rang mondial en 2002 , pour aujourd’hui se retrouver dans une position peu glorieuse : 43ième. Position peu glorieuse, il va sans dire, pour ce bel état républicain épris de liberté et de justice qu’est la France….

 

Voici les premiers mots du site Reporters Sans Frontières concernant la France :

« Tensions entre la presse et les autorités de la République, pressions accrues sur les journalistes afin qu’ils révèlent leurs sources, réforme de l’audiovisuel public : la situation de la liberté de la presse en France se dégrade depuis quelques années. » Je vous laisse savourer la suite…

Il ne faut donc pas se voiler la face, et au vu de l’évolution de notre pays concernant la liberté d’informer, le scepticisme est de mise quant aux informations que les médias dominants nous fournissent. Et la clé du problème est là, car comment peut-on développer son esprit critique sans apport de matière intellectuelle pertinente. Serait-il possible d’extrapoler les relations de Brandon et Cindy, aux relations diplomatiques entre 2 pays ? Est-il possible à un téléspectateur assidu du juste prix de déduire de ce programme les mécanismes économiques qui modèlent sa vie, son quotidien ? Chacun aura ses réponses sur ces questions, mais une chose est sure : c’est par la connaissance que l’être humain avance depuis qu’il est homme, et non par l’immobilisme intellectuel, voire la régression.

 

Donc pour revenir à ma question initiale : Il me semble difficile, mais pas impossible, de penser que nous serions capable collectivement de changer les choses, mais un trop grand nombre d’individus reste désensibilisé aux réels enjeux auxquels notre monde contemporain fait face. Que ce soit par choix pour certain, ou par défaut pour la majorité. Que ce soit sur les questions des causes et conséquences de la crise économique, de la création monétaire, et par là même du développement d’une dette publique qui inévitablement appauvrit les états et donc ses habitants (Question amusante à poser autour de vous : Comment est créé l’argent ? La plupart des gens n’en savent rien , la main mise d’une élite sur l’économie nationale et mondiale, les justifications de conflits armés, etc. Je m’arrête là car on trouverait un nombre incalculable de questionnements en fonction de la sensibilité des uns et des autres.

Pour conclure, je reste optimiste quant à la capacité de chacun de comprendre et de prendre du recul sur l’Information. Mais pour que cela ne se limite pas à des « acharnés » capables de s’investir dans la recherche documentaire, et dans la recherche d’analyses pertinentes, c’est au 4ième pouvoir (qui rappelons-le est par essence censé surveiller les 3 autres), de se prendre en main et de s’imposer. Et de s’imposer par la qualité et l’indépendance intellectuelle et institutionnelle, à l’inverse de la médiocrité et de l’asservissement comme on le voit bien trop souvent. Je reste persuadé qu’à partir du moment où l’on prend conscience des choses qui nous entourent, notre esprit critique nous pousse fatalement vers l’envie d’en connaître plus, et qui plus est, de le faire partager. Platon l’avait compris voilà presque 2500 ans, et son allégorie de la caverne exprime parfaitement cette tendance, propre à l’homme sensé. L’éclosion de plateformes communautaires, de blogs et de sites d’informations alternatifs représente alors une vraie alternative à l’information dominante aseptisée. La pérennisation d’internet comme nouveau support d’information presque sans limites, est il me semble, une révolution dans le monde des médias. Reste à savoir ce que tout un chacun voudra en faire…

 

« Il faut apprendre, non pas pour l'amour de la connaissance, mais pour se défendre contre le mépris dans lequel le monde tient les ignorants. » Charlie Chaplin

LeFumiste

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 10:59

2009-2010 : Le moral des salariés est toujours en berne !

Les résultats de l'indicateur Juritravail du "Moral des Salariés" pour le 4eme trimestre 2010 vient d'être publié. Il est symbolique, nous dit un économiste d'une " véritable crise de confiance "

Bien que l'action du Président, de son gouvernement et de sa majorité soient limités à l'allocation d'aides fiscales et de modifications du code du travail, il est certain que la situation et surtout, le moral des salariés, seront des points clés de la campagne de 2012.

Nul doute que les promesses du " travailler plus pour gagner plus " synonyme de " pouvoir d'achat " ne seront pas au programme du candidat Sarkozy, et qu'il préférera utiliser le "travailler plus en travaillant mieux" lancé, par le club Génération France de Jean-François Copé.

Ce qui en "novlangue" UMP, pour ceux qui l'ignorerait, ou l'aurait oublié, consiste à : " (...) par exemple faire dépendre une partie des primes des cadres du jugement que les encadrés portent sur eux (...) " Ambiance garantie dans les entreprises ...

Ce à quoi il faut ajouter : " (...) un relèvement progressif de la durée du travail négocié par les partenaires sociaux au niveau des branches et des entreprises dans le privé (...) Et si les partenaires sociaux (essentiellement les syndicats de salariés ) (...) refusent de se saisir de la question, ce serait à l'État de prendre ses responsabilités et d'augmenter la durée du travail (...) "

Mais avant de connaître la réaction des salariés à ces "merveilles progressistes" dans les urnes en 2012, il est intéressant de se pencher sur les résultats de l'indicateur Juritravail du "Moral des Salariés" pour le 4eme trimestre 2010, consultable en ligne depuis le 25 janvier

Ce n'est pas la première fois que nous vous présentons cet indicateur, puisque nous en parlions dans Slovar, le 08 septembre 2009.

A l'époque, nous écrivions : " Il ne fait décidément pas bon être salarié depuis le début de la crise financière qui s'est transformée en crise économique (...) Synthèse de l'enquête : Une baisse de moral significative des salariés au troisième trimestre 2009. Alors qu'au deuxième Trimestre 2009 le moral des salariés du secteur privé remontait, l'indice du Troisième trimestre enregistre une baisse significative de 1,16 point et atteint 43,13 (sur une base de 100) (...) "

Alors, qu'est-il advenu du moral de ces salariés un an plus tard ?

 

Cliquez sur l'image pour accéder à l'indicateur

" Synthèse : La fin de l'année 2010 marque un recul du moral des salariés ... Le quatrième trimestre 2010 enregistre un léger recul du moral des salariés du privé en France. L'Indicateur du moral revient sous la barre des 44 sur l'échelle de 100 à 43.80 (au lieu de 44.10 au 3ème trimestre) Ce trimestre marque ainsi l'arrêt de la lente progression du moral des salariés entamée depuis 12 mois (...) Aujourd'hui, cette nouvelle détérioration du moral des salariés concorde avec la dégradation du moral des ménages des français observée par l'INSEE en décembre 2010 ( ...) Cette baisse inattendue traduit, selon Alexandre Law, chef économiste de Xerfi (Institut d'études économiques), une véritable crise de confiance (...) "

Quels sont les domaines où cette "crise de confiance" se fait le plus sentir ?

L'image de l'entreprise chez les salariés

" (...) seuls 48% d'entre eux ont une bonne image de leur employeur. Seuls les cadres dépassent les 50% (...) les salariés restent aussi très nombreux (67%) à avoir eu envie de quitter leur entreprise au cours des trois derniers mois (...)

L'indice de satisfaction de la rémunération

" (...) 90% des ouvriers ne pensent pas avoir de promotion au cours des 12 prochains mois (contre 88% au 3ème trimestre 2010) et 43% d'entre eux pensent que les revenus de leur foyer (issus du travail) vont se dégrader dans les 12 prochains mois (42% au 3ème trimestre) (...)

Si les salariés sont relativement optimiste (63% de l'ensemble des salariés) sur le fait de conserver, à terme, leur emploi : " (...) Ils angoissent carrément : " quant aux capacités à retrouver rapidement du travail en cas de chômage. 55% des salariés sont pessimistes et 73% des salariés de plus de 50 ans (...) "

Les conditions de travail

" (...) l'ensemble des salariés remettent en cause leurs conditions de travail à 57%, et à 68% chez les ouvriers (...) Plus inquiétant : " (...) Pour les 6 prochains mois, pas d'amélioration en vue, 89% des salariés pensent à une stabilisation, voire même à une dégradation de ces conditions (...) "

La motivation

Si les cadres restent les plus motivés et impliqués dans leur travail (54%) malgré l'absence toujours constante d'une reconnaissance de leur travail (...) Lorsqu'on regarde les résultats de " (...) l'ensemble des salariés : 37% se sentent impliqués, 19% résignés, 22% encouragés. Seuls 7% sont très motivés dans leur travail. Un manque de motivation que le stress, toujours aussi présent, contribue peut-être à alimenter : 75% des salariés avouent toujours subir un stress dans leur travail (...) "

Sans appel ! Néanmoins, nous regrettons que Juritravail n'ait pas intégré la réforme des retraites dans son étude. En effet, il aurait été intéressant de connaître la part d'impact de cette "réforme" sur le moral des salariés.

Quoi qu'il en soit, pas de raison de pavoiser comme l'a fait récemment notre Président lors de sa rencontre avec les : " grands donateurs de l'UMP , membres du "premier cercle", dans un grand hôtel parisien, porte Maillot " au cours duquel il a déclaré : " (...) Ne vous fiez pas aux sondages. Les Français aiment malmener ceux qui sont à leur tête. Et ils ont des favoris qui ne tiennent pas la route (...) " - Le Figaro

Mais, il est toujours plus facile, de jouer les "fiers à bras", devant un auditoire où sa popularité est de 100% que de convaincre les 70% de français qui se déclarent ...mécontents de son action !

Slovar

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 10:55

Sarkozy recule devant l'UMP

Mauvaise journée ou retournement ? Nicolas Sarkozy a cédé devant la résistance de l'UMP à légiférer dans l'émotion sur la récidive sexuelle. A Davos, il est resté très prudent et compréhensif devant des banquiers qui se plaignaient du renforcement de la règlementation. En France, il n'avait rien à dire sur le chômage des plus seniors, une cible qu'il affectionne pourtant. Que se passe-t-il ?

Il est prudent devant les banquiers
Jeudi 27 janvier, Nicolas Sarkozy a filé au sommet des Riches à Davos. Là-bas, il a ressorti son laïus habituel, répété lundi dernier, sur le besoin de régulation des marchés et l'idée, vieille de 30 ans, d'une taxation sur les transactions financières internationales pour financer le développement. Il y ajouta une défense de l'euro, la même que celle du 31 décembre dernier : « Je sais que certains doutes de la pérennité de l'euro… L'euro c'est L'Europe et l'Europe c'est soixante ans de paix. Jamais nous n'y renoncerons… Les conséquences de la disparition de l'euro seraient tellement cataclysmiques qu'on ne peut jouer avec cette idée ». Il parla même de morale. « Il n'y a pas d'économie de marché sans un minimum de valeurs morales ».
Le plus surprenant était ailleurs. De puissants banquiers présents dans la station suisse se montraient publiquement grognons contre le risque de retour des réglementations, et notamment du renforcement exigé de leurs fonds propres, comme le rapporta le Figaro : « James Dimon, le patron de JP Morgan Chase, l'une des banques américaines les plus solides au plus fort de la crise, s'est fait leur porte parole: "Trop c'est trop !" » Serait-ce la fin du « banker-bashing » ?

Sarkozy fut étonnament prudent quand on sait combien il peut être cinglant. Il leur promit d'être « raisonnable » : « Je vois bien le risque, s'il y a trop de réglementations, on va développer le shadow banking.» Le Monarque exprime rarement publiquement son admiration pour l'Argent. Il réserve ses soutiens à la Richesse aux huis-clos du Premier Cercle de l'UMP. Sur les sujets qui le révoltent, il sait se montrer plus autoritaire, au moins dans le verbe. A croire que ces protestations d'un milieu bancaire qui a failli coulé l'économie mondiale et qui a été secouru à coups de centaines de milliards d'euros de par le monde par les Etats - c'est-à-dire les contribuables - n'étaient pas suffisamment révoltantes pour le Président des Riches.

Il abandonne les seniors
Il est certainement trop tôt pour commencer le bilan de la réforme des retraites adoptée le 27 octobre dernier. A l'époque, Eric Woerth, alors ministre du travail, nous expliquait que les mesures d'âge allaient mécaniquement augmenter le taux d'emploi des seniors.

La publication des statistiques du chômage à fin décembre permet enfin de tirer quelques conclusions, négatives, sur l'emploi en 2010, et en particulier chez les seniors. Parmi les inscrits à Pôle Emploi, les plus de 50 ans sans-emploi (catégorie A) ont cru de 450.000 fin 2009 à 523.000 un an plus tard. S'ajoutent les seniors chômeurs à temps partiel, soit 234.000 personnes (+33.000 en un an). Pire, les plus de 50 ans subissent la durée la plus longue d'inactivité : 353 contre 225 jours en moyenne d'inscription au pôle emploi (parmi les sortants). La reprise est là, nous répète-t-on ... depuis près d'un an !

Face à ce bilan catastrophique, la réponse gouvernementale est bien courte. Interrogé mercredi matin sur France Info, le ministre du Travail Xavier Bertrand a expliqué qu'il misait sur la poursuite des contrats aidés (réduits en 2011) et la personnalisation du traitement des chômeurs seniors. Mais de quoi parle-t-il ? la crise est toujours là. Pour preuve, le nombre d'offres d'emploi collectées par pôle emploi en 2010 s'est élevé à 250.600, soit 800 de plus qu'en décembre 2009, au plus fort de la crise. Quelle progression ! Quelle reprise !

Il cède à l'UMP
Dans l'affaire de Pornic, où la jeune Laëtitia n'a toujours pas été retrouvée 10 jours après sa disparition, Sarkozy a dérapé, puis cédé. L'homme a agi ssous le coup de l'émotion, nous expliqua François Baroin dès sa sortie du conseil des ministres mercredi. Une émotion très électorale. Mardi matin, il réclame une loi sur la récidive sexuelle à ses députés. Quelques ténors résistent. L'après midi, il lit quelques mots préparés sur le même sujet, alors qu'il se déplaçait à Saint Nazaire pour parler politique industrielle : « Mes pensées comme celles de tous les Français vont vers cette jeune fille, disparue, à Pornic, dans des conditions qu'il appartiendra à la justice d'éclaircir, mais qui hélas, laissent aujourd'hui craindre l'indicible. Un tel drame ne peut rester sans suite. ». Les mots sont choisis. Le lendemain, il en remet une couche. Jeudi, le Monde publie un article sur le suspect : ce dernier n'était pas un délinquant sexuel récidiviste, et la justice ne l'accuse pas de viol. Sarkozy recule, et publie une lettre envoyée le même jour à son ministre de la justice. Au passage, on comprend que François Fillon a retrouvé son rôle d'avant remaniement, celui d'un simple collaborateur. Dans son courrier à Michel Mercier, Sarkozy frôle à nouveau le dérapage : « Cette affaire suscite cependant une forte incompréhension chez nos compatriotes, qui ne peuvent admettre qu'une personne condamnée à de multiples reprises, notamment pour des faits d'une particulière gravité, puisse se soustraire délibérément à des obligations de surveillance imposées par la Justice.» Il parle de « dysfonctionnements qui portent atteinte au crédit de l'institution judiciaire. » Pas un mot sur les moyens. Et surtout il conclut : « Je souhaite que vous m'informiez dans les plus brefs délais des conclusions de cette enquête et des suites qui devront nécessairement y être apportées, si possible en évitant un nouveau dispositif législatif. » La phrase est lâchée. Sarkozy a cédé aux patrons de l'UMP qui ne voulaient pas d'une loi d'opportunité. L'évènement est politiquement majeur.

Sans doute énervé, le Monarque a immédiatement confié une mission à Eric Ciotti, le député spécialisé dans les questions sécuritaires, clone de Christian Estrosi dont il fut l'assistant parlementaire avant d'être élu à l'Assemblée en juin 2007. Ciotti est déjà responsable de la loi entrée en vigueur cette semaine qui suspend les allocations familiales aux parents d'élèves absentéistes. Sarkozy lui demande des pistes d'ici le 30 avril pour améliorer l'efficacité des peines, tant en milieu ouvert qu'en prison. Sans le vouloir, il reconnaît son échec dès son introduction : « Près de 30 000 peines sont restées en attente d'exécution pour la seule année 2009 ». La surpopulation carcérale est à peine mentionnée, mais pas les moyens de la justice en général. Les conseillers de Sarkozy ont gentiment fait fuité cette lettre de mission au Figaro. L'opération est électorale. Le candidat Sarkozy ne veut pas qu'on croit qu'il se désintéresse du sujet ni qu'il a échoué. Cela fait quand même près de 9 ans qu'il est en charge. Même les syndicats policiers s'indignent de l'imposture. Alors que la loi Loppsi II est examinée au Sénat, certains dénoncent le recrutement prévu de volontaires réservistes qui vise à compenser la baisse des effectifs dans la police nationale.


Avant de partir à Davos, mercredi en fin de journée, Nicolas Sarkozy a décoré son amie Mireille Mathieu de la Légion d'Honneur. « C'est fait, c'est avoué : je vous aime beaucoup! ». Ces propos pouvaient faire sourire celles et ceux qui avaient lu les comptes-rendus, dans la presse, des propos off tenus par Sarkozy après sa conférence de presse devant les journalistes présents : il s'exerça à démontrer combien il était devenu boulimique de culture littéraire ou cinématographique. Les témoins de la scène en furent presque gênés.

juan Sarkofrance

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28 janvier 2011 5 28 /01 /janvier /2011 10:53

Conflits d'intérêt ou profil modeste, Sarkozy se fiche de nous.

Il dîne avec quelques riches donateurs de l'UMP dans un hôtel de luxe. Il reçoit le lendemain un rapport sur (certains) conflits d'intérêts. Il tient dans l'urgence, dans l'après-midi, une réunion sur la récidive criminelle après la tragédie de Pornic. Il célèbre le renforcement des relations ... avec la Colombie. Il organise une émission de télévision, « face aux Français » le 10 février prochain. Il promet une centaine de déplacements de « terrain » dans l'année. Nicolas Sarkozy fait feu de tout bois, quitte à risquer le dérapage incontrôlé, quinze mois avec le scrutin présidentiel.

Les conflits d'intérêts... des autres
Mercredi 25 janvier, Nicolas Sarkozy a reçu le rapport attendu des trois « experts » sur la prévention des conflits d'intérêt. Le communiqué de l'Elysée fut sobre comme la déclaration de vertu d'un parrain de la mafia : « le Président de la République a rappelé que les attentes des citoyens Français en matière d'impartialité, d'objectivité et de probité des décideurs publics exerçant les plus hautes responsabilités ou intervenant dans des domaines sensibles comme la santé publique ou la sécurité sanitaire, étaient de plus en plus fortes et légitimes.» Nous avons bien lu : Sarkozy évoque les  « décideurs publics exerçant les plus hautes responsabilités.» Si les propositions sont « choc » (dixit le Figaro), rassurez-vous, elles ne concernent ni les parlementaires ni la plus haute autorité du pays, la Présidence. En près de 4 ans de mandature, la pratique monarchique du pouvoir présidentiel par Nicolas Sarkozy a pourtant montré combien la concentration de puissance pouvait être extrême. Lors de l'installation de nouveaux « Sages » au Conseil Constitutionnel en mars dernier, il avait même osé déclaré que « la notion de contre-pouvoir est étrangère à notre conception de l'Etat et de la République ».

Et l'affaire Woerth/Bettencourt, entre autres, avait pourtant montré combien la confusion des genres pouvait être détestable : un ministre du Budget par ailleurs trésorier du parti majoritaire, son épouse embauchée en cours de mandat par une milliardaire soupçonnée de fraude fiscale, un hippodrome vendu à Compiègne dans des conditions qui valent au dit ministre une enquête de la Cour de Justice... Que fallait-il d'autre ? Le président des Riches, au printemps, avait tardé à réagir. Puis, le 12 juillet, il lâcha l'idée de cette commission de réflexion, installée trois mois plus tard et avec un objet très restreint. Ensuite, le ministre Woerth fut remercié du gouvernement en novembre dernier, et abandonné à son triste sort.

Arroseur arrosé, le Monarque expliqua qu'il voulait « mettre en œuvre les mesures contenues dans le Rapport de la commission qui auront été retenues ». Notez la précision des termes : Sarkozy veut mettre en oeuvre celles des recommandations qu'il aura retenues... Quelles seront-elles ? Son ancien A peine élu, Sarkozy avait placé son ancien directeur de campagne Laurent Solly chez TF1. Son ancien conseiller économique François Pérol est parti pantouflé, sans contrôle, à la tête des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne. Les soupçons de financement politique illégal de sa campagne de 2007 par Liliane Bettencourt sont en cours d'investigation, après de nombreuses embuches au travail serein de la justice semées depuis l'Elysée. Le services de renseignement intérieur, fusionnés en 2008 et placés sous la coupe de Sarkozy, ont été privatisés pour identifier la source des rumeurs d'infidélité conjugale au sein du couple présidentiel en février 2010 , espionner un journaliste du Monde, à deux reprises au moins, dans l'affaire Woerth/Bettencourt, ou filer, en septembre 2009, Dominique de Villepin, au début du (premier) procès Clearstream. Et quelles seront les déclarations d'intérêt parmi ses conseillers élyséens ? Combien Sarkozy lui-même touche-t-il de la location de ses actions du cabinet d'avocat dont il est resté actionnaire ?

Sarkozy, au-dessus des règles
Ce mercredi, Sarkozy a même demandé à François Fillon « de préparer un projet de loi visant à promouvoir une véritable culture de la déontologie dans la vie publique française.» Dans ce rapport pourtant, on ne trouve visiblement que quelques principes de bon sens, rappelés en 29 recommandations non communiquées intégralement à ce jour. Son périmètre est apparamment large : 4000 agents publics (ministres, hauts fonctionnaires, dirigeants d'entreprises publiques) seraient concernés. Les auteurs, Jean-Marc Sauvé, Vice-président du Conseil d'Etat, Didier Migaud, Premier Président de la Cour des Comptes et Jean-Claude Magendie, ancien Premier Président de la Cour d'Appel de Paris et proche de Nicolas Sarkozy, proposent la fusion des commissions pour la transparence financière de la vie politique et de la Commission de déontologie pour donner lieu à la création d'une « autorité de déontologie de la vie publique », l'aggravation sanctions en cas de manquements (amende, inégibilité, interdiction d'exercer un emploi public), la mise en oeuvre de codes de conduite et chartes de déontologie dans les administrations, et même des formations « adaptées ».

Le travail de transparence devrait s'étendre à la Présidence de la République. Il y a quelques mois, le député René Dosière rappelait sur son blog, et à l'Assemblée, que le budget élyséen est sous-évalué d'une cinquantaine de millions d'euros (avion à la Défense, chauffeurs à l'intérieur, etc). L'administration américaine vient de publier la liste des cadeaux reçu de gouvernements étrangers par Barack Obama en 2009. En France, notait récemment Cécile Dehesdin pour Slate.fr, on attend toujours la même information pour notre Monarque. Tout juste sait-on qu'il a reçu 442 présents et 487 livres en 2009. René Dosière avait obtenu des services du premier ministre une estimation de l'enveloppe totale des cadeaux offerts par le gouvernement français en 2009 : 97.000 euros. La Cour des Comptes avait communiqué un chiffre quatre fois supérieur (385.000 euros) pour la seule Présidence.

Le retour du Premier Cercle
La veille de la remise de ce rapport, Nicolas Sarkozy s'était discrètement rendu à une réunion de 300 membres du Premier Cercle, ce groupe des riches donateurs de l'UMP (environ 2 millions d'euros par an), durant une demi-heure, dans les sous-sols de l'hôtel Méridien, porte Maillot à Paris. Un témoin confia combien le Monarque fut combattif. Un vrai candidat déjà en campagne inavouée. Il y fustigea l'ISF, un « scandale », dont le rendement vient de croître de 360 millions d'euros en 2010, vient d'annoncé le gouvernement. Il se moqua des manifestations d'enseignants, samedi dernier, qui n'avaient mobilisé « personne dans les rues ». Il confirma que son nouveau profil plus « modeste », rapporte le Monde, ne serait que « temporaire. « Pour l'instant, j'ai l'obligation d'être discret car je suis président, mais attendez que je sois en campagne.»  a-t-il précisé.

Avec le Premier Cercle, nous l'écrivions en octobre dernier, « la Sarkozie a inventé le militantisme bling bling, la cotisation à 2 SMIC, le retour d'ascenseur symbolique ET industriel. » Mercredi, le secrétaire général du parti Jean-François Copé a dû confirmer avoir sollicité les « contributions » de ces riches donateurs, en apportant « leurs éclairages, leurs expériences, leurs contributions pour l'élaboration du projet (présidentiel), puisque pour beaucoup d'entre eux, il s'agit d'entrepreneurs, de gens qui ont une expérience dans le monde très intéressante et utile, dans l'intérêt de notre pays.» On les imagine cogiter sur le bouclier fiscal, l'ISF, ou le poids des dépenses publiques et notamment sociales. Que l'UMP ne comprenne pas que son Premier Cercle incarne désormais les nouvelles 200 familles a quelqe chose de fascinant au 21ème siècle.

Et pendant ce temps...
Mercredi après-midi, le candidat Sarkozy a organisé une réunion à l'Elysée sur la récidive criminelle. Pas question de sembler indifférent à la tragédie de Pornic, où, 9 jours après la disparition de la jeune Laëtitia, aucun aveu ni preuve n'a été obtenu. Plus tard, François Baroin a commenté devant des journalistes que Sarkozy « a exprimé une conviction, l'expression d'une douleur, vraiment, d'une indignation profonde qui est aussi la traduction d'un long combat politique qui a évolué au fil des années et qui l'a vu, lui Nicolas Sarkozy, porter un certain nombre de textes.» Mais qui n'exprime pas de douleur devant un tel drame ? Le gouvernement, a ajouté Baroin, est « vraiment au côté de la famille de Laetitia ». Vraiment ? Pouvait-il être du côté du ou des coupables ? Quelle affirmation !

Mercredi, les chiffres du chômage de décembre dernier, les derniers qui nous manquaient pour dresser le bilan,  désastreux, de l'emploi l'an passé, ont été publiés. Plus de 4,6 millions de chômeurs, sans activité ou en travail partiel, tenus de chercher un emploi ou dispensés, étaient enregistrés à Pôle Emploi. La reprise est là... Sarkozy, ce jour-là, n'eut pas un mot de commentaires sur ces données.

Au final, la séquence des dernières heures fut politiquement incroyable. Sarkozy a, sans gêne ni précaution, abandonné son costume de Protecteur de la Nation. C'est le signe d'une inquiétude, profonde, et d'un besoin de montrer à son camp qu'il reste le patron. La veille, la résistance de quelques ténors à le suivre dans sa volonté de légiférer dans l'urgence après l'affaire de Pornic l'a exaspéré.

juan Sarkofrance

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:44


Revaloriser la laïcité en rompant avec la « pensée unique »

 Les médias sont parvenus à imposer une « pensée unique » à l'échelle planétaire pour produire un homme moderne, flottant, inculte, immature et sans esprit critique. Il s'agit de rendre la transmission de valeurs strictement impossible, dont entre autres, la laïcité, volontiers présentée comme un élément dépassé. Forme ultime de ces malentendus, divers sophismes font passer l'idéal laïque pour un point de vue... sectaire. Alors que cette perversion et cet oubli du passé sont évidemment combattus par les associations laïques et par les enseignements scolaires, l'État mondialiste se ferait volontiers éducateur au détriment de la culture générale requise pour comprendre l'importance de l'idéal laïque. Huit sophismes brouillent ainsi les esprits et diffusent, dans le capitalisme total, le règne de cette « pensée unique » voulant saper le principe de laïcité :

1. Le sophisme de la mondialisation fait croire que ce qui est mondialisé vaut vérité. Or mondialisé n'est pas synonyme d’universel pour autant. N’est-ce pas d’ailleurs l'universel sans l'humain ?

2. Le sophisme de l'économisme revient à confondre ce qui est premier avec ce qui est primordial. L’argent devient la mesure de tout et tue l'esprit utopique. Les échanges entre les êtres s'appauvrissent au détriment de la culture générale. Or le principe de laïcité, en n’imposant aucune idéologie dominante nous arme contre l'économisme et contre tout sectarisme. La marchandisation actuelle de la culture est aux antipodes de la gratuité de la culture humaniste qui porte l'idéal laïque.

3. Le sophisme communicationnel fait croire que la communication suffit à assurer la transmission. Or celle-ci se fait dans le temps et la communication instantanée sans la transmission trompe l'individu sur lui-même, l’éloigne du bien commun. C’est le règne de la « pensée unique », à l’inverse d’un partage de valeurs éthiques et fraternelles qui suppose l'existence de sujets libres et critiques.

4. Le sophisme jeuniste fait croire que ce qui est récent est nouveau. Or le jeunisme, qu'il ne faut pas confondre avec la jeunesse, consiste à rendre désirables l'immaturité et l'inculture. Il rend la transmission des connaissances et des valeurs communes impossible. C'est pourquoi il devient si difficile d'enseigner au sein de l'école d'aujourd'hui et d'impliquer les jeunes générations dans les affaires de la cité. La dévalorisation des savoirs et de la culture politique affaiblit le principe de laïcité qui garantit l'indépendance de tout enseignement et constitue une irremplaçable école de tolérance.

5. Le sophisme du relativisme culturel constitue un piège où tombent beaucoup d'esprits qui veulent « faire moderne » : on « s'exprime » sans maîtriser la langue que l'on prétend en même temps... enrichir ; les valeurs républicaines et la laïcité deviennent des valeurs « parmi d'autres » et la dérive relativiste s’installe dans les esprits.

6. Le sophisme pédagogique triomphe alors et en arrive à différer sans cesse les actes de s'instruire, de transmettre et d'enseigner. Or la laïcité garantit l'exigence de transmission et l'acte d'enseigner contre toute intrusion cléricale ; si le principe de laïcité est malmené, l’enseignement devient difficile.

7. Le sophisme communautariste entretient l'illusion que le lien social pourrait s'instituer par lui-même sans la garantie du droit. Ceci fait le jeu du communautarisme clérical et installe les citoyens dans un espace qui n'est plus public et qui devient le lieu de la mise en scène des passions privées des individus les plus forts et les plus bruyants.

8. Le sophisme clérical qui accorde un droit supérieur à gouverner à des organisations non élues et non fondées sur l'expérience et les progrès scientifiques sous toutes leurs formes, alors qu'au contraire les individus, les peuples et l'humanité font face à des défis qui exigent la mobilisation rationnelle des intelligences et le choix démocratique des solutions.

Ces sophismes font système et sévissent actuellement dans la société et les écoles. Pour refonder le principe de la laïcité, il convient de les déjouer. Cela passe par la redéfinition du principe de laïcité, principe de séparation des Eglises et de l’Etat, en dehors des affects passionnels qui l'entourent et par une revalorisation de la culture générale dans l’école et la société pour rompre avec cette « pensée unique » mondiale. L'inculture, l'obscurantisme et l’anti-intellectualisme ne font-ils le jeu des sectes et des préjugés ? Les cléricalismes et les communautarismes profitent de l'effondrement du niveau de culture générale et d'instruction des jeunes et des citoyens pour inféoder les esprits. C’est la raison pour laquelle l’on peut se demander s’il ne faudrait pas expérimenter des enseignements portant sur l'histoire des institutions laïques ou, comme le suggérait le professeur C. Nicolet, instaurer une véritable éducation au métier de citoyen au sein des universités ou de la formation des maîtres. Sans cet effort de réinstitution de l'idéal laïque et républicain, la devise républicaine n'aurait tout simplement plus de sens, ni d'avenir.

Charles Coutel

République

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:18
par JacquesLaMauragne (son site) mercredi 26 janvier 2011

“Un Gouvernement de professionnels” dixit Sarkozy…..

Eh bien parlons-en de ces “pros”…..

LE BUDGET DE L’ÉTAT

En décembre 2009, le Gouvernement fait adopter par le Parlement son Budget pour 2010.

Il prévoit déjà un déficit de 117,4 milliards d’euros…..

Pour les champions auto-proclamés de la réduction du déficit, c’est déjà pas mal………..

Mais à l’arrivée, le DÉFICIT 2010 S’ÉLÊVE à 148,8 milliards d’euros

Nos vaillants “professionnels” sont donc incapables d’une prévision fiable, incapables de respecter la loi qu’ils ont eu même fait voter.

Ils ont juste claqué 31,4 milliards d’euros de plus que leur “cagnotte”. A quoi ??? Mystère, puisque tous les jours on nous parle du désengagement financier de l’État dans quasiment tous les domaines…………..

L’APPLICATION DES LOIS

Autre domaine de compétence de nos “professionnels”.

Selon le Sénat ( repaire d’antisorkozystes primaires comme chacun sait :-)), pour la seule dernière session parlementaire d’octobre 2009 à octobre 2010 , TRENTE DEUX lois sur 52 votées et promulguées par M. Sarkozy NE SONT PAS APPLIQUÉES, ni applicables, car les Ministres concernés n’ont pas publié les Décrets d’applications nécessaires.

En effet, du travail de PROS !!!!!

La Loi du Grenelle de l’Environnement n’a reçu que 2 décrets d’application sur les 172 nécessaires….

La loi sur la condition pénitentiaire n’en a reçu que 2 sur les 19 prévus.

Mieux la Loi sur la RÉCIDIVE CRIMINELLE, annoncée à grand son de trompe , n’a encore reçu aucun des trois décrets nécessaires…..

Il manque également des décrets à la loi sur la lutte contre les violences de groupe.

Sans doute que notre grand professionnel, Brice Hortefeux, ne juge plus nécessaire de signer ces décrets puisqu’il vient de nous seriner que la délinquance est en baisse partout et toujours (comme on peut le constater en se promenant ou en regardant simplement la télé….).

Allez, retrouvons simplement notre bonne humeur avec

Quatrième chronique du règne de Nicolas 1er

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:11

Ils dénoncent le club "Le Siècle"

Mercredi 26 janvier 2011, aura lieu un repas très particulier et VIP.

En effet, ce soir, à 19H00 à la palce de la Concorde se réuniront toute l'élite française pour débattre et discuter de choses et d'autres au sein du club Le Siècle. Syndicalistes, personnalités de droite ou de gauche, PDG, écrivains et journalistes seront au programme.

 

Cela va faire la troisième fois d'affilée que des manifestations perturbent la tenue de cet évènement mensuel, plus de 300 personnes manifestaient en Novembre, et en Décembre, la galéjade fut annulée, retrouvons nous toujours plus nombreux (évènement facebook).

 

Tout ce beau monde, bien sûr, n'a rien à cacher, puisqu'ils utilisent cet outil seulement pour discuter tranquillement. Ce n'est pas un lieu de pouvoir, répètent tous les invités. On veut bien vous croire, mais le seul fait qu'il puisse en être un (de lieu de pouvoir anti-démocratique), justifie sa suppression et sa dénonciation.

 

Mais ce club a au moins un mérite, il nous montre à quel point la démocratie représentative n'est qu'un instrument pour perpétuer les inégalités et l'injustice.

 

Des réunions de ce type, entre élite politique, journalistique et économique, ne sont possibles seulement s'il existe des élites dans ces domaines, c'est donc la représentativité politique et le capitalisme qui doivent disparaître pour lutter contre l'arbitraire du pouvoir.

 

Quand la politique est faite par des professionnels, l'intérêt commun disparaît et les intérêts privés triomphent.

 

La politique, ça nous touche directement, c'est l'affaire de nous tous, pourtant, dans nos pays industrialisés, les démocraties représentatives, seule une minime partie du peuple a accès à la politique, par la représentation. Pourquoi ?

 

Ça commence en France avec la république suivant la révolution française, on a décidé assez arbitrairement, que le peuple n'était pas apte à prendre lui même les décisions qui allaient gouverner sa vie, car il était fait d'illettrés, d'enfants, de femmes et de gens qui ne voulaient pas s'encombrer du pouvoir qui leur est dû.

 

Mais alors si le peuple ne peut pas se gouverner seul, comment peut-il savoir pour qui il doit voter pour mieux le gouverner ?!

 

Aujourd'hui bien des choses ont changé, mais rappelons qu'en France moins de 1500 personnes prennent les décisions législatives et exécutives. pourtant aujourd'hui nous ne sommes plus illettrés, et beaucoup de gens aimeraient participer directement à la vie politique.

 

C'est donc un manque de volonté de la part de ceux qui nous gouvernent, preuve qu'ils ne gouvernent pas pour le peuple, mais pour l'intérêt d'une élite politique.

De plus, moins ceux qui ont le pouvoir législatif(parlement, sénat) sont nombreux, plus les risques de corruption sont grands, en ne serait-ce seulement triplant le nombre de députés, la corruption serait combattue à grands coups.

 

La représentativité, c'est la fin de la souveraineté du peuple, en effet, le représentant, il a besoin d'être élu, mais une fois qu'il l'est, il a tout pouvoir sur ceux qui l'ont élu, et ceux-ci n'ont aucune possibilité de contrôle sur lui.

Voter, c'est abdiquer, c'est accepter l'idée que ce qui va régir nos vies ne nous concerne pas.

Dire Non au club du Siècle, c'est bien, mais c'est inutile si on ne recherche pas les causes profondes des problèmes auxquels on s'attaque.

Si on pense que nos démocraties actuelles sont légitimes et à conserver, alors le groupe Bilderberg et le club du Siècle n'ont aucune raison de disparaître, et oui, du moment qu'on donne des pouvoirs à quelques-uns, il est légitime que tous les gens qui possèdent des pouvoirs importants se rencontrent pour décider et débattre de leurs politiques communes. Les entreprises font cela, les journalistes font cela, les associations font cela, les dirigeants le font aussi. La question est, dirigeants doit-il y avoir ?

Non à la représentativité, non à la répréssion, non à la violence légitime, non à l'assistanat.

Oui à la démocratie directe, oui à l'autogestion, oui à la responsabilité, oui à la liberté.

"Il n'y a pas de tyrans, seulement des esclaves" E. de la Boétie

En réfléchissant

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26 janvier 2011 3 26 /01 /janvier /2011 19:02

Sarkozy voulait être crédible à Saint-Nazaire, mais dérape à Pornic 8 jours trop tard.

Mardi, Sarkozy a dérapé. Salement, une vraie bévue dans sa séquence préélectorale si bien préparée. Il n'a fallut qu'un fait divers, dramatique, pour que Sarkozy redevienne Sarkozy. Oublié l'exercice zen d'un président protecteur qui prend le temps de la réflexion ! Avant de partir à Saint-Nazaire pour un grand show industriel à la faveur d'un double évènement, le lancement d'un appel d'offre pour l'éolien offshore et la commande de deux navires de guerre par la Russie, le candidat avait reçu quelques parlementaires UMP à l'Elysée, pour leur confier son indignation après le drame de Pornic et son souhait d'une nouvelle loi... A Saint-Nazaire, son discours commença par un message sur le même fait divers. Chassez le naturel, il revient au galop ! Cette capacité toute sarkozyenne à déraper sur l'émotion s'est illustrée, grandeur nature, et en public, ce mardi 25 janvier.

Sarkozy redevient Sarkozy
Avant de partir à Saint-Nazaire, le candidat Sarkozy avait reçu des élus de « sa » majorité, pour son traditionnel petit-déjeuner hebdomadaire à l'Elysée, aux frais du contribuable. La vraie surprise fut de constater qu'à huis-clos, Sarkozy a perdu sa maîtrise du moment. Sarkozy est redevenu Sarkozy ! Se saisissant de la disparition de la jeune Laetitia à Pornic, il a demandé à ses parlementaires de voter rapidement une nouvelle loi sur les délinquants sexuels : « La responsabilité politique, c'est de faire en sorte qu'ils (les délinquants sexuels) ne puissent plus passer au travers des mailles du filet. » Il a réclamé que la surveillance des délinquants sexuels (via notamment le port d'un bracelet électronique après leur sortie de prison) soit une priorité. Surfer sur l'émotion est un travers bien connu de l'ancien ministre de l'intérieur.

Plus tard dans l'après-midi, son ministre de la justice Michel Mercier a expliqué aux députés lors des questions au gouvernement que Sarkozy avait souligné « la nécessité d'apporter une réponse rapide à des situations comme celles-ci.» « Il est indispensable que les récidivistes fassent l'objet d'un suivi spécifique et approprié dès leur sortie de prison. (...) Lors de la discussion à venir du projet de loi sur les jurés populaires, actuellement en cours de préparation, nous aurons l'occasion de débattre largement de cette problématique et d'adapter notre législation en conséquence

Mais la seconde surprise du jour fut la réaction, à chaud, de certains députés UMP, et pas des moindres... Christian Jacob, président du groupe UMP, a récusé toute « loi d'opportunité », se refusant à « réagir dans l'instant ». Son vice-président, Jean Léonetti, a rajouté : « Je souhaite qu'il n'y ait pas une proposition de loi Pornic.» Les deux ont promis d'y réfléchir dans un groupe de travail pour les 3 mois à venir. Il n'y eut que Christian Estrosi pour publier un communiqué abscons et vengeur.

Quelques heures plus tard, Sarkozy arrivait à Saint Nazaire, pour son grand moment de politique industrielle. Et pourtant, il débuta son discours par tout autre chose. On comprit que la résistance de l'UMP du matin l'avait profondément agacé... au point de le faire déraper. Voici ses premières paroles, à Saint-Nazaire, in extenso, devant des ouvriers en bleu de travail et casque de chantier, et des militaires en uniforme dans le hangar à hélicoptères d'un navire Dixmude de la marine nationale.

« Qu'il me soit permis avant toute chose, d'exprimer ma très grande émotion et ma profonde compassion à l'endroit de la famille de Laëtitia Perrais qui est aujourd'hui dans la douleur et dans l'angoisse. Mes pensées comem celles de tous les Français vont vers cette jeune fille, disparue, à Pornic, dans des conditions qu'il appartiendra à la justice d'éclaircir, mais qui hélas, laissent aujourd'hui craindre l'indicible. Un tel drame ne peut rester sans suite. Des tels actes criminels, si l'enquête les confirme, ne peuvent rester impunis...» Il prend quelques secondes de silence «... Je souhaite que la justice travaille très vite...» Avec quels moyens ? «... très efficacement afin que toute la vérité soit connue. Je recerrai...» Il bafouille «... Je recevrai la famille dès mon retour. Mais je veux vous dire que la récidive criminelle n'est pas une fatalité, et je ne me contenterai pas d'une enquête sans suite. Je le dis très sereinement, mais il n'y aura pas une enquête de plus où on dira aux Français que tout a été parfait, sauf une petite jeune fille qui ne demandait qu'à vivre mais qui a disparu. C'est pas possible.... Faut attendre de voir... Mais si c'est l'indicible... faudra des décisions, et pas des commissions de réflexions. Il y a eu trop de cas comme celui-ci. Et bien sûr, je recevrai cette famille. Pardon de parler de cela avant de parler de vous... »

Cette instrumentalisation est doublement triste et indigne. Non seulement Sarkozy joue-t-il d'un fait divers pour sa cause personnelle... mais en plus, il réagit bien tard. Il fallut que les proches et la famille organisent, la veille, une « marche blanche » pour que le Monarque se décide à utiliser l'émotion populaire. Pour lui, tout est possible.

Ce mardi, Nicolas Sarkozy n'improvisait pas. Il lisait son discours. Surfer sur l'émotion, toujours. On aurait dû lui renvoyer à la figure l'inefficacité de ses lois à répétitions, la réduction des effectifs des forces de l'ordre, la surpopulation carcérale, l'échec des peines planchers, la suppression de la police de proximité, l'engorgement insoluble de la justice, ou, plus simplement, la hausse constante depuis 2002 des violences aux personnes.

Il y a à peine 5 jours, le ministre de l'Intérieur Hortefeux tentait encore sur TF1 de nous faire croire que la délinquance régressait. Il suffisait de lire son bilan. Les atteintes aux personnes, crapuleuses ou pas, ne cessent d'augmenter, année après année. Rappelons, par exemple, que que les « vols violents sans armes contre des femmes sur la voie publique » ont explosé de 44.000 en 2009 à 50.000 en 2010.

Sarkozy voulait être crédible
A Saint-Nazaire, Sarkozy avait pourtant deux autres enjeux politiques. Le premier, redevenir écolo. Il a lancé le grand chantier de l'éolien offshore : un appel d'offres pour 5 projets qui seront choisis juste avant l'élection présidentielle en 2012, 10.000 emplois promis dans l'Hexagone, 600 éoliennes au large des côtes françaises, une puissance prévue de 3000 mégawatts (MW), soit l'équivalent de deux réacteurs nucléaires EPR, 10 milliards d'euros d'investissement. On allait voir ce qu'on allait voir ! « Je vous propose de relever le défi de l'énergie éolienne en mer. (...) Je viens vous dire que l'éolien offshore, c'est pour vous

Le candidat y jouait sa crédibilité écolo, malmenée depuis 2009 après l'échec aux élections européennes puis régionales, du sommet de Copenhague puis le fiasco de la taxe carbone. En 2010, le détricotage de quelques engagements du Grenelle de l'environnement (suspension du plan photovoltaïque, réduction des crédits bio, autorisation de circulation des poids lourds de 40 à 44 tonnes, etc) avait complété le tableau. Sa nouvelle ministre de l'écologie, absorbée jusqu'à lors par les défaillances de la SNCF et les évènements neigeux de décembre dernier, avait chauffé la place. Elle attendait avec impatience cette annonce présidentielle, promise depuis août dernier.

A Saint Nazaire, le candidat Sarkozy devait aussi célébrer en grandes pompes la signature de la commande russe de deux navires de guerre. Une « victoire », claironnée par l'Elysée le 25 décembre dernier et à nouveau ce mardi : « Ce projet est le plus important parmi ceux jamais réalisés par la Russie et par un pays occidental dans ce domaine. Sa réalisation garantira de très nombreux emplois pour les entreprises russes et françaises et ouvrira de nouvelles perspectives de coopération entre la France et la Russie.» Effectivement, aucun Etat membre de l'OTAN ne s'était risqué jusqu'alors à céder du matériel militaire de cette importance à la Russie.

Le 23 juillet dernier, Sarkozy s'était un peu rapidement avancé en annonçant l'affaire, qui ne fut bouclée que 5 mois plus tard, après que la France eut concédé de jolis transferts de technologies: les deux premiers bateaux seront construits en commun (à 80% en France), et les deux suivants... en Russie. Les officiels russes ont expliqué, en décembre dernier, que cette acquisition visait à combler leur retard technologique. Ce mardi, Sarkozy, accompagné d'Igor Setchine, vice-premier ministre du gouvernement russe, et d'une brochette de ses ministres, voulait prouver la réalité de sa politique industrielle : « Je n'accepterai jamais la disparition des chantiers de l'Atlantique. Jamais. » Cette commande russe était un exercice de crédibilité politique. Le président était trop fier de revenir ainsi en fanfare devant des ouvriers. La photo était belle comme un poster de campagne. Le discours fut globalement court, une grosse trentaine de minutes, avant la signature filmée des contrats de commandes  : « J'ai vu des doutes sur les visages et j'ai entendu des critiques, rappelle Nicolas Sarkozy, en référence à sa venue il y a 6 mois. Aujourd'hui, c'est signé ! » Et il promit « mille deux cents emplois seront garantis pendant quatre ans par ce chantier.»

Il s'est même exclamé : « On n'a pas le droit de mentir. » Les ouvriers de Dassault, à qui Sarkozy avait promis une commande brésilienne... en octobre 2008, apprécieront. Ceux de Gandrange également. Nicolas Sarkozy, ce mardi, n'eut pas un mot de commentaire sur la prochaine entrée en Bourse de l'activité inox d'Arcelor Mittal.

Pour que la fête fut complète, Sarkozy promit 3 milliards d'euros de prêts supplémentaires chaque année pour les PME industrielles, via la mobilisation de 75 % des dépôts supplémentaires sur les Livrets A et de développement durable. Il jongla avec les milliards : il demanda que les 84 milliards d'euros d'épargne salariale soient réorientés vers les PME, sans qu'on sache juridiquement comment (puisque rien n'a été prévu lors de la loi de finances 2011) ; il promit 1,5 milliard d'augmentation de capital pour « renforcer les moyens » du Fonds stratégique d'investissement ; il demanda qu'on place les 1 400 milliards d'euros d'assurance vie des Français dans « dans un actionnariat stable et de long terme pour nos entreprises ». Ce mardi, Sarkozy racontait n'importe quoi. Déplacer l'assurance vie, dont les placements boursiers ne sont ni contrôlés ni contrôlables par la puissance publique (sauf à changer les incitations fiscales, ce qui n'a pas été fait en 4 ans de mandat), est une déclaration en l'air.

A Saint-Nazaire, Sarkozy avait gâché son occasion. Trop fébrile pour sa réélection, il préféra parler du drame de Pornic. Trop vantard, il se plu à penser que deux navires de guerre et quelques éoliennes remplaçaient une politique industrielle d'envergure.

Juan Sarkofrance

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