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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 10:06
IL ne faut pas baisser la garde vis à vis du gouvernement Hollande.

I - Outre la réforme des retraites, l'ère Sarkozy se distingue par trois décisions de grande importance : la loi HPST, la loi LRU, et le retour dans l'OTAN.
 
Pourquoi ces lois ? La loi HPST a pour but de réduire le périmètre hospitalier public afin de favoriser les cliniques privées. Celles-ci ont été subventionnées par l'Etat pour se regrouper afin de les rendre accessible à la bourse. Une fois mise en bourse, elles ont quasiement toutes été rachetées par des groupes financiers anglo-saxons (je pourrai vous en fournir une liste). C'est l'un des moyens de pompage de la finance US sur l'épargne "stérilisée" française (stérilisée: c'est le terme que ces financiers emploient). Tel est le véritable objectif de la loi HPST.
 
La loi LRU va exactement dans le même sens : les effets se font déjà ressentir dans le supérieur (Ecoles de commerce, Instituts d'informatique, les deux secteurs stratégiques) : regroupements, puis rachat par des groupes.
 
L'entrée dans l'OTAN: a pour effet de rendre non-autonome la pensée stratégique militaire française, et en même temps de détruire l'industrie de l'armement en cours de rachat par General Dynamics et autres (cf Panhard actuellement)
 
Autrement dit, Sarkozy, l'homme directement nommé par Washington à la présidence (une grande partie du gvt Chirac l'était déjà) a eu pour rôle de ligoter la France pour en extraire le maximum de capitaux désormais prisonniers ou carrément volé (subprime) aux USA.
 
Le candidat F. Hollande promettait la rupture. Cependant en lisant son programme (et les préconisations du PS), il promettait de ne pas abolir la loi HPST, ni la loi LRU, ni sortir de l'OTAN ("... je demanderai une véritable évaluation de cette réintégration, non pas pour la remettre en question, mais pour prendre les décisions qui lui permettront d'être conforme aux intérêts de la France" DSI n° 80 avril 2012; il ne précise pas quels sont les intérêts de la France), il promet juste de les arrondir.
 
En d'autres termes, F. Hollande est d'accord sur le fondamental de ces lois, donc pour le ligotage de la France.

II - L'affaire Syrienne
Je n'ai aucune estime et aucune affinité pour le gouvernement en place, dictature et tortionnaires confondus, mais lorsqu'un état fait  l'objet d'un soulèvement, outre l'aspiration légitime d'un peuple à la liberté, il faut toujours se demander quels sont les objectifs cachés...J'ai entendu dire que les frontières longeant le sous sol maritime et côtier, Turquie, pour une petite partie, Syrie pour une grande partie, et dans une moindre mesure Liban et Israël, étaient l'objet de convoitises parce qu'il venait d'y être découvert l'un des plus vastes gisements de gaz. A ce sujet quelqu'un a t'il des informations parce que ce n'est pas sur l'information des professionnels du journalisme que l'on peut compter...
       
JE

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 18:52

"Un grand moment de rigueur pour les fonctionnaires"

Mercredi 4 Juillet 2012

François COCQ, Secrétaire national à l’éducation, au Service Public et à la formation


Marylise Lebranchu, ministre de la Réforme de l’Etat, de la Décentralisation et de la Fonction publique, est décidément une élève zélée. Après le discours de politique générale de Jean-Marc Ayrault hier, elle a enfoncé le clou ce matin sur RTL en promettant "Un grand moment de rigueur pour les fonctionnaires".

15.000 suppressions de fonctionnaires par an hors éducation, police et justice sont ainsi confirmées. Le point d’indice est lui, comme les années précédentes, à nouveau gelé, la ministre se réfugiant même derrière l’augmentation infinitésimale du SMIC pour justifier ce statu quo qui vaut régression. Quant à la journée de carence, il n’est pas de changement à attendre sur ce sujet là non plus.

A jouer les comptables, Marylise Lebranchu perd le sens de l’intérêt général.

Le Service Public n’a pas vocation comme l’affirme la Ministre à générer de la croissance mais bien à répondre aux besoins humains qui relèvent du bien commun.

La Ministre ferait donc bien de se garder de parler à la place des syndicats et de croire « que les syndicats acceptent cette idée de rigueur parce qu’elle est logique pour eux ».

Car si pour Madame Lebranchu, la « mise en place de la RGPP a humilié les fonctionnaires », les annonces de ce matin les méprisent ostensiblement !

Pour le Parti de Gauche, le Service Public et les fonctionnaires ne sauraient servir de variable d’ajustement dans une course éperdue vers l’austérité qui étoufferait dans l’œuf toute possibilité de relance de l’activité. La fonction publique ne se relèvera pas de 5 ans de sarkozysme comme cela.

NDLR : En clair il faut rembourser par tous les moyens les 1.000 milliards donnés aux banques. On continue comme cela pendant combien de temps? Bruxelles nous mène à la ruine et à la fin de nos droits sociaux...Tout cela a été parfaitement planifié par les européistes aux ordres de la finance internationale. Il ont en plus le cynisme de nous culpabiser en annonçant que nous allons laisser une dette à nos enfants...Cette dette a été parfaitement planifiée pour en finir avec les droits sociaux. Une seule réponse la Résistance.

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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 16:18

Il est neuf heures, heure locale, à Caracas quand je reçois le sms de Martine Billard m’annonçant que notre groupe à l’Assemblée nationale votera l'abstention sur la motion de confiance présentée par Jean-Marc Ayrault au nom du nouveau gouvernement. C’est un événement de très grande signification politique. C’est l’acte de naissance de l’autre gauche parlementaire. Une alternative à gauche existe et s’assume. Elle agit en responsabilité. Autonome, pour faire des conquêtes politiques et sociales, notre gauche parlementaire aide ou s’oppose d’après ses propres objectifs, en toute indépendance.

J’ai fait cette interminable note dans l’avion qui m’a emmené à Caracas au Venezuela, en compagnie de quatre autres députés européens, pour assister comme invités au « Forum de São Paulo », organisation sommet réunissant les partis de l’autre gauche d’Amérique du Sud. Il y est question aussi d’ambiance, de la vie du Front de Gauche. Et bien sûr de l’épisode crucial du vote à l’Assemblée où il ne faut pas voter la confiance à ceux qui ne la méritent pas. Puis il est évidemment question d’Amérique du Sud, du moment politique qui s’y vit. Et même des élections au Mexique. J’ai mis mes idées au clair. Je vous en souhaite autant si vous avez la patience de me lire.

Quel régal que ce temps libre, cette solitude imposée par le voyage et ce silence bruyant qu’on ne connaît qu’en avion. L’isolement est une circonstance. La solitude un vécu. En ce sens, la solitude est le stade suprême de l’isolement. Quand ai-je déjà eu autant besoin de solitude qu’en ce moment ? Bien sûr la solitude peut-être dissolvante, je le sais bien. J’en connais trop qui la souffrent pour l’oublier. Mais, au moment approprié, et à juste dose, le poison est une médecine. Et la solitude un moyen de reconstruction. J’y suis ! La sollicitation permanente et le harcèlement dont je fais l’objet ne permettent plus l’échange vraiment humain. Ce n’est plus un échange d’ailleurs. Il faut donner constamment. Ou bien se laisser prendre, notamment en photo, sans cesse, au prix d’un prélèvement amenuisant du terreau fertile mais délicat qui forme la pâte de base de tout un chacun. L’ère de l’image fait parfois et même souvent oublier des codes élémentaires de bonne conduite à mon égard, comme si je n’étais plus vraiment une personne mais seulement un personnage. Donc une abstraction qui ne ressentirait rien. Je ne m’étonne que plus de ceux qui me supposent une appétence addictive pour les caméras et la notoriété. Ceux qui l’écrivent en sont eux-mêmes assez privés, je le vois bien, pour croire qu’il s’agit d’un délice. Il leur reste à apprendre combien ce n’est qu’un revers pénible de la médaille.

Mais pour ce jour de départ, ce fut calme. Et respectueux. Par-ci par-là des gens sont venus, à l’aéroport ou à l’embarquement me dire des mots d’amitié. J’ai été frappé du nombre des jeunes et même très jeunes parmi eux. Comme ce groupe de jeunes filles en partance pour Ajaccio. Elles n’ont pas l’âge de voter mais elles vinrent se présenter pour prendre mon avis sur ce qu’elles pouvaient faire d’utile pour nos idées. Ces brefs instants me signalent combien l’impact de ce que nous avons accompli avec notre campagne présidentielle a été profond. Et combien il a diffusé dans tous les catégories d’âge et tous les compartiments de la société. Cette bigarrure n’est pas un problème. C’est la solution. Si notre programme est bien un programme d’intérêt général alors il s’adresse à tout le monde. Le ciblage dans mes discours sur la classe ouvrière et les employés n’a pas de sens restrictif dans ma vision de la transformation sociale. D’un côté il vise à mobiliser le secteur le plus nombreux de la société mais qui s’est placé le plus en retrait politique. D’un autre il indique à tous qu’il n’y a aucun avenir possible sans que les besoins de dignité et de progrès humain de ces millions de personnes soient satisfaits. Cela s’entend, dans tous les milieux, quoiqu’on en pense. J’ai déjà raconté ici comment des gens qui déclaraient eux-mêmes n’avoir aucun intérêt personnel à notre succès, et même le contraire, venaient me dire qu’ils voteraient pour nous. Leur motivation est qu’ils savent, comme nous, que « leur truc ne marche pas », que les normes de fonctionnement de l’ordre établi conduisent tout le monde au désastre social et écologique. Cette conscience humaine peut être profondément enterrée sous mille sédiments de bonnes raisons, de circonstances ou d’histoires personnelles. Pourtant elle est toujours là, répartie de tous côtés, chez tout le monde. Elle affleure d’autant plus vigoureusement que les classes moyennes et qualifiées prennent la mesure de leurs illusions perdues.

Donc, non, assurément : tout le monde n’est pas seulement disponible pour l’odieuse maxime « profite et tais-toi ». Si je reviens sur ce point c’est après avoir entendu Michel Sapin me répliquer à la radio à propos du « carambar » quotidien que représente l’augmentation du Smic accordée par le nouveau gouvernement. Je comprends parfaitement qu’il ne soit pas d’accord. Je ne suis ni surpris ni choqué qu’il y ait une réplique. Ce qui me frappe ce sont les « arguments » utilisés. Voici ce qu’a dit Michel Sapin : « Je doute que monsieur Mélenchon mange beaucoup de carambar, et je ne crois pas qu’il soit payé au Smic ». Très drôle non ? Quel humour ! Mais regardons cela de plus près. Ne pourrait parler de carambar que celui qui en mange. Ne pourrait parler de Smic que celui qui le touche ? Je m’amuse de la réplique qui saute aux lèvres : mais alors pourquoi Sapin lui-même parle-t-il de l’un et de l’autre ? Seul le facteur a le droit de commenter le courrier ? Je galèje, bien sûr. Il faut creuser cependant la pensée de Sapin. Généralisons sa formule et, en effet, il n’y a tout simplement plus aucun intérêt général discernable par le débat. Seules resteraient des raisons techniques plus fortes que toutes les volontés. Je crois que c’est bien cela que veut nous signifier Michel Sapin. Pour lui ce qui a été décidé est la seule décision possible. Ne pas en convenir c’est soit être fou soit un imposteur. Classique. Parlant d’instinct, sans vraiment réfléchir, il ne sait pas qu’il a recours ici à la vieille formule rhétorique de la droite contre les gens de gauche : « Pas ça ! Pas vous ! »

Au hublot j’ai d’abord vu l’Espagne. Madrid pour être précis. J’ai une nouvelle espagnole pour les curieux des sondages. Ici, en Espagne, dans le marasme actuel, la mécanique de l’alternance se grippe. Les socialistes ne profitent plus des déboires de la droite au pouvoir comme celle-ci avait profité de ceux du PSOE et lui-même de ceux de la droite à l’épisode précédent. Leur commune responsabilité et leur conjointe impuissance successive semble enfin être assez bien perçue pour déplacer les lignes. Le PSOE était à 29,2 % des suffrages aux dernières élections générales, son plus bas résultat depuis le retour de la démocratie. Il est donné à 23%, au même niveau que le parti de droite. Mais voici la nouvelle. Nos camarades d’Izquierda Unida sont donnés à 14%. Ils doublent par rapport aux résultats acquis dans la dernière élection générale où ils avaient déjà doublé. Ainsi se confirme le frémissement de la vague montante que nous observons vers notre côté.

On comprend bien j’espère que s’il en est ainsi en Espagne c’est évidemment en relation avec l’approfondissement de la crise économique et sociale et non par la magie de je ne sais quelle alchimie électorale déterministe. En Espagne le chômage emporte tout. En Espagne on libéralise à tour de bras et tout va de plus en plus mal. Bien sûr, même la droite finit par avoir peur. C’est ce qui explique comment Mariano Rajoy a fini par devoir s’opposer à madame Merkel. Peu de journaux et encore moins de télés auront permis de comprendre sur quel point portait la confrontation entre les droites européennes. Mais cette confrontation est commencée. Je vois un lien entre la déclaration de l’anglais Cameron à propos d’un référendum avant 2015 et la même, du brutal ministre allemand des finances. L’un et l’autre n’évoquent pas un référendum sur l’Europe avec le même objectif, cela va de soi. L’anglais sait qu’en 2015 le marché transatlantique sera installé. Il revient dès lors à la politique traditionnelle des anglais : pas de puissance unifiée sur le continent. Et le conservateur allemand sait que le projet de purification budgétaire qui est le volant de la nouvelle politique de puissance allemande doit avoir les mains libres en Allemagne même sans courir le risque de bocage du type de celui que Die Linke met en place avec son nouveau recours contre le traité devant la cour constitutionnelle. J’y reviendrai. A cet instant je ne retiens que cela. La peur qui gagne les milieux dirigeants se combine aux aberrations du système en place pour accélérer la marche à la catastrophe.

Naturellement tout ce que fera Rajoy ne servira à rien d’autres qu’à garantir le système financier au détriment de plus en plus cruel de tout le reste. Cette pente est inéluctable. Il en va de même en Italie. Et bien sûr en France. Tout cela ne sert à rien. A rien. Juste à de nouvelles souffrances. Combien de temps faut-il pour que la conscience du fait qu’il faut tourner la page soit majoritaire dans la société. Car naturellement ce point est lui aussi inéluctable. Comme en Grèce, comme en Argentine avant cela, le scénario de l’auto-aveuglement des élites et de leurs griots médiatiques est le même. En ce sens le concert de louanges des médiacrâtes après le dernier sommet de la « dernière chance » pour « sauver l’euro » est un signe très encourageant de l’état de décrépitude du système. Car ces gens savent le plus souvent à quoi s’en tenir à propos de ce qui s’est réellement passé. C’est donc faute de mieux qu’ils se décident à dire que tout va bien et même de mieux en mieux. En réalité tout se résume au fait que le traité austéritaire va être adopté et que sa mise en œuvre va reposer sur un dispositif plus large et plus violent que celui initialement imaginé. L’Espagnol et l’Italien ont seulement obtenu que lorsque leurs banques s’endettent auprès de la Banque centrale, cette dette ne leur soit plus imputée. Comme le dit la presse espagnole, qui ne partage pas les hallucinations médiatiques françaises semble-t-il, rapportant les propos des dirigeants espagnols : « Nous avons gagné l’essentiel, c’est-à-dire un peu de temps ! ». C’est tout, en effet.

Si l’on juge des événements sur un plan rationnel, c’est à se taper la tête contre les murs de voir des dirigeants s’enfoncer avec enthousiasme apparent dans une impasse pareille. C’est à pleurer de savoir qu’ils savent aussi bien que nous que toutes ces souffrances sociales, comme celles provoquées en Grèce, ne servent absolument à rien. C’est exaspérant aussi de constater le niveau de prostitution des mots. Ainsi quand est présentée comme du « fédéralisme » la mécanique d’intégration autoritaire sous commandement financier de tout le fonctionnement de l’Union. En France on voit avec stupeur l’Etat mettre en œuvre le meilleur de son savoir-faire d’organisation et de planification à s’autodétruire. La nouvelle RGPP Hollande est plus violente que la précédente, comme on le sait, puisque les postes rétablis dans l’Education Nationale conduisent à une pulvérisation accélérée de tous les autres compartiments de l’Etat. Dans plus d’un secteur, la ligne de flottaison est emportée, et le naufrage est commencé. Ici, là, plus rien ne marche. Et la disparition du service public ne reçoit aucun relais. Le secteur privé, souvent gavé mais n’obéissant à aucune règle d’intérêt général, est incapable de prendre le relais de la couverture disparue. C’est au point que l’alarme se répand aussi chez les nantis qui prennent la mesure du séisme dévastateur qui fracasse déjà de si larges pans de la société. C’est clair dans le secteur de la santé. Et combien d’autres. Si insupportable que soit un tel spectacle et si violente l’envie de tâcher d’y remédier, la pire erreur serait pour nous d’y prendre notre part si peu que ce soit.

Car il est vain de croire que les socialistes veuillent autre chose que des complices et des commensaux. De l’un à l’autre la distance est vite franchie. Voyez ce communiqué incroyable des Verts-Europe-Ecologie se réjouissant du « pacte de croissance » ! L’écologie et la croissance ont un rapport plus critique, me semble-t-il, en général. Et ici en particulier. Puis lire que les mêmes regrettent que les mesures de contrôle budgétaire , présentées comme de "l'intégration européenne" n’aille pas plus loin comme si ce qui a été décidé en la matière était neutre politiquement ! Cette décadence intellectuelle et la brutalité du comportement des socialistes, y compris à l’égard des mieux disposés au compromis avec eux, devrait désormais servir de leçon. Nul n’aurait dû en douter en constatant comment il a été donné suite à notre appel au vote pour le deuxième tour de la présidentielle. Pourquoi cette violence constante, ce refus de toute forme de code de bonne conduite, sinon parce qu’ils savent qu’elle besogne ils doivent accomplir. Il est vrai qu’ils ont eu chaud. C’est le moment de dire en quoi consiste ma déception. Non pas le ridicule registre que proposent à mon sujet les petites cervelles. Plein de rancœurs, je macèrerais dans la déception et le goût de la revanche dans mes compétitions personnelles. Je m’amuse de cette façon de projeter sur les autres, les pauvres réflexes de la cour des miracles qu’est ce petit milieu. Ma déception est que les circonstances n’aient pas été mûres pour mettre en place la tenaille qui aurait changé le cours de l’histoire : nous en groupe charnière à l’Assemblée Nationale comme nous le sommes déjà au Sénat, et Syriza au pouvoir en Grèce. Voilà ce que j’avais dans la tête pour nous rendre maîtres de la situation. Ce qui rendait cette configuration possible se voyait assez pour qu’une mobilisation formidable se soit déployée dans le camp d’en face. C’est une même technique d’endiguement qui unit la brutalité électorale des socialistes en France pour faire battre tous les dirigeants du Front de Gauche et le numéro d’intimidation de François Hollande contre les électeurs grecs tentés de voter pour Syriza. Le reste de mes humeurs visibles est fait d’instantanés, d’apparences, et de comédies pédagogiques, comme c’est ma façon de combattre sur la scène publique. Passé ce round, voici le suivant. Il faut reprendre l’ouvrage. Notre niveau de départ est bon cette fois-ci. Et la fin piteuse du dernier sommet européen nous montre que notre mise au pied du mur se rapproche à mesure que l’impasse du système se renforce.

La vérité est que nous avons avancé comme jamais. Bien sûr d’abord en quantité de suffrages. A la présidentielle et aux législatives. Mais surtout politiquement. Toutes les tentatives pour diviser le Front de Gauche entre communistes et PG puis entre les deux premiers et les autres, tout a échoué ! Et cela en dépit d’efforts remarqués venant de tous ceux qui ont partie liée avec la nouvelle nomenclature. Les héliotropes ont eu le tournis. Mais notre homogénéité politique s’est affirmée dans le refus commun et unanime des sept partis de notre Front de participer au gouvernement. Il s’est approfondi d’une façon spectaculaire avec le choix du vote sur la motion de confiance du gouvernement. On ne peut voter la confiance à l’Assemblée compte tenu des décisions déjà prises. Un nombre considérable de militants syndicaux, de militants politiques et de citoyens informés en ont dorénavant déjà conscience. Le refus de voter la confiance a donc un sens clair. Il est exprimé avec responsabilité et nuance puisque nous ne votons pas « contre » ce qui signifierait que nous voulons faire tomber le gouvernement. Que nous ayons choisi tous ce même vote est un événement qui fera date dans notre histoire commune. Encore une fois les petits jeux pour nous diviser n’auront mené nulle part. Maintenant la voie est politiquement dégagée. Nous allons nous identifier et nous fortifier dans les luttes et dans les institutions démocratiques, si peu nombreux que nous y soyons. Le but sera de fortifier politiquement la société et sa capacité de résistance globale en se projetant sur un autre futur. Pour cela il s’agit de donner sans cesse aux mouvements les moyens de s’exprimer politiquement en formulant des alternatives. L’aller-retour entre ces luttes et leur traduction législative avec la méthode des ateliers législatifs va être notre fil conducteur. Bref c’est ainsi faire vivre la méthode de la radicalité concrète décrite dans la campagne présidentielle. Car les urnes seront de retour assez vite pour être des points de passages politiques où régler les comptes. Les élections Municipales et les Européennes se présentent dans un délai rapproché. Il est suffisant pour permettre une bonne montée en puissance d’un niveau de conscience politique et d’une volonté d’action plus élevé qu’elle ne l’est à présent et qu’elle risque de l’être avec la déception que les socialistes vont déclencher. Si nous y avons assez de forces ce peut être l’occasion d’un changement de cap global de la situation toute entière.

Sur le plan de vol qu’affiche l’écran de l’avion le trait rouge qui décrit notre parcours montre bien qu’il faudrait nager presque aussi longtemps pour revenir à notre point de départ que pour atteindre la rive sud-américaine. Je me rapproche donc du continent. Je crois que ce sera la vingt-quatrième fois pour moi. Le paysage politique, je vais l’explorer à travers les dizaines de rencontres plus ou moins formelles que je vais avoir avec les dirigeants de l’autre gauche sud-américaine présent sur place pour ce « Forum de São Paulo » qui se réunit cette année à Caracas au Venezuela. J’y vais comme invité européen, au titre de mon groupe au parlement européen, la GUE. Ni la GUE ni le Parti de la gauche européenne, que viendra représenter Pierre Laurent, ne sont membres du Forum. Nous ne siégeons pas dans ses instances. Nous ne pesons donc ni sur l’ordre du jour ni sur aucun des aspects du déroulement. C’est donc pour nous un exercice totalement détendu : pas de bataille sur les textes, pas de tractations, pas de responsabilité engagée. Mais en regardant faire et en disposant d’une occasion aussi formidable de rencontres bilatérales, on y fait des apprentissages accélérés. Surtout il me semble que pour un dirigeant c’est un devoir d’être « à niveau » pour comprendre ce qui se passe sur un continent clef de la réorganisation du monde et un avant-poste des luttes pour la souveraineté populaire. Apprendre à intégrer les angles de regard des autres est toujours du temps de gagné pour la suite, même si sur le moment on ne sait pas où vont les palabres. Dans le cas du Front de Gauche français et notamment en ce qui a concerné ma campagne, nous avons un rapport très complice avec nombre des protagonistes de l’autre gauche mondiale. Peut-être vous souvenez vous de la liste de plus de deux cent personnalités de cette autre gauche mondiale qui avaient soutenu ma candidature ? Pour autant nos rapports sont libres. Nous ne formons pas une internationale. Nous ne répondons pas de ce que chacun d’entre nous fait et dit dans son pays. Il arrive aussi qu’il y ait de sévères divergences sur telle ou telle question. De notre côté, nous les Européens, nous avons toujours choisi de ne pas les nier. Mais nous avons aussi toujours refusé de laisser dégénérer le débat comme c’est souvent le risque inutile. L’idée est que se parler est bon. Et parfois, essayer de se convaincre, même quand on n’y parvient pas, peut quand même donner des fruits dans la durée c’est-à-dire dans la manière de réfléchir ensuite.

Le moment de ces 18ème rencontres est particulier. Il réunit 85 partis venus de 21 pays latinos et va se tenir dans un contexte singulier pour le continent. La vague des révolutions démocratiques atteint un palier. La dynamique populaire a changé de mode d’expression. Des divisions existent dorénavant dans le mouvement populaire et notamment avec les mouvements indigènes. C’est le moment de se souvenir qu’il ne faut pas croire au récit de la propagande de la CIA. Cela veut dire que le contenu socialiste des politiques menées par nos gouvernements est relatif, inégal selon les pays et les moments. Et de même pour ce qui est de la compétition entre le modèle extractiviste et la politique écologique. De leur côté, les initiatives de nos gouvernements se projettent dans des formes plus institutionnelles. L’initiative géopolitique en particulier prend une grande place dans les stratégies de chacun et dans les discussions sur le futur. Le lancement d’une nouvelle union des pays de l’Amérique du Sud et des Caraïbes sans les Etats-Unis ni le Canada est un pas de géant fait dans la lutte pour l‘indépendance du continent. Mais il est peu probable qu’il soit possible d’en faire un argument de masse.

De son côté la contre-révolution aidée par les nord-américains ne relâche pas la pression. Les maillons faibles du dispositif sont frappés l’un après l’autre. Après le coup du Honduras, il y a eu la tentative de destitution de Rafael Correa en Equateur par une révolte de policiers. Une tentative identique a eu lieu en Bolivie. Et le président paraguayen Fernando Lugo vient d’être destitué par complot. Ces coups de boutoir, au succès relatif et incertain jusqu’à présent, n’ont pas pu renverser le rapport de force. La ligne de pente des événements et des mobilisations populaires reste de notre côté. Mais c’est le signe que vraiment rien n’est acquis. La clef du futur reste le niveau d’implication populaire. Ici le bât blesse dans de nombreux pays. Et la « contra » nord-américaine est solidement en action.

Une bonne façon de le constater est d’étudier la presse européenne dans chaque mauvais coup. Contre le coup d’Etat au Honduras ce fut le silence. En relais avec celui du Parlement européen qui ne condamna jamais le coup ! Pour l'Equateur, la rumeur médiatique répandit le bruit que ce n’était pas vraiment un coup d’Etat. Puis il fut amplement répété que de toute façon le président l’avait bien cherché en allant lui-même au-devant des policiers en révolte ! Pour le Paraguay à présent, on souligne que le coup est… légal, puisque approuvé par le parlement. Cette omerta a bien sûr l’objectif de masquer les échecs et de placer les initiateurs hors d’atteinte. Il faut n’en conserver qu’une impression d’ensemble : le bras de fer ne s’est jamais interrompu. La dimension géopolitique réelle oblige à revoir les clichés abondamment mis en circulation en Europe. Il n’y a pas « deux lignes », l’une celle du gentil Lula et l’autre celle du méchant Chavez. Et il n’y a pas ostracisation de Cuba. Tous se considèrent de fait comme partie prenante, chacun à sa façon, d’un seul et unique processus. Par exemple c’est un vénézuélien, Ali Rodriguez, ardent chaviste, ancien ambassadeur du Venezuela à Cuba, ministre des affaires étrangères, personnalité historique de la guérilla vénézuélienne qui est le secrétaire général de l’Unasur, coalition des nations d’Amérique du Sud. L’Unasur c'est le gros morceau. Ça regroupe les 12 pays d'Amérique du Sud, hors Amérique centrale et Caraïbe. C’est une population de 361 millions d'habitants, qui dispose de 30% des ressources mondiales en eau. C’est la première région du monde en termes de biodiversité et d'exportation agricole. Elle a été créée en 2008 à Brasilia et son siège est à Quito, en Equateur. Unasur est un projet géopolitique et économique majeur pour le Brésil et le Venezuela. Les deux pays et leurs dirigeants savent parfaitement à quoi s’en tenir. Le Brésil est l’économie géante de la zone. C’est là qu’est le principal foyer de tension avec les visées des Etats-Unis d’Amérique qui cherchent par tous les moyens à reprendre le contrôle du processus d’intégration régionale à coup de grands projets géopolitiques. Après l’échec de l’Alena, vaste zone de libre échange qui devait couvrir tout le continent du Canada a la Terre de Feu, c’est à présent avec le projet d’Union du pacifique que les Etats-Unis travaillent à diviser et à soumettre les pays de l’Amérique du sud. Entre Brésil et Venezuela, la résistance est commune et conjointe par nécessité autant que par accointance idéologique. C’est dans ce contexte global que chaque événement prend sa place. Nous, les Européens, nous sommes les tireurs dans le dos. L’Union exerce une pression constante pour conclure des accords purement bilatéraux qui désorganisent, en les contournant, toutes les structures régionales. Car, comme l’oublient toujours les naïfs, c’est exactement ce que préconise le Traité de Lisbonne.

Cette semaine la partie continentale a rebondi en se portant sur la scène mexicaine. Grand enjeu. Cent douze millions d’habitants sur un territoire grand comme quatre fois la France ! Notre gauche a raté l’élection la dernière fois avec une avance de la droite fixée à 0,58%. Une tricherie grossière ! Elle provoqua une quasi insurrection avant que le feu ne soit éteint, de guerre lasse, sous le poids du harcèlement médiatique en faveur de la droite et des mises en garde de la « communauté internationale » voisine. Cette fois-ci de nouveau, à la moitié du dépouillement, le grand concert a démarré pour annoncer la victoire du candidat du PRI. Il s’agit d’Enrique Peña Nieto, nouvelle éminence du Parti Révolutionnaire Institutionnel, un parti membre de l’internationale socialiste. Au pouvoir d’abord pendant soixante-dix ans, il vient de faire douze ans d’opposition. Il réapparaît sous la bienveillante protection du système oligarchique et de ses médias qui sait à quel point la droite a fait faillite et combien elle est haïe. Une campagne énergique a été faite pour fabriquer ce candidat, selon des critères élaborés par des armées d’experts. Et voilà le tableau : un homme jeune, style acteur de série B des années soixante, gominé, mariage médiatisé avec une actrice de Telenovela, béni par le Pape à Rome, issu d’une des familles politiques les plus puissantes du Mexique, le groupe Atlacomulco. Gouverneur de l’Etat de Mexico jusqu’en 2011, EPN a littéralement été porté par le groupe Televisa qui l’a peu à peu imposé dans l’opinion et au sein du PRI comme le candidat incontournable, image d’un « nouveau PRI » débarrassé des vieilles pratiques de 70 ans de pouvoir. La campagne médiatique a fonctionné à tel point que la plupart des instituts de sondage le donnent bien sûr gagnant avec une forte avance de 10 à 15 % des voix sur le second. Mais s’ils sont tout aussi manipulatoires que les nôtres, ces sondages sont encore moins fiables que les nôtres. Cela en raison de la difficulté d’avoir des échantillons représentatifs sur un territoire aussi vaste, avec une population répartie en ilots de prospérité au milieu d’un océan de classes moyennes paupérisées ou d’extrêmes pauvres urbains ou ruraux. 70% des sondés ont refusé de répondre. Avis à la population : toute ressemblance avec une situation déjà vécue ne saurait être fortuite. Attention, ce n’est pas fini.

De son côté, le candidat de la gauche unie, la nôtre, Andrés Manuel López Obrador, a été l’objet d’une campagne systématique de dénigrement et de calomnies par les chaînes de télévision et la grande presse. Son extrémisme populiste, son caractère agressif, ses goûts politiques dangereux, son amitié pour Chavez et Cuba ont été abondamment et méthodiquement dénoncés. Comme c’est original ! Il a construit malgré ce pilonnage une forte popularité dans les classes les moins favorisées, les employés, les zones rurales ou urbaines marginalisées grâce à un travail systématique mené durant les six dernières années. Localement mes amis me disent qu’il a su aussi se rapprocher des milieux d’affaires modérés, petites et moyennes entreprises et commerçants. Ceux-là souffrent terriblement des monopoles privés qui dominent le pays depuis la vague de privatisations. Mais aussi des effets d’une crise économique qui a laminé les classes moyennes. Plus de 60 millions de mexicains, sur 112, vivent en dessous du seuil de pauvreté. Notre candidat a aussi le soutien des intellectuels et d’une grande partie de la jeunesse qui ne supporte pas l’idée d’un retour des dinosaures de l’Internationale socialiste à peine cachés derrière leur pantin gominé. Lequel par-dessus le marché n’est pas l’ange promu par la publicité. Bien qu’il ait été strictement encadré par ses conseillers en communication et par Televisa durant toute la campagne, il n’a pas pu dissimuler très longtemps que sous son look de présentateur de TV au sourire factice, se tenait un personnage inculte, sinistre, violent, responsable de la mort de nombreux activistes sociaux durant son mandat de Gouverneur de l’Etat de Mexico. Les méthodes de voyous de son parti sont de notoriété publique. Des milliers de « porte-monnaie électroniques » ont été distribués dans certaines circonscriptions et ne seront activés qu’après les élections en cas de victoire. Par exemple des cartes de crédit pour achats dans la chaîne de supermarchés Soriana. De même la distribution de denrées alimentaires ou de matériaux de construction en échange du vote est une pratique courante, désormais parfaitement documentée sur Facebook et Youtube.

Je fais cette description à partir des récits que m’en ont donné nos camarades qui sont sur place. Car il y a dorénavant des groupes Front de Gauche et des comités du Parti de Gauche dans toute l’Amérique du sud depuis la campagne de Raquel Garrido pour la législative. J’ai recoupé mes informations dans l’avion même car j’ai voyagé en compagnie d’un député européen socialiste espagnol qui aura été un puits d’informations bien fraîches pour moi. Elle est destinée à permettre un décryptage des informations qui vont parvenir par les gros tuyaux de la propagande médiatique de notre pays. Elle permet de comprendre comment l’ordre établi se maintient, de connaître ses méthodes, pour en repérer les constantes et savoir donc s’immuniser. Ici et maintenant s’y ajoute que je compte bien avoir l’avis des mexicains du Forum de Sã Paulo dont est membre notre ami le candidat Lopez Obrador. Suivant la forme et l’ampleur du résultat, nous aurons une indication pour la suite. Car cette fois-ci les gorilles qui font les résultats électoraux doivent compter avec un fait nouveau : l’irruption de la jeunesse étudiante sur la scène politique. Voici comment.

Le 11 mai dernier, le gominé officiel s’est présenté devant les étudiants de l’Université privée Ibéroaméricaine. Un bide ! Il fut hué par les étudiants qui s’en sont pris au monopole informatif de Televisa et à la fabrication d’un président sans consistance ! Nooon ! Le mouvement étudiant dirigé contre la marionnette et les chaînes de télévision a pris rapidement de l’ampleur. Il rapidement regroupé la plupart des universités publiques et privées sous le nom de « #Yo soy 132 ». Les étudiants ont tenté, avec un certain succès de répéter selon leur mot le « printemps arabe » avec occupation de places et ainsi de suite. Ils occupent désormais un espace dans la vie publique qui déborde largement les partis politiques et déconcerte les médias. Le mouvement a donné une bouffée d’oxygène inattendue dans un débat politique d’une médiocrité affligeante. Notre candidat lui-même a fait preuve d’une extrême prudence pour ne pas être accusé comme en 2006 d’être « un danger pour le Mexique ». Le mouvement étudiant, sans prendre position ouvertement pour lui, l’a soutenu néanmoins clairement en appelant à battre le candidat du PRI. L’irruption du mouvement étudiant dans la vie publique semble devoir aller bien au-delà des élections du 1er juillet grâce à la propagation massive des « réseaux sociaux ». Il ébranle sérieusement le monopole de l’information par les deux chaînes privées Televisa et Azteca. Il n’hésite pas à poser ouvertement les problèmes : décomposition sociale du pays, corruption et impunité, capitalisme mafieux, violence effrénée, récession économique, état de « non-droit », contrôle de l’information et ainsi de suite. C’est un glissement de terrain car ce sont là les jeunes de la classe moyenne. Un tiers de l’électorat a moins de 29 ans. Il s’agit donc de 23 millions de personnes. Cette masse, si elle se mobilise au-delà des réseaux sociaux peut modifier complètement tous les pronostics sur lesquels repose la tricherie habituelle. Notamment le fait que les gens se résignent ! On a vu au Québec de quelle opiniâtreté sont capables les jeunes de cette génération. Et il faut se souvenir que les mouvements de 1968 se sont très largement réimpulsés depuis le Mexique. De tout ceci, tirons au moins pour enseignement que la partie sud-américaine comporte un paramètre caché et imprévisible : l’action des masses qui n’attendent pas les consignes pour agir.

Jean Luc Mélenchon

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2 juillet 2012 1 02 /07 /juillet /2012 17:43

Un vrai programme d’austérité

Lundi 2 Juillet 2012
Martine Billard


Le gouvernement a changé, mais pas les préconisations de la Cour des Comptes : hausse de la TVA, de la CSG, gel des salaires des fonctionnaires, baisse de toutes les dépenses publiques y compris celles des collectivités locales, de l’assurance chômage et des régimes de retraites complémentaires.

 

Exactement ce que voulait faire N Sarkozy et que toute la gauche avait refusé y compris le PS.

 

Le rapport va même plus loin puisqu’il propose aussi de revenir sur l’indexation des pensions de retraite et des prestations familiales.

 

Dans ces conditions, rien ne sert de tabler sur un taux de croissance auquel personne ne croit puisque les politiques proposées vont avoir l’effet inverse : contracter la demande et donc provoquer la récession.

 

En chiffrant la baisse des dépenses nécessaires en 2013 entre 33 et 38,5 milliards d’euros, c’est une véritable saignée qui est exigée.

 

Tout cela démontre clairement que vouloir réduire le déficit public à 3% du PIB fin 2013 est absurde.
 

En chassant Nicolas Sarkozy le 6 mai, les électeurs n’ont pas voté pour remplacer une austérité de droite par une austérité de gauche.

 

Le Parti de Gauche appelle à abandonner cet objectif des 3% et à refuser le programme de stabilité imposé par la troïka européenne.

Le peuple français doit pouvoir donner son avis sur le traité européen qui contient ces exigences, un référendum est indispensable.


Martine Billard

Co-présidente du Parti de Gauche

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 16:47

 

NON A L’AUSTERITE QU’ELLE VIENNE DE DROITE COMME DE “GAUCHE” !

Vendredi 29 Juin 2012
Eric Coquerel

Le gouvernement Ayrault vient de révéler les décisions, niées la semaine dernière par François Hollande.

 

Pour compenser les futures embauches dans l’éducation, la police et la justice, le gouvernement serre la vis de tous les autres ministères.

Ce sont 2 fonctionnaires partant à la retraite sur 3 qui ne seront plus remplacés et des budgets de fonctionnement considérablement rognés. Ce qu’il reste de l’état social en prend ainsi un coup. Cette comptabilité mortifère ne prend aucunement en compte les besoins des citoyens.

 

A quelle logique répond cette politique ? Au respect de la règle d’or des 3% de déficit imposée par le Traité de Lisbonne.

 

Le gouvernement socialiste préfère ainsi rassurer des marchés à l’appétit insatiable que défendre l’intérêt général.

 

Cette politique nous mènera à la récession généralisée aussi sûrement qu’elle a conduit à la défaite les gouvernements socialistes de Papandréou ou Zapatero.

 

Nous ne serons jamais solidaires d’une telle logique. Elle renforce la nécessité d’un Front de Gauche clairement autonome de la majorité gouvernementale.

D’où qu’elle vienne le Parti de Gauche s’opposera dans les mois à venir à l’austérité.

 

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 08:15
Place au peuple !

Derrière le SMIC

               
Mardi 26 Juin 2012
 

Une hausse de salaires de 12 %. C’est en moyenne celle dont ont bénéficié cette année les grands banquiers américains et européens. Comment ne pas voir que l’évolution des salaires est l’expression d’un rapport de forces ! Aucune loi économique implacable n’impose donc au gouvernement Ayrault de mégoter sur la hausse du SMIC. Elle ne dépassera pas 5 % disait-il avant les élections législatives.

 

Sitôt le scrutin passé, on apprend que le SMIC pourrait n’augmenter que de la moitié de ce chiffre. Cela ferait moins de 30 euros par mois pour un smicard (le plus souvent une smicarde) à temps plein. De toute façon c’est aux partenaires sociaux d’en discuter, ce qui sera fait lors du sommet social de juin avait aussi expliqué le candidat François Hollande en réponse à la proposition du Front de Gauche de porter le SMIC à 1 700 euros bruts. Finalement l’annonce sera faite sans concertation. C’est logique puisque le montant du SMIC est une prérogative gouvernementale comme nous l’avons maintes fois expliqué. Cela l’est aussi car les syndicats de salariés n’auraient jamais accepté de cosigner une progression aussi minime. Souvenons-nous qu’une fois élu même le RPR Jacques Chirac avait augmenté le SMIC de 4 % !

 

Si le salaire exprime un rapport de forces cela signifie donc que la victoire du PS aux législatives n’a pas suffi pour renverser celui-ci en faveur des salariés. Pour qu’il en soit autrement, il faudrait que le nouveau gouvernement se donne les moyens d’affronter efficacement la finance. La rigueur salariale fait en effet partie des critères économiques imposés par le capital financier, notamment à travers la coordination des politiques économiques européennes, quand bien même l’objectif de celles-ci n’était au départ que la réduction des dépenses publiques. Il faudrait donc que le pouvoir politique reprenne le pas sur la finance. C’est possible en établissant un contrôle démocratique de la banque centrale. Ce serait l’arme fatale. Car toutes les banques privées dépendent de la banque centrale et aucun spéculateur ne peut lui résister dans la mesure où elle dispose de liquidités par nature illimitées puisqu’elle peut émettre souverainement de la monnaie. Pour y parvenir et nous libérer ainsi du joug de la finance, il faudrait assumer sans mollir une confrontation avec Merkel mais aussi, avec les sociaux-démocrates allemands qui soutiennent l’indépendance de la BCE, cette disposition imbécile des traités européens. De tout cela François Hollande n’a pas voulu. Il avait prévenu le pays donc il n’y a pas de surprise. Il risque en revanche d’y en avoir en grand nombre lorsque la majorité de nos concitoyens constateront les conséquences concrètes de ce choix initial.

 

Parmi celles-ci se trouvent les politiques d’austérité qui se préparent pour la rentrée. Un séminaire gouvernemental s’est tenu ce lundi. Vu les délais de sa préparation on se doute que les mesures d’économie qu’il a discutées était dans les tuyaux avant même que les nouveaux ministres ne prennent possession des lieux. Dès lors il ne faudra pas s’étonner de retrouver dans les mesures bientôt mises en œuvre des éléments de continuité avec la politique du précédent gouvernement. Le détail devra être scruté. Quelle traduction concrète par exemple à cette phrase du communiqué final : « Les dépenses sociales seront maîtrisées ». Dès la semaine dernière j’écrivais que le moteur de la nouvelle période serait la contradiction entre l’attente de changement exprimée dans les urnes et la politique qui découle de ce cadre institutionnel inchangé. Nous voilà sans tarder dans le dur.

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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 07:03

Terra Nova précise la feuille de route du gouvernement socialiste

Jeudi 28 juin 2012
Par Évariste
Pour réagir aux articles,
écrire à evariste@gaucherepublicaine.org

Le célèbre journal de référence du néolibéralisme, nous avons nommé le journal Le Monde, nous prépare aux dures réalités des prochains mois. Pour cela, il organise un débat entre deux « experts » néolibéraux tous les deux députés, Eric Woerth pour l’UMP et Olivier Ferrand pour le PS, ce dernier aussi responsable du club de réflexion néolibéral de gauche Terra Nova (voir Le Monde des 24 et 25 juin 2012). 
Dans cette préparation au pire, voilà ce qu’écrit l’inimitable Olivier Ferrand :

« On est en situation de contraintes dures. On sait que l’essentiel de ce qui sera demandé aux Français sont des efforts dans les mois qui viennent, des efforts justes mais des efforts… La RGPP a porté exclusivement sur les dépenses de l’Etat - les dépenses de l’Etat c’est 200 milliards d’euros sur 2 000 milliards d’euros de dépenses publiques en France. Vous avez mis 900 milliards de côté. Il faut aujourd’hui étendre la RGPP aux collectivités locales et à la Sécurité sociale. Il faut aussi cesser de réfléchir à des économies de gestion où l’on supprime des ramettes de papier, des stylos et des fonctionnaires, mais où l’on essaie de faire tour ce qu’on faisait avant, mais moins bien parce qu’on rabote, on rabote, on rabote. Il faut prioriser. Il y a des politiques publiques qu’il faut développer et d’autres qu’il faut limiter, non pas en rabotant le nombre de fonctionnaires, mais en disant ”ça on ne fait plus”. »

Nous voici prévenus : la société du spectacle organisée par l’UMP et le PS durant les campagnes électorales de la présidentielle et des législatives, c’est fini ! Passons au réel concret !
Effectivement, il y a, chez Olivier Ferrand, une différence entre le néolibéralisme de droite et celui de gauche : l’austérité du néolibéralisme de gauche sera « juste ». Mais il y a un point commun entre le néolibéralisme de droite et celui de gauche : c’est que l’austérité doit continuer en s’amplifiant !
Nous voici prévenus : la RGPP ne sera pas remise en cause mais elle doit être étendue à la Sécurité sociale, aux dépenses sociales des départements et aux investissements publics (qui constituent la majorité des dépenses des collectivités locales).
Nous voici prévenus : le gouvernement  de la France issu des élections des 6 mai et 17 juin va diminuer le périmètre du public pour continuer à privatiser les profits et socialiser les pertes.
Nous voici prévenus : après le célèbre discours de l’« expert » Denis Kessler (4 octobre 2007 dans la revue Challenges) pour fixer la feuille de route de Nicolas Sarkozy, voilà celui de l’« expert » député socialiste Olivier Ferrand pour le nouveau pouvoir politique. Nous reconnaîtrons à ces deux personnages le mérite de dire tout haut la vérité cachée par la plupart des politiciens néolibéraux de droite ou de gauche.

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 09:11

Le Front de Gauche de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) a écrit à la nouvelle ministre

mercredi 27 juin 2012, par République et Socialisme

Le Front de Gauche de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) a écrit à la nouvelle ministre de l’ESR peu après sa nomination et avant le premier tour des élections législatives. Cette lettre étant restée à ce jour sans réponse, nous avons décidé de la rendre publique. La situation dans l’ESR est très fortement dégradée à la suite d’une vague de réformes brutales sous le régime sarkozien. Pour République et Socialisme, le nouveau gouvernement semble n’avoir pris aucunement conscience de la gravité de la situation et se refuse obstinément à donner suite aux appels pressants des acteurs représentatifs du secteur. Après avoir constitué un cabinet ministériel avec une majorité de personnalités compromises dans la politique précédente, le gouvernement donne l’impression d’avoir entièrement cédé à des lobbys étrangers à la représentation majoritaire des personnels, en particulier à travers une conférence des présidents d’université totalement discréditée, et de vouloir poursuivre la politique sarkozienne avec des aménagements mineurs. Persister dans cette voie ne pourra conduire qu’à l’aggravation de la situation et à une crise majeure du secteur.

Madame la Ministre,

Nous, animateurs du Front de gauche Enseignement supérieur et Recherche, signataires de l’Appel joint à la présente lettre, avons l’honneur de vous demander, par la présente, un entretien approfondi relatif aux mesures à prendre dans ces deux domaines et à l’organisation d’Assises y afférentes. Notre demande ne s’inscrit pas dans une démarche de pression, de négociation, ou de marchandage. Nous ne vous présentons aucune demande relative à votre programme.

Cependant, il ne peut vous échapper que, sans l’apport du Front de Gauche, dans la mobilisation, les idées, et le vote du second tour, N. Sarkozy entamerait son second mandat. C’est à ce titre exclusivement que notre démarche prend son sens. Le vote et l’intervention des député(e)s du Groupe du Front de Gauche joueront dans l’avenir proche un rôle important. Plusieurs aspects fondamentaux sollicitent particulièrement notre attention. Nous vous en faisons part et, si vous avez l’obligeance de donner suite à notre demande, nous pourrons les développer en détail :

Cette lettre n’a pas pour objet l’exhaustivité et nous nous en tiendrons à quelques aspects névralgiques.

1) La Communauté universitaire et scientifique a subi des assauts répétés et continus dans le quinquennat qui précède. La nécessité de mesures de réparation est patente. C’est certainement le cas au niveau budgétaire, mais aussi au plan de la démocratie et de la reconstitution d’un tissu scientifique et de formation supérieure national particulièrement malmené. Ceci suppose préalablement un état des lieux sans complaisance, à l’établissement duquel la collectivité académique dans son ensemble doit être conviée. Un plan d’urgence au niveau des moyens budgétaires, de premières mesures de résorption de la précarité sont indispensables. Rétablir dans toutes ses dimensions prospectives la Formation des Maîtres est une nécessité absolue.

2) Le Front de Gauche est fondamentalement attaché à un triple continuum :

a) Continuum entre tous les niveaux de l’enseignement supérieur ; ceci exclut toute coupure administrative et méthodologique entre le niveau L et les autres niveaux. S’il y a urgence en Premier Cycle, cela ne justifierait d’aucune façon la renaissance sous une forme ou sous une autre des Collèges Universitaires. Le processus de Bologne doit faire l’objet d’une évaluation sans concession : il devra être profondément modifié.

b) Continuum territorial : les Régions de notre République sont évidemment contributrices de l’effort national en matière de formation supérieures et partie prenante de programmes de recherche. Mais le Service Public d’enseignement supérieur et de recherche forme un tout et c’est sa cohérence nationale qui a subi les assauts du quinquennat précédent. Cette cohérence est notamment – mais pas uniquement – assurée par un cadrage national des programmes et des diplômes, et par l’existence de grands organismes publics de recherche. Le CNESER, instance par ailleurs bafouée hier, est à juste titre le garant de cette cohérence, mais à lui seul il ne pourrait compenser la menace d’éclatement du Service Public que constitueraient une régionalisation des missions et le transfert des compétences aux régions. Le Front de gauche y est résolument opposé.

c) Continuum entre formation supérieure et recherche.

Les enseignants-chercheurs statutaires ont vocation à exercer les deux principales composantes de leur métier. Ils et elles doivent être mis à même de pouvoir le faire. Ils doivent constituer l’armature de l’enseignement supérieur ; la puissance publique doit leur en donner les moyens budgétaires et intellectuels en les libérant autant que faire se peut de tâches annexes qui alourdissent leur temps de travail. Ces tâches incombent aux personnels d’accompagnement scientifique, qui ont subi, durant le quinquennat précédent, les assauts de la RGPP. Le Front de Gauche s’oppose à sa poursuite et demande à ce que les personnels touchés puissent être rétablis dans leurs missions de service public. Il demande également à ce que la condition des enseignants à temps plein soit améliorée ; il est nécessaire de prévoir des cadres qui permettront, à terme, pour ceux qui le souhaitent, leur intégration comme enseignants-chercheurs, ou à leur choix dans d’autres corps de la fonction publique.

Le parcours doctoral doit faire l’objet d’une Conférence permanente avec l’ensemble des acteurs dans une vision prospective et de mesures immédiates et substantielles d’amélioration.

Le recours à l’emploi précaire dans la Fonction Publique et en particulier pour les carrières scientifiques doit être abandonné.

3) La recherche, selon le discours du Président sortant à la Maison de la Chimie, devait être asservie aux lois du marché, à la spéculation des capitaux.

Un maître mot a été le fondement de cette politique : l’innovation. Le Front de gauche s’oppose radicalement à cette conception, qui, associée à la concurrence de tous contre tous, a considérablement fragilisé notre tissu scientifique, créé un climat délétère dans les équipes et les laboratoires Elle a par contre été l’origine de l’asphyxie du CNRS et d’autres grands Organismes publics de recherche. Le dispositif des Appels d’offres a stérilisé la recherche publique de notre pays. Il faut l’abandonner. Le CIR en revanche a atteint un niveau historique, mais n’a fait l’objet d’aucune évaluation. Une partie substantielle des moyens publics qui lui sont consacrés doivent revenir aux laboratoires et au financement récurrent.

Le Front de Gauche, sans réserve favorable à des coopérations tous azimuts entre différents domaines de la recherche publique et l’ensemble des secteurs de l’activité économique, culturelle et sociale, ne confond pas cette conception progressiste avec l’asservissement de la recherche publique. Celle-ci doit cesser d’être la béquille du capital, retrouver les moyens de son indépendance intellectuelle.

Les IDEX n’ont aucune légitimité. Ces opérations minent le Service Public et créent des structures foncièrement antidémocratiques. On doit arrêter immédiatement les opérations en cours. Pour ceux-ci, comme d’ailleurs pour tous les dispositifs du Grand Emprunt, on doit revoir leur périmètre en permettant toutes les associations et coopérations nécessaires obéissant à une logique scientifique et non à des intérêts financiers et de pouvoir ; on doit revoir de fond en comble l’organisation, y compris la répartition territoriale, et le pilotage en réinvestissant de cette mission les structures démocratiques. On doit rendre au financement public et récurrent toute sa dimension qui permet la mise en commun, la coopération sur une base d’égalité et d’intérêt mutuel, la péréquation des coûts.

Des ruptures profondes sont attendues sur l’ensemble de ces questions avec les choix antérieurs.

4) Compte tenu de l’ensemble de ces éléments, de leur extrême gravité, des conséquences néfastes qu’en tout domaine la politique précédente a implémentées, des changements d’orientation fondamentaux sont nécessaires. Des lois et mesures symboliques du quinquennat précédent, telles que la loi LRU et le Pacte pour la Recherche doivent être abandonnés sans retour. L’AERES, l’ANR ne doivent pas subsister.

Mais en même temps, le Front de Gauche ne saurait être partisan d’un retour, fût-il déguisé, au statu quo ante. La Communauté académique et scientifique dans la diversité de ses sensibilités, de ses disciplines, de ses catégories de personnels et, plus généralement, la collectivité nationale devraient se trouver convoquées à l’exercice d’une contribution législative nationale. Il va de soi que les groupes parlementaires qui ont contribué à l’élection du nouveau Président de la République auraient dans ce processus le rôle d’impulsion et le rôle conclusif, par les délibérations et le vote final. Mais s’agissant d’un domaine où des initiatives autoritaires et désastreuses ont été prises dans le passé, il est plus que jamais nécessaire de faire de la réflexion sur les missions, l’organisation et le champ, un grand exercice citoyen.

Celui-ci passe par une évaluation collective des dégâts provoqués et des mesures immédiates de réparation indispensables.

Il passe par un questionnement non balisé, non biaisé, sans réponses implicitement décrites comme objectifs définis d’avance. Par une feuille de route de problématique initiée par les Groupes parlementaires ayant contribué à l’élection du nouveau Président de la République dont s’inspireraient les instances démocratiques et représentatives que sont le CNESER et le Co NRS, ainsi que le CESE pour permettre la plus large implication sociétale et environnementale. Ces instances lanceront le processus, impulseront le travail de réflexion, collecteront les réponses et en présenteront une possible synthèse ; ces instances pourraient s’adjoindre autant que de besoin les instances régionales correspondantes, le CNU pour les questions de son ressort, l’OPECST pour la part qui peut lui revenir et plus généralement toute contribution de nature à éclairer telle ou telle dimension. De cette façon non seulement le rôle de l’Assemblée Nationale serait rehaussé, mais les diverses composantes de la Communauté académique et scientifique y auraient toute leur place sans que jamais on ne s’écarte de l’objectif majeur que constitue l’élaboration d’une nouvelle loi pour l’Enseignement supérieur et la Recherche, activités fortement déterminantes pour l’avenir de notre pays et sa place dans le monde.

Tels sont les considérants qui nous incitent à vous demander ce tour d’horizon. Dans l’espoir que vous donnerez une suite favorable, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre, l’expression de notre haute considération.

Olivier GEBUHRER CN PCF resp Nat Ens sup et Recherche

Pierre CHANTELOT resp Nat Ens sup et Recherche PG

Bernard JUSSERAND resp Nat Ens sup et Recherche R et S

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27 juin 2012 3 27 /06 /juin /2012 15:23

FN, UMP, PS, gardiens du capitalisme

« Sous le régime capitaliste, l'individu est enfoncé dans la matière jusqu'au coeur, sous l'écrasement économique et les obsessions militaires. Je veux construire une cité d'espérance où l'homme s'aperçoit que les étoiles existent. » - Jean Jaurès

I Le manque d'argent

D’où vient l’argent (la monnaie) ? Y avez-vous déjà réfléchit ?

Est-ce qu’il tombe des arbres ? Est-ce qu’il pousse dans les champs ? Non évidemment …

Pendant longtemps, on le créait à partir de métaux plus ou moins précieux, comme l’or, l’argent ou le cuivre. Aujourd’hui, ayant bien compris l’intérêt de sa dématérialisation, et possédant la technologie qui la rend possible (l’informatique), on le crée à partir de rien, par des simples inscriptions comptables …

Alors quand il s’agit de financer des projets collectifs comment peut-il manquer ?

Que l’on puisse manquer de nourriture, que l’on puisse manquer de matières premières, que l’on puisse manquer de temps, que l’on puisse manquer de main d’œuvre, que l’on puisse manquer de savoir-faire et de compétences, que l’on puisse manquer de solutions à des problèmes techniques, tous ces manques là sont concevables car ils sont bornés par des limites et des contraintes finies et bien réelles :

  • La quantité de nourriture dépend de la fertilité des terres que l’on cultive et des animaux que l’on élève.
  • Nos matières premières sont limitées par les ressources que nous offre la nature sur l’ensemble de notre territoire. Au pire nous pouvons échanger celles dont nous disposons avec celles dont nous avons besoin avec d’autres peuples.
  • Les jours sont limités par le temps que met notre planète à tourner sur elle-même, soit 24h.
  •  La quantité de main d’œuvre disponible dépend de la quantité de notre population et du  nombre d’entre nous en âge de travailler.
  •  Notre savoir-faire est limité par le savoir et les compétences que nous avons acquis et transmis à travers les générations.
  • Les solutions aux problèmes techniques dépendent de notre savoir, de nos technologies, donc de nos recherches et de notre intelligence.

 

  •  Mais la monnaie ? Qu’est ce qui la limite si nous la créons à partir de rien ? Sa quantité dépend de notre seule volonté. Bien sur nous n’avons pas intérêt à en créer plus que nécessaire, mais nos besoins sont-ils tous comblés ?

Quand on a un salaire effectivement, on en dispose d’une quantité très limitée, on peut en manquer, c’est logique. Mais à l’échelle d’une communauté politique et souveraine qui crée la monnaie ? Une société, pour financer des projets collectifs, ne peut pas en manquer c’est totalement absurde …

C’est ce paradigme du manque d’argent qu’il faut absolument briser dans l’esprit des gens.

Une communauté politique, composée de 65 millions de personnes hautement éduquées, occupant un vaste territoire, si riche, si fertile, et bénéficiant d’un climat si idéal que nous serons bientôt le pays le plus peuplé du continent européen, forte de 2000 ans d’histoire et d’accumulation de connaissances et de savoir faire à la pointe de l’humanité toute entière, une telle civilisation devrait prendre conscience de ses forces et de ses possibilités, mais aussi de ses vraies limites !

Ce paradigme nous pousse à croire que nous sommes impuissants, que nos marges de manœuvre sont limitées par je ne sais quel manque d’argent, il nous pousse jusqu’à intégrer l’idée qu’il ne reste plus d’autre choix que de faire des sacrifices pour s’en sortir. Mais se sortir de quoi si ce n’est d’une illusion collective qui a des conséquences néfastes malheureusement bien réelles ???

Une illusion collective soigneusement entretenue  par  certains qui prospèrent en exploitant toujours plus ceux qui justement sont convaincus que nous n’avons pas d’autre choix que d’accepter de renoncer à nos espoirs de progrès et d’accepter toutes les régressions qu’ils nous imposent.

C’est justement ce qu’exprime si bien la phrase prononcée par Jean Jaurès : « enfoncé dans la matière jusqu’au cœur, sous l’écrasement économique »…

Des vraies limites il y en a pourtant, par exemple la quantité finie des matières premières disponibles sur la Terre, tel que le pétrole qui va réellement finir par manquer au rythme où nous le consommons, ou la fertilité non infinie de nos sols si nous les polluons de plus en plus et empêchons, par notre stupidité et nos négligences, le cycle de la vie de se renouveler.

Mais si nous avons besoin collectivement de construire des logements, des écoles, des hôpitaux, ou encore plus fou, si nous voulons explorer l’espace et observer de plus près les étoiles, du moment que l’on y trouve un intérêt collectif, que l’on dispose des matières premières nécessaires,  de la main d’œuvre suffisamment qualifiée,  ou enfin du savoir faire et des techniques requises, alors rien ne devrait nous en empêcher, certainement pas de l’argent que l’on crée !

D’ailleurs à la base la monnaie est sensée être une innovation ingénieuse par rapport au troc pour faciliter (fluidifier) la réalisation des projets et des échanges économiques, si elle finit par les restreindre ou les empêcher, c’est qu’il y a un problème : Pas assez de monnaie en circulation ou pire, qu’elle ne circule pas comme il faut (ex : quand une minorité de personnes en accumulent une trop grosse quantité au point qu’elle finit par manquer pour tous les autres) …

 

II La société du progrès humain

« Je veux construire une cité d'espérance où l'homme s'aperçoit que les étoiles existent. » 

C’est le projet de société que devrait défendre toute force de progrès : Se libérer de notre condition de précarité naturelle et de nos besoins matériels pour nous concentrer à l’amélioration de nos vies, à la réalisation de nos rêves et à la recherche de réponses à nos interrogations existentielles.

Aujourd’hui en France malheureusement, ces forces politiques se comptent sur les doigts de la main, la plus importante étant le Front de gauche.

Le parti socialiste, la force politique qui portait historiquement l’idée du progrès initiée par Jaurès, a depuis une trentaine d’années finit lui aussi par se convaincre du paradigme du manque d’argent en renonçant à dépasser le capitalisme et en intégrant des pans entiers de l’idéologie néolibérale.

Parce qu’elle est libérée ainsi de ces illusions, de ces peurs et de ces fausses contraintes, cette société du progrès humain fonctionne alors au maximum de ses possibilités.

Elle offre non seulement des buts collectifs ambitieux et porteurs d’espoir, capables de rapprocher tous ses membres les uns des autres peu importe leurs origines, car ils donnent à tout le monde un sens à leur vie et permettent d’améliorer nos vies à tous et de réaliser les rêves que nous partageons.

Mais elle donne aussi à chacun une vraie place, anciens, comme nouveaux nés, comme immigrés. Plus personne n’est exclus à cause de ces fausses limites et contraintes, tout le monde participe enfin à l’effort collectif et se sent intégré et utile car cela nous rend plus fort, car cela nous permet d’accomplir de plus grandes choses et  enfin fondée sur la justice et l’égalité, car tout le monde en bénéficie.

C’est la magie de la coopération humaine.

C’est grâce à notre capacité à coopérer permise par les incroyables et nombreuses aptitudes sociales dont nous a doté la nature que l’humanité est sortie de la précarité et que de nombreuses civilisations se sont développées.

Car oui, tout comme jadis certains chassaient des animaux ou cueillaient des fruits pour nourrir toute la tribu, les autres pouvant ainsi construire des outils ou élever et prendre soin des enfants, aujourd’hui nos sociétés modernes sont de gigantesques et bien plus complexes coopérations humaines, d’un côté des paysans produisent la nourriture dont tout le monde a besoin pour vivre et déchargés de cette tâche, cela permet ainsi à d’autres personnes d’occuper leur temps et de travailler à construire des fusées qu’on envoie dans l’espace.

Nous sommes fous de l’avoir oublié.

 

III Le chômage et la dette

Le chômage, directement conséquence du paradigme du manque d’argent, est lui aussi une absurdité. En 10000 ans d’Histoire, nous sommes les premières sociétés humaines, et ce depuis 40 ans à peine, qui ne trouvons pas durablement moyen d’occuper et de trouver du travail à nos membres, comme si les besoins individuels ou collectifs et le travail pour les satisfaire manquaient eux aussi, encore un autre aspect de cette illusion collective, tout autant entretenu avec intérêt par ceux qui tirent profit à nous voir rallonger les listes de postulants à leurs offres d’emplois sous payés et de plus en plus précaires …

Rappelez-vous pendant les élections présidentielles comment, se croyant plus malins et plus intelligents que nous, gens du commun, en se faisant eux-mêmes les premiers zélotes de ce paradigme, nos chers journalistes ont pris pour habitude de harceler les représentants politiques sur le « coût » de leur programme, sans jamais s’interroger sur les bénéfices qu’ils apporteraient, qu’ils soient sociaux ou économiques, ces ânes.

Ainsi convaincus que nous manquons tellement d’argent, celui qui à leurs yeux apparaitra le plus sérieux et le plus responsable sera celui qui ne propose aucun progrès et le plus de sacrifices … Très intelligent n’est ce pas ? Enfin tout dépend du point de vue. C’est en quelque sorte très intelligent de la part de ceux qui justement ne veulent surtout pas le moindre changement à part des sacrifices de tous les autres pour leur profit.

Quand on comprend l’absurdité de cette croyance collective, on « apprécie » d’autant mieux la façon dont notre société marche sur la tête en poussant jusqu’à son paroxysme ce délire. C’est ainsi qu’une construction comptable parfaitement arbitraire comme la dette publique (car construite artificiellement par des emprunts absolument non nécessaires à des agents privés, des banques bien souvent, relevant donc totalement de l’escroquerie, contre des taux d’intérêts parfaitement arbitraires eux aussi, tout aussi injustifiés et parfois même carrément usuraires) devient l’incarnation de cette illusion. Ce qui permet aux gens d’encore mieux s’en convaincre, ou du moins plus précisément ce qui permet à ceux qui les exploitent d’encore mieux les en convaincre.

Ainsi rembourser cette dette et réduire les déficits publics devient désormais l’alpha et l’oméga de toute politique publique. Plus question de s’apercevoir que les étoiles existent, n’existe plus que cette dette qu’il faut A TOUT PRIX (même au prix du sang) rembourser et ces déficits qu’il faut A TOUT PRIX réduire, ce qui justifie tous les sacrifices et donc toutes les régressions sociales ou démocratiques. Comme par hasard, justement celles qui vont dans l’intérêt des exploiteurs : moins de salaires, moins de dépenses sociales, donc moins d’impôts etc … et évidemment moins d’interventions des citoyens (pourtant souverains en démocratie) dans leurs affaires, au contraire plus de libertés pour nous exploiter et de pouvoirs pour eux-mêmes !

Rousseau dans son œuvre « Du contrat social » expliquait que la seule source de légitimité était la volonté du peuple. Selon ce nouveau paradigme, la seule source de légitimité c’est la dette et donc la « volonté des marchés financiers et des agences de notation » …

Des gens sensés feraient passer l’humain d’abord, avant la comptabilité, et donc annuleraient tout simplement la dette, en tout cas au moins la partie jugée illégitime. D’ailleurs c’est quotidiennement ce que l’on fait pour les individus ou même les entreprises trop endettés. Car de toute façon, la comptabilité dépend tellement de décisions arbitraires qu’elle finit forcément un jour ou l’autre par ne plus représenter aucune réalité. Il faut être fou pour élever cette comptabilité au dessus des droits humains. Mais « volonté des marchés financiers et des agences de notation » oblige, désormais c’est la dette d’abord, et l’humain on nous promet que l’on verra plus tard.

Remarquez qu’il y a 15 ans à peine, le prétexte invoqué était la compétitivité, comme quoi ils innovent sans arrêt, ce n’était surement pas assez convaincant, bien qu’on entende l’argument encore de temps en temps, disons que cela s’additionne.

Mais bon quand on sait qu’on nous promettait déjà l’humain plus tard après avoir œuvré pour la compétitivité … Cela devrait en réveiller plus d’un !

 

IV Le rapport de force idéologique en France

Et c’est valable du front national jusqu’au parti socialiste ! Là-dessus, au moins, ils sont tous d’accord !

  • Le front national trouve ainsi prétexte à sa xénophobie, fustigeant le « coût de l’immigration pour la France », virer les immigrés devient ainsi nécessaire pour rééquilibrer les comptes publics et rembourser la dette… Comme on dit « Les cons ça ose tout » …
  • L’UMP trouve prétexte pour ses politiques idéologiques de classe sociale, servant les intérêts des plus riches, et prétexte aux revendications patronales et de leurs amis financiers.
  • Le PS, totalement empêtré dans sa logique d’alternance avec l’UMP, et voulant apparaître ainsi comme « de gauche », mais « responsable » , fait ainsi de la réduction des déficits publics le préalable à toute politique progressiste ( autant dire qu’on n’en verra jamais la couleur ), et convaincu qu’il n’y a plus d’argent n’est de toute façon plus capable que de proposer des « progrès » qui ne suffisent même plus à compenser les régressions précédemment mises en œuvre par la droite, un peu comme s’ils leur laissaient le soin de faire le sal boulot et d’endosser le mauvais rôle à leur place ( ex les retraites ou les traités européens ).

A noter que dans d’autres pays comme la Grèce, le PS a bien été obligé d’endosser lui-même le mauvais rôle.

(Au sens de ce paradigme comme j’ai expliqué plus haut le plus responsable est dans leur logique celui qui ne propose aucun progrès et propose le plus de sacrifices, on voit donc quelle pente a pris le PS en voulant se faire plus responsable que la droite).

Voilà, grosso modo l’essentiel du paysage politique français si l’on en croit les dernières élections, ces trois partis ayant reçu le soutien au total de 26 447 760 français …

Il y a encore tant de gens à qui il faut ouvrir les yeux que l’on peut facilement désespérer. Mais en a-t-on le droit ou la possibilité ?

La société voulue par Jaurès est plus que jamais nécessaire ! Les étoiles existent, elles sont brillantes, superbement belles et méritent d’être observées de plus près.

Logan

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 23:38

2% dont 1,4% de rattrapage et 0.6% par anticipation sur 2013 !


Rien pour les minima sociaux : RSA, allocations familiales, allocations adulte handicapé…


Les deux millions de femmes et d’hommes qui survivent avec 474 € doivent se demander où est le changement.

A l’époque du RMI, celui-ci représentait 50% du Smic, aujourd’hui le RSA c’est 42,5%. Quant à l’allocation d’adulte handicapé, le maximum pour une personne est de 759 €.
Le seuil de pauvreté est lui de 954 €.

Vous les avez entendus ceux qui viennent doctement nous expliquer qu’une augmentation de SMIC mettrait en difficulté « nos entreprises », comme si les entreprises nous appartenaient, sur les risques de dépôt de bilan, d’augmentation du chômage… Rassurez-vous les experts du Medef sont grassement payés pour envoyer ces écrans de fumée ! Ils nous disent aussi qu’il n’y a que deux millions cinq cent mille smicards et que beaucoup de salariés gagnent moins ! Effectivement cela est scandaleux, comme les contrats précaires et le travail au noir.

Le Smic, c’est la seule rémunération  pour les salariés du privé où le pouvoir peut agir. Pendant cinq ans, la droite a bloqué toute progression. Sans aller jusqu’au rattrapage, une augmentation conséquente (4 ou 5%) pouvait redonner un peu de pouvoir d’achat et participer de la relance mais aussi donner un signal aux salariés, à celles et ceux qui triment pour des clopinettes, que pour eux aussi le changement c’est maintenant.

Sans ressortir la longue litanie des salaires indécents que s’octroient les PDG, les dividendes qu’encaissent les actionnaires, je ne peux que constater que l’écart abyssal entre les plus riches et les salariés se maintient.

Cela n’est pas suffisant et cela ne correspond pas aux engagements de la campagne électorale. Sans oublier les fortes augmentations du prix de l’énergie, des produits de 1er nécessité qui, elles aussi, sont annoncées.

21 € 50 par mois cela ne fait même pas une baguette de pain par jour !

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